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 Dijon Paris, le train des vendanges

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Guignol
Méfie-toi des gones que savent faire rien de rien, ils sont capables de tout.
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MessageSujet: Dijon Paris, le train des vendanges    Jeu 26 Sep - 21:08

Nous voici dans le Train Express de la Compagnie de Paris/Lyon/Méditerranée en provenance de Dijon et à destination de Paris Gare de Lyon (gare fraîchement reconstruite pour la future Exposition Universelle de 1900).


L'Arrivée d'un train en gare de La Ciotat

Le train dessert les gares suivantes :

  • Dijon (départ 08h16)
  • Blaisy-Bas
  • Les Laumes-Alésia
  • Saint-Florentin
  • Montereau
  • Melun
  • Villeneuve-Saint-Georges
  • Paris  Gare de Lyon (arrivée 14h31)


Ce train est composé d’une locomotive (à vapeur) et de trois voitures : une première classe suivie de deux deuxièmes classes.

Schéma :

<- LOCOMOTIVE – 1ERE CLASSE(A) – 2EME CLASSE(B) – 2EME CLASSE(C)

Tous les wagons sont composés d’un couloir (à droite du wagon dans le sens de la circulation). A gauche, des compartiments. Aux deux extrémités de chaque wagon, des toilettes.

Dans chaque compartiment il y a deux banquettes se faisant face et au dessus de celles-ci, un filet pour déposer ses bagages. Ils sont éclairés par deux grandes fenêtres coté extérieur et trois petites fenêtres coté couloir. Ces fenêtres peuvent être occultées par des rideaux sombres.

Le wagon de première classe (voiture A) comporte 7 compartiments de six places. Ils sont spacieux, couverts de bois verni. Les banquettes sont, elles, habillées de velours et comportent des larges et confortables accoudoirs délimitant les places.

Les wagons de deuxième classe (voitures B et C) comportent 7 compartiments de 10 places. Ils sont moins luxueux et notamment les banquettes qui ne sont recouvertes que d’un tissus usé et qui n’ont pas d’accoudoirs (sauf aux extrémités).

Le placement est libre dans les voitures de chaque classe, mais, pour la compréhension du jeu, les places seront indiquées comme suit :
schéma:
 

Au départ du train, à Dijon, M et Mme de Fréneuse sont entrés par l’avant du train et se sont installés dans le compartiment 1 de la voiture A. Pourquoi aller chercher une place plus loin si le premier compartiment est presque libre ? En effet, ils sont installés (aux places 2 et 3) en face d’un couple plutôt discret, les dames coté extérieur, les hommes coté couloir. Après les salutations d’usage, chacun des couples s’en retourne à ses conversations personnelles, parlant aussi discrètement que possible, comme de bien entendu.

Pendant ce temps, un personnage qui nous est cher, M von Herzfänger monte par l’arrière du wagon à la dernière minute. Les premiers compartiments qu’il regarde (7, 6, 5 et 4) sont bien remplis. Alors, il regarde dans le compartiment 3. Seules deux personnes sont présentes : deux hommes face à face aux places 15 et 18, un jeune (15) et un vieux (18). L’allemand entre et s’installe place 16. Il apprend, au fur et à mesure du voyage que ces deux messieurs appartiennent au monde de l’art. D’ailleurs, il se rend compte au bout d’un moment que le visage du vieux monsieur ne lui est pas inconnu. Il lui semble bien l’avoir déjà vu sur les planches. L’autre, un certain Etienne lui présente une pièce et lui propose d’y participer. L’acteur semble hésitant :


Etienne :

Edmond :

-Mais vois-tu, mon cher Etienne, ce rôle de saltimbanque, à mon âge, ce n’est pas raisonnable !
-Mais pas du tout Edmond, vous pouvez TOUT jouer vous le savez ! Et ce metteur en scène, Debonville, il est excellent ! Souvenez-vous sa dernière pièce, elle était tellement incroyable, tellement émouvante !
-Mmmh, incroyable certes ! Mais émouvante, ne vas pas jusque là, s'il te plait ! Et puis, pour être honnête, heureusement qu’il y avait cette actrice… comment s’appelle-t-elle déjà ?
-Léontine Vacherin ! Magnifique il est vrai !
-Oui c’est cela ! Sans elle, la pièce n’aurait été qu’un mauvais Sardou.
-Allons ne dîtes pas cela, reconnaissez au moins le mérite de Debonville, d’avoir su aborder le thème du … du rapport entre les classes, d’une telle manière !

