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 Tu seras un homme, mon fils.

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Elke von Herzfänger
Un jour je serais, le meilleur dandy, je moustach'rai sans répit
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MessageSujet: Tu seras un homme, mon fils.   Ven 8 Nov - 0:18

Par la fenêtre, le monde fourmillait de vie et il les observait sans les voir ; fasciné, quelque part dans les tréfonds de son esprit, mais complètement absent et complètement absorbé par le vide de ses pensées.

Il n'y avait rien ; ses mains cependant ne cessaient de se fermer, de se refermer, et ses doigts de couler contre ses paumes pour s'étirer vers l'extérieur avec plus ou moins de fluidité. Il était beau, apprêté, et le plus grand théâtre d'un paradoxe spectaculaire : il était là, littéralement foudroyé d’affolement ; captif, d'une agitation immobile.

Soudain, un mouvement. Que faisait-il, franchement ? Il repensa à cette jeune fille, qui l'avait fasciné et qui s'était pourtant moqué de lui. Cette jeune fille, à qui il devait d'avoir été renié... - mais à qui il devait, de fait, d'être à Paris.

Mais ça ne pouvait continuer ainsi, quand même... il était... à son âge, il n'avait, qu'y avait-il à la fin de si compliqué ? Et puis, il sentait bien le regard du beau monde. Oh, ce cher Elke, ce n'est qu'un enfant ! Un charmant môme, peut-être mais... Il se leva d'un coup : je ne suis pas un enfant, Himmel ! Pourtant, lui-même ne pouvait s'empêcher d'y penser. Et cette fille qu'il avait fait venir... Qu'allait-il faire ? Comment doit-on se comporter... Son frère ne lui avait jamais rien dit... La peste de ce sentiment, on aurait dit une fillette, qui ne sait rien des secrets de l'amour ! Détestable ! Très bien, cela irait : il savait se battre, diable. Cela pouvait-il être bien plus difficile de vaincre une féminine adversité ?

Y avait-il d'empire moins aisé à soumettre que celui des femmes ? Il s'effondra. Assurément, ce serait catastrophique.
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Misia

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MessageSujet: Re: Tu seras un homme, mon fils.   Ven 15 Nov - 21:35

Ce que Misia appréciait dans l'exercice de sa profession, c'était de découvrir le "chez-soi" de ses clients. Pas seulement parce qu'ils reflétaient souvent leur condition sociale et leur personnalité, ça, Misia pouvait le déduire par d'autres moyens, mais surtout parce que tout était tellement différent du monde dans lequel elle vivait...

D'abord, il n'y faisait  jamais froid. Et puis, c'était grand. Et depuis quelques temps maintenant, ça pouvait même être luxueux.

Ce soir, en tout cas, ça l'était... même plus que ça ne l'avait jamais été. La devanture de l'hôtel était impressionnante. Ca reluisait, ça brillait, ça étincelait. C'était grand, c'était beau, c'était impressionnant. Misia en était toute retournée.
Jamais elle n'aurait imaginé que le jeune homme qui l'avait abordée quelques heures plus tôt, d'un air qui se voulait le plus assuré possible, pouvait vivre dans un tel endroit. Certes, il avait l'air très élégant, mais il avait l'air encore plus jeune qu'elle, et semblait si...anxieux, trop mal à l'aise. Elle imaginait que les gens qui vivaient dans ce genre d'endroits étaient terriblement assurés, terriblement fiers. Après tout, c'était bien normal, quand on avait le Tout-Paris à ses pieds.

La nuit ne tarderait pas à tomber. Elle était un peu en retard : tant mieux, il paraissait que les élégantes arrivaient toujours un peu après l'heure prévue.

D'un pas prétendument assuré, comme si le monde dans lequel elle s'apprêtait à entrer lui était parfaitement familier, elle s'avança vers dans le hall d'entrée de l'Hôtel Continental.

