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 [Flash back] Un jeu innocent

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Marcelline Courtet

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MessageSujet: [Flash back] Un jeu innocent   Mar 15 Avr - 22:20

Cette soirée au théâtre allait être agréable. Marcelline aimait le théâtre… plus qu’elle ne l’avouait. Elle aimait également s’y rendre pour voir et être vue, mais se divertir et oublier pendant une soirée les petits tracas du quotidien était une chose agréable. Ces derniers n’étaient peut-être pas nombreux, mais sa vie maintenant devenue monotone lui sortait des yeux. Son mariage n’était pas heureux et toute la gentillesse d’Albert ne pouvait rien changer à cela. Son Albert était un bourreau de travail, pas un mondain et les rares loisirs qu’ils partageaient étaient justement trop rares pour équilibrer la tristesse de ce mariage. Alors, il fallait bien que Marcelline s’occupe sans lui… Acheter des robes et des bijoux était certes un passe-temps agréable, il n’en était pas moins répétitif à la longue… et puis à quoi bon avoir une montagne d’accessoires si elle ne pouvait les porter que lors des rares sorties mondaines qu’elle faisait ? Il était bien là le problème, Albert n’avait pas assez d’ambition. Il avait hérité d’une entreprise qui tournait bien et qui leur procurait plus d’argent qu’il n’en fallait. Du moins, elle le pensait, étant donné qu’elle ne s’occupait en rien de ses affaires et que son époux ne lui refusait jamais une dépense.

A contrario, Dominique avait réussi, bien plus qu’Albert. Il avait réussi à faire une véritable entrée dans le monde et il avait réussi à se forger une solide réputation. Il avait du caractère et n’était pas homme à se laisser marcher sur les pieds. C’était peut-être également le cas d’Albert lorsqu’il était en affaire, mais en attendant, la vision que Marcelline avait de son mari était tout autre… un véritable mollasson et elle n’avait aucune difficulté à paraitre soumise face à un mollasson que ce soit dans la vie de tous les jours ou bien au lit…

Du coup, cette sortie au théâtre était une aubaine et la présence de Dominique l’était également. La soirée risquait donc d’être plus divertissante qu’elle ne l’était en temps normal. Marcelline appréciait Dominique, elle ne pouvait pas s’en cacher, elle ne pouvait plus s’en cacher. Que pouvait-elle y faire ? Il était amusant et Marcelline aimait s’amuser.

Assise dans la loge en compagnie des deux hommes, la jeune femme attendait patiemment le début du spectacle, laissant les deux vieux amis bavarder de leurs souvenirs de jeunesse… ce qui l’ennuyait. Marcelline aimait bien être au centre de l’attention... Seulement, elle ne risquait pas de pouvoir être mise en avant en restant assise à côté d'Albert toute la soirée. Alors elle prit le taureau par les cornes et décida de se lever sous le regard interrogateur de son mari.

« Je ne vois pas bien la scène d’ici, je serais certainement plus à l’aise à côté de notre Colonel. Vous ne m’en voulez pas ? »

Bien sûr que non, et sans vraiment attendre de réponse, la jeune femme se déporta de quelques chaises pour prendre place aux côtés de Dominique.

« J’espère que la pièce en vaudra la peine ! lança-t-elle alors chaleureusement. »

C’était une certitude, la soirée serait plus amusante du côté de Dominique.
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Dominique Lebrun
Être homme ? tu le peux. Va-t'en, guêtré de cuir
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MessageSujet: Re: [Flash back] Un jeu innocent   Jeu 17 Avr - 11:55

Cette soirée au théâtre allait être agréable. Peut-être même que la pièce serait bonne. Ce n'était pas là l'important, bien entendu, mais pour une des rares sorties théâtrales d'Albert, ce serait un plus. Il sortait si rarement, Albert. Toujours quelque chose à faire : si ce n'était un particulier à approvisionner, c'était une grosse commande à décrocher dans quelque hôtel ou restaurant de Paris et d'ailleurs. Et puis, il y avait les comptes à tenir, les commandes à honorer, les commandes à passer, les inévitables incidents à régler...
Alors une soirée toute entière en ville, pensez donc !