*
*      *


Plus tard, à Saint-Florentin, le compartiment des de Fréneuse est investi par deux hommes, un gros et un maigre. Le gros, qui est le patron du maigre, fait porter à son subalterne deux caisses en bois qu’il lui fait poser dans les filets à bagages. M de Fréneuse manque de se faire assommer par l’une de ces caisses lors de ce rangement. Mais l’employé rattrape de justesse la caisse en bousculant légèrement le prince. Le gros patron, se met alors à gronder son sous-fifre en des termes plutôt fleuris :

-Imbécile ! Tu sais pour combien y en a dans ces caisses ?
-Grrrr…
-Et arrête de grogner comme un chien, triple buse, c’est pas un p’tit Chablis ça ! C’est un grand cru ! Du 93 en plus hein ! Mais toi, ça te passe au dessus tout ça hein ! Allez dépêche toi de remettre ça comme il faut !

Mais aucun des deux hommes ne pense à s’excuser auprès de Jean de Fréneuse qui sent poindre en lui le courroux, d’autant que madame semble importunée par ce tohu-bohu et la grossièreté du joufflu patron ! Va-t-il intervenir ?


Toujours à Saint-Florentin, mais dans le compartiment occupé par M von Herzfänger, c’est la belle Babylone qui fait irruption ! Dans la voiture de 1ère classe, elle a emprunté le même chemin qu’Elke jusqu'au compartiment 3 et lorsqu’elle s’apprête à s’asseoir, soulagée d’avoir enfin trouvé un compartiment point trop bondé, son regard croise celui du jeune prussien...


Ah la la, miracle de la vie ou petitesse du monde ? Quelle drôle de journée s’annonce quand tant de nos chers parisiens se retrouvent ainsi dans un wagon de train, voyageant à travers les belles plaines de l’Yonne ?


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Elke von Herzfänger
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MessageSujet: Re: Dijon Paris, le train des vendanges    Dim 6 Oct - 11:42

Si parfois il est tentant de dénigrer la loterie, voire de la mépriser, on serait pourtant bien bête de ne jamais lui laisser sa chance. Ainsi, le divin avait semblé vouloir accorder quelque grâce à Herr von Herzfänger, et son insouciante témérité, l’ayant poussé à tenter les jeux du hasard, avait été récompensée par un séjour tous frais payés à l’hôtel Dieu de Lyon.

Alors naturellement, on pourrait se dire que diable ! celui de Paris n’est-il pas suffisamment pour le peuple allemand ? Eh quoi, passez, il n’y a rien à voir ! Pour les réclamations, ce n’est pas ici ! Par ailleurs, notre cher teuton n’était pas si contrarié que ça à l’idée d’un séjour loin du monde. Comment expliquer toutes ces blessures ? Alors bien sûr, pour le d’Harcourt, il avait eu la fortune de n’être que sommairement amoché, mais là… il n’était pas même retourné voir Désiré. Devant sa porte, il avait patienté un moment, avant de tourner des talons. Hors de question d’être ramassé à la petite cuiller. Il lui avait tout de même écrit, un mot simple, sobre, une histoire fantaisiste de visite à une grand-tante, du côté germain, au sixième degré. Qu’importe.

Mais l’heure était au retour et après un premier train pris pour Dijon, il faillit rater la correspondance. Il monta promptement et se chercha une place. Il entra dans un compartiment, salua les hommes présents et s’installa. Il entama la lecture du quotidien, l’oreille distraite…

Le temps passa puis, lors d’un arrêt, une singulière retrouvaille.  Les yeux se croisent et se fixent un instant. En sautant dans le train, il avait supposé que le voyage serait long et fort ennuyeux, mais le jugement avait été hâtif, manifestement. Il salua Babylone, sourire aux lèvres.
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Jean de Fréneuse
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MessageSujet: Re: Dijon Paris, le train des vendanges    Lun 7 Oct - 22:49

Ah la promiscuité des trains, à l'approche des beaux jours ! Même en première classe, il n'y avait, hélas, plus moyen d'être tranquille ! M. et Mme de Fréneuse revenaient d'une visite – qui n'était point fantaisiste, hélas... – à une grand-tante, du côté germain, au sixième degré. On ne plaisantait point avec la famille, en ces temps-là (surtout quand ladite tante avait une affection toute particulière pour son petit neveu et songeait à lui pour son héritage). Au calme, tandis que l'autre couple s'échangeait des banalités, Jean se pencha vers Catharina pour lui glisser, l'air de rien :

- Ce voyage me rappelle le trajet en train qui nous avait mené en Italie. Au moins étions-nous tranquilles... !