Là encore, elle resta bouche bée (intérieurement bien sûr, il n'était pas question que quelqu'un s'en aperçoive) : tout était si doré... Elle jeta un oeil vers une horloge-neuf heures et quart. Il l'attendait à neuf heures. Elle décida de ne pas trop s'attarder, arriver plus en retard passerait pour impoli... on ne lui pardonnerait peut-être pas. Quoiqu'elle imaginait mal le petit jeune homme frêle et tendu de tout à l'heure lui en faire ne serait-ce que la remarque. Elle sourit en imaginant qu'il devait être désormais encore plus tendu que tout à l'heure :  Misia était presque certaine que c'était sa première fois. Du moins, avec "une fille dans son genre". Il n'aurait sans doute pas été si gêné si ça n'avait pas été le cas. Mais en somme, c'était presque gratifiant... du moins, elle préférait largement cette attitude à celle de certains, complètement décomplexés voire presque irrespectueux.

Elle monta rapidement des escaliers de marbre, parvint au troisième étage,  passa devant quelques portes avant de se trouver devant la chambre 505. Elle passa la main dans ses cheveux pour les arranger un peu, puis frappa deux petits coups nets. Il était inutile d'annoncer sa présence, il ne devait pas avoir prévu d'autres rendez-vous sur ce créneau horaire...
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Elke von Herzfänger
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MessageSujet: Re: Tu seras un homme, mon fils.   Sam 23 Nov - 6:29

Il ajustait d'une façon méticuleuse et quasi obsessionnelle le panier de friandises qu'il avait disposé sur la table du salon. Un panier qu'une outrageante facilité scénariste avait conservé jusque là - ou bien alors était-ce là l'action d'un procédé chimique hautement visionnaire...
Enfin, pas question de laisser à l'assemblage une quelconque liberté, ce tissu devait très précisément former un pli comme celui-ci, et là, reposer élégamment comme cela. Et le chocolat n'était pas très droit... voilà, mieux.

On toqua à la porte, et tout en Elke y répondit : ses muscles se contractèrent, jusqu'aux ligaments qui semblaient s'être rétractés.

Un instant. Puis il alla ouvrir, cligna des yeux. Porte ouverte, elle était là, il resta un instant, fixé à ses pupilles mais sans rien voir. Rapidement :
« ... Entrez. » - ! quel égard lui devait-il après tout ? « T... » Mais n'était-il pas correctement élevé, tout de même ! « Vous... » Flottement. « Vous... êtes, en retard. » Ah ! en voilà une bien jolie chose à dire !

« Vou... - voulez-vous vous asseoir ? » Demanda t-il, penaud, en désignant le sofa d'un style contemporain1, tout près d'eux. Oh, la pièce était respectable et l'agencement à la mode, pensé sans soucis particulier, mais ce n'était pas trop mal. Un vis à vis de fauteuils comptaient fleurette à la table sur laquelle trônait les chocolats, pendant que Ludwig paniquait joyeusement dans son for intérieur.

« Je, demandé du thé... mais il doit être froid maintenant. Est-ce que vous voulez un verre de champagne..? »



  1. Donc d'un style second empire. Un truc hyper léger en somme Very Happy
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Misia

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MessageSujet: Re: Tu seras un homme, mon fils.   Ven 29 Nov - 10:47

« Vous... êtes, en retard. »

-Je sais, répondit-elle gaiement. Vraiment désolée.

Et le ton sur lequel elle lança cette dernière phrase révélait tout le contraire.

La chambre, tout comme l'hôtel, était aménagée et décorée avec goût. Désormais un peu habituée aux chambres coquettes et proprettes des petits bourgeois, cette chambre ne l'impressionnait que moyennement : si elle avait été invitée chez Elke quelques mois plus tôt, elle en serait probablement demeurée bouche bée.
Néanmoins, le luxe (même relatif) de cet appartement lui semblait étrange : que l'on puisse vivre toujours dans ce type d'endroit lui semblait presque incongru... et tellement attirant.
Comme on devait s'y sentir bien...

Elle regarda le jeune homme avec attention : il avait vraiment l'air d'un enfant que l'on aurait surpris à couper les moustaches du chat... ça n'allait pas être facile de le détendre, pensa-t-elle.