De fait, les deux amis s'en donnaient à cœur joie : après les dernières nouvelles de chacun étaient venues les dernières histoires extravagantes, drôles ou surprenantes que l'on s'échangeait dans la capitale. On avait dîner, on était monté en cabriolet, on s'était installé dans la loge et on discutait toujours. Des souvenirs de jeunesses s'étaient invités.

Quand, sans que ni l'un ni l'autre ne s'y attendent, madame Courtet déclara qu'elle apprécierait mieux le spectacle décalée de quelques places. Et joignant le geste à la parole, elle vint s'asseoir près de Dominique.
Il semblait pourtant évident au colonel que la vue sur scène n'était pas spécifiquement meilleure près de lui que près d'Albert. Il semblait limpide, en revanche, que la petite femme d'Albert s'ennuyait ferme depuis le début de la soirée. Comment en aurait-il été autrement alors que les deux compères bavassaient depuis un moment sans vraiment faire attention à elle ?
Il était alors tout naturel qu'elle rappelle sa présence et se venge légèrement, au passage, de son mari oublieux. Et si elle ne verrait pas mieux la scène à cette place, le petit jeu mondain du « qui est qui » et des petites histoires s'avérerait plus divertissant de ce côté que de l'autre.

Un rapide coup d'oeil à Albert apprit au militaire que son ami ne semblait pas vouloir retenir sa femme à sa place.
Voilà donc Dominique au beau milieu du couple et certes, il allait devoir maintenant faire la conversation à madame. C'était un plan parfaitement conçu et mené à bien.

« Oh qu'importe la qualité de la pièce ! Une soirée avec les Courtet est, et sera toujours, une bonne soirée. De mon point de vue, évidemment. Une soirée avec un militaire nécessite sûrement une bonne pièce en revanche. Ces gens-là parlent si souvent de choses si inintéressantes, c'est-ce pas ? »

Façon de se faire pardonner ? Paroles en l'air ? Quoi qu'il en soit, il avait rangé les souvenirs de jeunesse. Mais un plus récent surgit. Le mariage des Courtet, justement.
Il se retourna vers Albert.

« Encore qu'entre négociants, ça ne vaut guère mieux. Te rappelles-tu ce négociant de vins de Bordeaux à ton mariage ? Celui avec qui tu as discuté tellement si de taille de bulles, d'arômes, de tanin et de je ne sais quoi que j'ai cru qu'il allait passer commande ?... Il a passé commande ! Mais pas ce jour-là tout de même ?... Trois jours plus tard ! »

Dominique sourit en secouant légèrement la tête. Le tout disait « ah, sacré Albert ! J'en étais sûr. ». Quand trouvait-il le temps pour mener son ménage ?
En parlant ménage, madame devait de nouveau être tombée dans l'ennui le plus profond.

« Vous rendez-vous compte, madame ? Une affaire en l'air pendant trois jours ! Trois jours pour conclure et tout ça pourquoi ? Parce que sa femme voulait danser. C'est... oh là, juste là sur votre gauche, voyez l'homme en vert ? C'est un banquier. Le jour de ses noces, il s'est éclipsé quelques instant ou deux au beau milieu de la fête. Accompagné de la personne de ses soupirs. On le disait impatient de profiter de ce qu'il y avait de plus attrayant, de plus enchanteur, de plus charmant dans ce mariage. Et maintenant qu'il était pleinement marié, il entendait ne plus perdre un seul instant pour jouir de ce qu'il désirait ardemment. »


Personne n'avait été convié au-dit mariage mais l'histoire était probable.

« Entendez par là qu'il a abandonné sa jeune épousée une heure ou deux pour s'enfermer avec son beau-père et récupérer la dot. On dit aussi qu'on profita de ces moments pour mettre le beau-fils au courant de quelque affaire familiale importante, qu'on parla dividende et bénéfice, action, bourse... notre banquier ressortit de là la mine réjouie et heureuse. La mariée ? Je ne sais pas. Personne n'en a plus parlé depuis qu'on la vue s'avancer à l'autel.
Voyez que tout ennuyeux que nous sommes, vous auriez pu faire pire mariage et pire sortie. »


Mais oui d'ailleurs, qu'avait-il fait de sa femme celui-là ?
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Marcelline Courtet

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MessageSujet: Re: [Flash back] Un jeu innocent   Jeu 24 Avr - 23:23

Le nouveau poste d’observation que Marcelline venait de choisir lui convenait parfaitement. Bien évidemment, elle ne voyait pas mieux la scène qu’assise à côté de son Albert, mais le prétexte avait fonctionné et c’était là l’essentiel. Dominique ne montra pas la moindre objection quant à cette invasion soudaine de son espace et la jeune femme s’en félicita intérieurement. Il plaisanta même, notamment au sujet des discussions ennuyeuses que pouvaient entretenir les militaires. Elle ne répondit pas, se contentant avec un grand sourire de balayer l’affirmation d’un revers de main pour lui faire comprendre qu’il disait des sottises... quoique.