Avec les conséquences que l'on sait. Hélas, leur repos fut de courte durée : arrivèrent deux malandrins - valet maladroit et bourgeois bouffi. Jean eût bien aimé passer outre, mais on ne pouvait décemment laisser passer un tel affront. Aussi s'éclaircit-il la gorge avant de s'adresser au patron :

- Monsieur, pensiez-vous donc trop à votre précieux vin, pour omettre de saluer ces dames... ?

Il s'enquit rapidement de l'état de son épouse, qu'il savait sensible aux bruits et aux cris - "Vous portez-vous bien, ma chère ?" avant de défier du regard cet homme qui imposait son existence de façon si vulgaire.



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Catharina de Fréneuse
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MessageSujet: Re: Dijon Paris, le train des vendanges    Mar 8 Oct - 5:04

Pour passer le temps, durant le voyage de train, elle avait pensé se mettre à la broderie.  Hélas, la jeune Madame de Fréneuse ne savait tenir correctement l’aiguille ni la passer entre les fibres légers du coton.  Catharina avait donc opté pour une lecture bien banale et surtout, ennuyeuse.  Elle ne pouvait terminer un paragraphe sans lever les yeux pour répondre aux banalités de Jean, soit par quelques phrases courtes ou des hochements de têtes entendus.  Ah !  Il lui manquait, le petit compartiment tranquille du train de l’Italie.  

Sa lecture fut rapidement interrompue par les deux arrivants bourrus.  La pauvre princesse les regardait aller, ses yeux vitreux grands ouverts.  Effrayé par leur manque de manière et leur voix fortes, elle se rapprocha de son époux, refermant son livre.  Catharina sursauta même lorsque l’énorme caisse manqua de tomber sur Jean.  Mais comment ces deux imbéciles avaient-ils pu se payer la même classe qu’eux ?  

La jeune mère regarda son mari d’un air paniqué.  Elle était fébrile et hocha négativement la tête, tout en s’accrochant à son bras.  Elle murmura à l’oreille de Jean : « Je ne veux pas passer tout le voyage avec ces deux dangers ambulants… » Catharina leva son livre à la hauteur de son nez, comme si elle espérait se dissimuler derrière.  
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Babylone
Paradoxe de la cité moderne
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MessageSujet: Re: Dijon Paris, le train des vendanges    Ven 18 Oct - 8:38

Une visite diplomatique. Les roturiers t'ont accueilli avec une joyeuse réserve auquel ton mépris s'accordait à merveille. Une affectueuse visite de courtoisie peut-être, pour certains observateurs. Et pour toi également Gabrielle, avoue-le.
Cette visite familiale s'achève, teintée d'au revoir et de gestes tendrement hypocrites.
En gare de St Florentin, les dix minutes d'avance étant respectées avec soin, tu déhanches doucement, les yeux masculins rivés à ta personne. Quelle actrice...
Puis l'engin à vapeur, enfumant les badauds et les campagnes, entre dans l'édifice.
Ton petit bagage en main, tu gravis l'unique marche et pénètres en première classe. Mucha étant généreux et les demandes d'artistes nombreuses, cette classe t'étant due t'ouvres les bras.
Mais la masse a envahit tes quartiers : le wagon déborde de gentilshommes et de dames, grouillant hideusement dans leurs conversations futiles et leurs vies ennuyantes de bourgeoisie.
Digne, comme tu le dois, la tête haute : tu cherches une humble place où poser ton magnifique séant.
Enfin un siège te hèle et t'accueille. Tu t'y assois joliment, les yeux happés par le bel allemand assis en face de toi. Son sourire éveille quelque chose.
Un petit temps d'arrêt, désorientée et déstabilisée, mais bien vite tu te reprends Gabrielle, et tu redeviens Babylone.
Une légère inclinaison, découvrant subrepticement ton cou délicat, comme cette fois ...
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Guignol
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MessageSujet: Re: Dijon Paris, le train des vendanges    Dim 20 Oct - 21:25

On entendit un coup de sifflet sur le quai. Les grandes machineries de la locomotive se mirent en branle, faisant redémarrer le lourd train avec lenteur et vacarme.