Elle n'avait pas encore daigné répondre, par la parole ni par l'action, à sa timide question- "Voulez-vous vous assoir ?"- ressemblait plus, en réalité, à une proposition polie. C'était  un jeune homme bien élevé, ce qui était tout à fait appréciable.

Misia avait cependant décidé de faire un petit tour de reconnaissance- pas qu'elle se fût mise à fouiller dans tous les tiroirs, il ne fallait pas exagérer- mais elle se promenait dans la pièce, détaillant le mobilier (chic et clinquant), la tapisserie (un peu trop uniforme), le tapis (un peu trop fleuri). Le jeune homme n'était pas bordélique, et il n'avait rien laissé traîné d'un peu personnel... dommage, c'était ce qu'il y avait de plus intéressant.

Elle finit par s'asseoir, décontractée, sur le sofa gracieusement proposé.
Oh ! Il avait même prévu une petite collation... un vrai gentleman, se dit-elle, amusée et presque attendrie.

"Je veux bien, oui, avec plaisir "

C'était une riche idée. Elle n'avait bu du champagne qu'une fois auparavant, et avait beaucoup apprécié. Elle se souvenait aussi que ça montait vite à la tête : ça aussi, c'était très bien. Il se sentirait certainement plus à l'aise après une ou deux coupes.

"Eh bien, trinquons ! "

Elle avait peut-être l'air un peu trop malicieux pour qu'il soit véritablement rassuré...
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Elke von Herzfänger
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MessageSujet: Re: Tu seras un homme, mon fils.   Jeu 12 Déc - 5:32

Et il trinqua, un sourire contrit aux lèvres. Il ne se souvenait même pas de l'avoir servie... Wait. Il venez vraiment de lui offrir du Champagne ?!

Il bu une gorgée, qui sembla lui nouer la gorge plutôt que de l'assouplir. Il s'enfonça dans le souple du sofa mais se redressa aussitôt : qu'on était mal assis sur ces satanés banquettes ! Il continua de boire. Leur flûte se vidèrent dans un silence embarrassant. Pour créer une illusion de vie, le prussien les resservit. Boire, oui, cela semblait une idée lumineuse !

Il voulut parler, ouvrit la bouche - seule une inspiration se fit entendre. Il esquissa un sourire, s'écrabouilla tout à l'intérieur. N'était-elle pas censée faire son travail ? Bon sang c'était insultant ! Allait-elle continuer à se moquer de lui et le laisser penaud !
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Misia

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MessageSujet: Re: Tu seras un homme, mon fils.   Ven 20 Déc - 10:54

Misia aimait le silence, lorsque celui-ci était approprié. Mais là, il commençait à devenir plutôt pesant. Et le jeune homme ne tenait pas en place- peut-être le fauteuil doré n'était-il pas assez confortable pour le fessier aristocrato-sensible de Môôôsieuuuur ?- un petit rictus moqueur se dessina brièvement sur ses lèvres.

Elle avait éclusé son deuxième verre de champagne, ne pouvant pas s'empêcher de faire durer l'attente anxieuse qu'affichait celui-dont- elle- ne -connaissait- pas -le- nom- mais qu'elle avait vite fait d'appeler dans sa tête "Le fils à papa" et "  Le p'tit mignon".
Bon, tout ça était plutôt amusant, mais ça avait assez duré... elle se leva brusquement, s'approcha de lui-il tremblait un peu, non ?- et s'approcha près, tout près de son oreille, dont les bords, elle le remarqua tout de suite, étaient finement ourlés- puis murmura :

-Tu es prêt ?

Question purement rhétorique, puisque ses doigts agiles avaient déjà commencé à déboutonner la chemise bien repassée... autant ne pas perdre de temps, le jeune homme n'avait apparemment pas vraiment envie de discuter : il serait peut-être plus loquace tout à l'heure...

-Ca te va si on fait ça dans le lit ?