La conversation avec Albert reprit alors de plus belle, ce qui sembla vouloir signifier que les efforts de Marcelline étaient vains… et qu’elle ne pouvait plus rien faire pour inverser la tendance. Alors, autant rester silencieuse et attendre le début du spectacle en espérant que celui-ci soit divertissant au possible. Elle laissa néanmoins traîner ses oreilles en direction des deux hommes pour comprendre qu’il était maintenant question de son mariage et de la vente de vin qui avait été conclue durant celui-ci. Elle ne put retenir un soupir, se demandant si un jour Albert aurait un autre mot à la bouche que le nom de cet alcool… Que pouvait-elle y faire après tout ? C’était grâce aux ventes de ce précieux liquide que son époux pouvait subvenir à leurs besoins.

Dominique se tourna alors vers elle, ce qui eut pour effet de la faire sursauter. Il sembla ne pas s’en rendre compte, s’étonnant à haute voix de cette vente de vin conclue en trois jours seulement et dont les prémices avaient eu lieu durant son mariage. Lorsqu’elle y resongeait, elle devait admettre que c’était cocasse.

Elle suivit son regard lorsqu’il lui désigna un homme présent dans le théâtre, un banquier pour être exact. Elle mit quelques secondes avant de le repérer au sein de la foule bruyante. Elle resta silencieuse, tandis que Dominique lui contait l’histoire de ce mariage hors du commun où des négociations d’un autre ordre que la vente de spiritueux avaient été menées… Elle esquissa une risette lorsque le militaire se montra plus explicite, Marcelline ayant du mal à saisir toutes les métaphores employées par l’ami de son époux. La dot était en effet un grand sujet de discussion, mais en général, ce sujet était abordé bien avant le mariage et non pas pendant ! Voilà un drôle de banquier… mais une fois encore, que pouvait-on y faire ? Un homme restait un homme et un banquier… restait un banquier !

Néanmoins, elle n’apprécia guère la petite leçon de morale que le militaire lui servit, comme s’il lisait en elle l’ennui profond qui l’animait en permanence. Oui, elle aurait pu faire un mariage bien pire que son union ennuyeuse… mais devait-elle s’estimer heureuse pour autant ? Devait-elle s’en contenter, alors que le monde pouvait s’ouvrir à elle ? Son père la jugeait parfois trop ambitieuse, mais elle se devait d’être ambitieuse, pour compenser le côté constamment passif d’Albert. Mais que pouvait-elle répondre à cela ? Pouvait-elle lui dire que son mariage et la manière dont elle le concevait ne le regardait pas ? Non, bien sûr que non. Elle était une épouse soumise et puis surtout une femme qui n’avait donc qu’un droit de parole limité. C’était dans l’ordre des choses.

« Vous avez bien raison. Je plains sa pauvre femme… »

Ça, par contre, elle le pensait vraiment. À la place de l’épouse du banquier, Marcelline aurait certainement eu une vie bien plus ennuyeuse que celle qu'elle menait actuellement. Alors finalement, Dominique avait raison.

« De mon côté, je ne risque pas de me plaindre de mon sort ! Mon Albert prend soin de moi ! »

En disant ces quelques paroles, elle jeta un coup d’œil à son mari qui semblait ne semblait pas écouter la conversation. Cela l’ennuya légèrement…

« Mais lorsque l’ennui se présente à vous, il faut bien s’occuper. J’ai parfois l’impression qu’Albert préfère courtiser ses litres de vin plutôt que son épouse. Je le lui reproche puis je le lui pardonne. »

Elle savait ses propos stupides, mais elle ne trouva rien de mieux à dire.

« Et vous alors… N’envisagez-vous toujours pas le mariage ? Nous pourrions faire des sorties à quatre, ce serait drôlement amusant ! »
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