*
*     *
Dans le compartiment de Babylone et Elke, les deux  « couples » discutaient amicalement chacun de leur coté. Côté fenêtre, on continuait à parler de cette pièce et de la participation de l’acteur à celle-ci. Côté couloir, Babylone et Elke semblaient se reconnaître mais restaient, pour l’heure, bien discrets ! C’était certainement ce qui encouragea notre vieil acteur à se présenter (ou peut-être était-ce la conversation avec son ami qui commençait à l’ennuyer !).

Bonjour Mademoiselle et bienvenue dans ce compartiment très …mmh… masculin ! J’espère que vous retrouvez parmi tant d’hommes ne vous dérange pas. Nous ferons tous, j’en suis sûr, en sorte que vous vous y sentiez le plus à l’aise possible. Et tout d’abord, laissez-moi vous présenter mon ami Etienne Valentin, mécène bon public, et moi-même, Edmond Raspin, acteur sur le déclin ! Si nous pouvons vous être utiles, n’hésitez pas à faire de nous vos humbles serviteurs !

C’est ainsi que le vieux coq marquait son territoire dans le petit poulailler !

Etienne Valentin leva son chapeau.

Bonjour Mademoiselle, comme disait un ami poète : « C’est dans les mines les plus sombres que l’on trouve les plus brillants diamants » !

*
*     *
Dans le compartiment des de Fréneuse, Le ton était bien moins amical. Le duc avait interpellé le vigneron au sujet de son impolitesse et ce dernier, passablement énervé par son maladroit employé, répara sa faute d’une manière un peu … brusque :

Ah … euh oui ! Cet imbécile me rendra fou ! Mesdames, Messieurs… Fit-il un s’inclinant légèrement et en soulevant son haut de forme.

Ensuite, il sembla jauger le duc de Fréneuse du regard, légèrement hésitant. Finalement, il s’adressa à celui-ci d’un air malin.

J’me présente, Jean-Louis Defaix, vigneron… A qui ai-je l’honneur ?

Un potentiel bon client, s’imaginait-il…
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Jean de Fréneuse
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MessageSujet: Re: Dijon Paris, le train des vendanges    Lun 28 Oct - 23:47

Ce bonhomme était décidément odieux. Jean le jaugea à son tour. Il laissa le couple répondre avant lui, puis rétorqua, avec froideur :

- J'ai l'honneur de vous informer que vous avez failli assommer le prince et la princesse de Fréneuse.

Et il tendit une main gantée au rustre, d'un geste lent, avec l'air de lui accorder une immense faveur. Il ajouta, avec cette même distance qu'il maintenait, soigneusement :

- Maintenant, je vous prierai de ne plus importuner ces dames. Vous savez comme les femmes de qualité sont délicates, et combien les éclats de voix ou la plus infime violence les affecte.

Un mince sourire étira ses lèvres, et puis il saisit un journal et le déplia, l'air de rien. Il eût tout donné pour aller fumer ailleurs, mais il avait quelque scrupule à laisser son épouse en présence d'un tel rustre - d'autant plus que l'autre homme ne semblait point tenir à remplir son rôle, vu son silence...
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Catharina de Fréneuse
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MessageSujet: Re: Dijon Paris, le train des vendanges    Lun 4 Nov - 16:00

Catharina ne retourna pas le salut du rustre qui venait de lever son chapeau, détournant le regard, l’air dégoutée.  Le titre de Princesse, peut-être, avait-il cultivé chez elle un semblant de condescendance, ou était-ce seulement la timidité et un peu de peur qui la rendait si farouche ?  La jeune mère garda le silence et lâcha le bras de Jean, jugeant que le mal était fait et que, mis à part si cet idiot de vigneron se remettait sur ses pieds, il n’y avait rien à craindre.  Rien, s’il ne tentait pas d’engager une conversation !  

La princesse triturait distraitement son livre, ne continuant pas sa lecture.  Ses grands yeux clairs allaient d’un homme à l’autre, de l’employé à l’employeur, comme si elle les surveillait, craignant qu’ils se jettent sur elle ou se mette à tout casser.  Délaisser ses enfants pour rencontrer la famille éloignée de son époux, elle pouvait le supporter sans trop de peine.  Délaisser ses enfants, une fois de plus et se coltiner deux imbéciles bourrus, elle le vivait moins bien.  Lorsqu’elle fut plus ou mon certaine que la menace n’était plus, elle cessa de défigurer les deux hommes et appuya son épaule contre celle de Jean pour lire en diagonale le journal qu’il tenait.  