Il valait mieux lui demander, au cas- très peu probable- où il aurait attendu quelqu'un d'autre. Les femmes devinaient tout, et en particulier ce genre de choses. Elle ajouta, mi-sensuelle mi-malicieuse :

-C'est moins confortable par terre...

Soudain, elle fut prise d'un doute et se morigéna de ce manque de professionnalisme, qui ne lui ressemblait pas (le champagne y était-il pour quelque chose ? C'aurait été étonnant, elle en avait bu d'autres): d'après elle, la raison pour laquelle le jeune homme l'avait fait venir était évidente : il voulait devenir un homme, elle en avait tout de suite été persuadée... Mais son instinct pouvait-il la tromper ? Désirait-il seulement... ?
Oh, et puis... il valait mieux que ce soit avec elle qu'avec une vieille prostituée toute fardée et toute ridée, non ?


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MessageSujet: Re: Tu seras un homme, mon fils.   Mar 7 Jan - 1:46

-Tu es prêt ?

Elke rougit. Ce n'était pas tant les mots que les mains habiles et habitués qui s'attaquaient déjà aux boutons de sa chemise.

-Ça te va si on fait ça dans le lit ? C'est moins confortable par terre...

Tachycardie syncopée et affolement synchrone. Brusquement il saisit ses poignets. Ça va trop vite. Et en même temps, il n'y a que du vide qui lui vient à l'esprit. Un bloc au milieu de ses pensées.

« Euh. Oui. Le. Le chambre. Ou nein. Ici, c'est bien. » Dit-il, croyant y voir plus clair. S'il bougeait, il perdrait tout son peu de courage. Il desserra l'étreinte de ses mains et retira lentement sa veste. Il soutint le regard de la jeune fem... prostituée.
« Oui, restons ici. C'est mieux. » Conclut-il sur un ton plus calme, alors qu'il se dégageait de sa chemise.
« Mais commençons doucement, veux-tu ? »
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Misia

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MessageSujet: Re: Tu seras un homme, mon fils.   Lun 27 Jan - 7:25

Elle le regardait, l'air interloqué.

Il était décidément très nerveux. Ce qui, en plus du fait qu'il n'était pas d'ici- "Nein", c'était allemand non ?- ne facilitait pas du tout les choses. S'il continuait comme ça, il allait finir par la rendre mal à l'aise, ou presque.

Elle recula d'un pas, croisa les bras devant sa poitrine. Bon, apparemment, c'était juste un problème d'embrayage. Il n'avait pas l'habitude, le petit. Elle s'y était peut-être prise un peu vite, pensant que cela contribuerait à le décontracter un peu.

Bon. Changement de technique. Il ne fallait pas le brusquer.

- C'est comme tu veux, mon mignon.  

Après tout, il verrait bien tout à l'heure qu'un lit serait beaucoup plus propice. Les mains qui agrippaient ses poignets se décrispèrent. Voilà, tout doux. On recommence.

Il retira sa veste ; elle le regardait faire et une pensée commençait à se faire jour dans son esprit : c'était un gamin. Mais après tout, elle avait déjà eu affaire à de jeunes homme timides et complètement désorientés, et elle ne voyait pas pourquoi celui-ci poserait plus de problèmes. Il suffisait juste de s'y prendre avec douceur et délicatesse- maternellement, en somme.

La veste était maintenant posée sur le bras du canapé. Misia sourit gentiment au jeune homme. Elle s'approcha doucement, comme si elle craignait de l'effrayer par des mouvements trop hâtifs, ce qui était un peu le cas, en fait.

-Est-ce que ça va ?

Elle lui sourit à nouveau, lui prit les mains- ce qu'elles étaient froides !- et l'embrassa au coin des lèvres. D'habitude, elle n'embrassait pas- trop sentimental, trop personnel- mais là, elle se disait que ça pouvait être utile : moins d'ardeur, plus de douceur, c'était peut-être ce qu'il désirait... ?

Il avait  sans doute seulement besoin d'être un peu câliné avant de passer à la vitesse supérieure.



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