Spoiler:
 
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Elke von Herzfänger
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MessageSujet: Re: Dijon Paris, le train des vendanges    Lun 4 Nov - 23:41


Il fallait croire que les deux comparses ne pouvaient supporter le silence, ou était-ce la vue d'une jolie demoiselle qui éveillait leurs émois ? L'aîné montra la marche, s'adressant à jeune femme avec un hommage que la poussière avait rendu asthmatique et une déférence désuète entre le charmant et le ridicule. En somme c'était distrayant ! et l'allemand se prit au jeu, les observant approcher la belle avec une chaleureuse franchise et quelques tâtonnements.

Au vers du jeune homme - et il lui aurait volontiers lever le sien -, il ne put s'empêcher de chercher le regard de Babylone, d'un air complice, un sourire étincelant dans le creux de son œil. Il ne prononça cependant aucun mot : si elle attrapait au vol sa légère inclinaison, cela suffirait ; par ailleurs, il était fort curieux de voir ce qu'elle comptait leur répondre.
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Babylone
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MessageSujet: Re: Dijon Paris, le train des vendanges    Ven 8 Nov - 13:41

Une danse si connue s'amorce dès ton arrivée. Cette danse qui te grise, qui te lasse, qui t'attriste. La danse des avances et courbettes, des flatteries et des mots de miel.
Ah Babylone, que tu hais ces adorés éloges.
Tu souris au vieillard et bâts des cilles devant le mécène, bien plus intéressant.
Naturellement, l'entièreté de tes atouts et armes séductrices sont sortis ; lassant n'est-ce pas ?
Tu t'apprêtes à entrer dans leur jeu lorsqu'une étincelle, une lueur délicieusement familière happe ton regard. Le jeune germain te parles. Ses yeux effrayant de beauté te parlent.
Alors l'étincelle te gagne :

"Merci à vous messieurs, le voyage s'annonce des plus charmant en votre compagnie. Je me nomme Babylone."

Et puis vient le tour de l'inconnu, te tournant gracieusement dans sa direction, tu lui envois un sourire malicieux adressé qu'à lui et seulement lui :

"Et vous monsieur, qu'avez vous à nous dire ?"
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Guignol
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MessageSujet: Re: Dijon Paris, le train des vendanges    Mar 12 Nov - 23:52

Dans le compartiment des de Fréneuse, le vigneron prit la parole.

Excusez-moi, mesdames messieurs - il fit, du regard, le tour du compartiment en hochant la tête d’un air qu’il espérait sincère. Coté fenêtre, la femme soupira en regardant son mari. Celui-ci la regarda l’air de dire « Oh ça va, l’histoire est réglée à présent ».

Puis il s’adressa à Jean de Fréneuse et sa femme.

Pourrais-je vous dédommager en vous offrant l’une de ces bouteilles ? Ces Chablis de ‘93 sont merveilleux et je ne doute pas que vous et vos amis serez fascinés par ce Grand Cru, sa robe dorée et son caractère nerveux… Avec les fruits de mer, c’est un délice !

*
*     *
Dans le compartiment de Babylone, les deux compères sourirent à la réponse de la belle jeune femme. Sa voix enchanteresse faisait toujours son petit effet, même chez le vieil acteur qui en avait certainement entendu d’autres. Les deux hommes se regardèrent, l’air de dire « tu réponds ou je me lance ? » mais c’était déjà trop tard. En effet, Babylone était déjà tournée vers Elke, lui demandant ce qu’il avait à dire à cette belle assemblée. A présent, tous les regards étaient braqués sur lui, et l’on aurait tôt fait de juger de l’à propos du jeune allemand.


Dernière édition par Guignol le Dim 8 Déc - 22:41, édité 1 fois
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Elke von Herzfänger
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MessageSujet: Re: Dijon Paris, le train des vendanges    Mer 20 Nov - 2:09

"Et vous monsieur, qu'avez vous à nous dire ?" Il  capta son sourire, et les regards de ces messieurs sur sa personne.

« Que le monde, décidément, est très petite. » Répondit-il, rayonnant. « Je me nomme Elke von Herzfänger, je suis enchanté. » Salua t-il Babylone, d'un hochement circonspect du chef.


Toudoudoudoum:
 
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Jean de Fréneuse
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MessageSujet: Re: Dijon Paris, le train des vendanges    Ven 6 Déc - 5:18

Jean se pencha vers sa femme et lui glissa quelques mots, très bas :

- Tout de même, sacré animal, vous ne trouvez pas... ? Ce n'est pas une excuse pour faire mine de lire le journal, cependant, vous savez très bien que cela fait mauvais genre.

Puis il enchaîna, parfaitement mondain :

- Votre générosité est-elle tout à fait désintéressée, Monsieur ? répliqua-t-il avec un sourire. Auquel cas, nous serions évidemment ravis d'accepter... Par ailleurs, qu'est-ce qui vous amène à Paris ? Racontez-nous donc, que mon épouse se détache un peu du roman feuilleton - fort médiocre, comme d'habitude - du Figaro.  

Et il posa ostensiblement le journal, l'air soudainement intéressé. Tous les prétextes étaient bons pour embêter le monde... et tuer le temps.
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Catharina de Fréneuse
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MessageSujet: Re: Dijon Paris, le train des vendanges    Sam 7 Déc - 14:09

Mauvais genre ou pas, Catharina ne leva pas les yeux du journal. Elle lisait un mot sur trois, une ligne sur deux, ne comprenait pas trop le contenu, mais si ça lui permettait de couper court sa discussion avec ce sale vigneron… ! Néanmoins, elle ne put s’empêcher de le regarder lorsqu’il proposa de son vin. Après avoir tenté de les assommer avec la caisse, il voulait les assommer avec le contenu ! La jeune mère allait parler mais se ravisa, laissant son époux répondre de manière beaucoup plus civilisé, digne de lui.

Le journal disparut. Sous les grands yeux ahuris de Catharina, Jean avait refermé les feuilles de papier, sans gène, obligeant dorénavant l’épouse à écouter le rustre. Si elle était un ange la plupart du temps, elle changeait du tout au tout lorsque deux hommes venaient faire du bruit près d’elle, s’agitant comme des bêtes. On ne pouvait reprocher à une femme de tout exagérer, c’était ancré dans sa nature.

Tant qu’elle gardait le silence, elle demeurait, aux yeux du vignerons et de son employés, une française. Ce qui n’était pas plus mal.
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Babylone
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MessageSujet: Re: Dijon Paris, le train des vendanges    Dim 8 Déc - 9:28

Un sourire rehausse tes lèvres de velours, un sourire de complot, un sourire satisfait, le sourire d'une femme qui égraine un mystère. Le mystère de ce bel allemand, de cet Elke.
Puis en un instant un sourire réservé et innocent adoucit ton visage.

"De même." d'un souffle délicat.
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MessageSujet: Re: Dijon Paris, le train des vendanges    Mar 10 Déc - 22:06

Le train était entre Saint-Florentin et Montereau, il était environ 11h30…

Dans le compartiment des de Fréneuse, l’ambiance semblait légèrement adoucie. Le gras vigneron, fort heureux d’entamer une conversation avec une personne de haut rang, répondit à Jean :

Rien n’est jamais désintéressé, Monsieur de Fréneuse, vous le savez bien ! J’espère, par ce geste, vous donner une meilleure image de moi-même. Et puis, comme je vais à Paris pour promouvoir mon domaine, c’est aussi l’occasion de vous le faire connaître, vous qui devez être – il regarda Catharina – Madame, Monsieur, des hôtes de bon goût ! Vous pourrez certainement ravir les papilles de vos invités par la même occasion. Vous savez, je crois plus au bouche à oreille qu’à la réclame. Et puisque vous me le demandez, je vais aller du coté du Palais Royal, chez Véfour notamment et à la Maison Chevet et au Café de la Paix aussi… Enfin, vous devez connaître tout ces noms, toutes ces bonnes adresses !

Il marqua une petite pause avant de reprendre.

A ce sujet, connaissez d’autres adresses … comment dire… un peu plus abordables ?

Notre cher vigneron avait ce défaut d’être légèrement près de ses sous (mais quoi de plus normal pour un homme du terroir ?). S’il allait dans les grands restaurants pour vendre son vin, il n’y allait pas pour dépenser son argent !

*
*     *

Dans le compartiment des artistes, les deux compères aux fenêtres furent surpris par le petit échange entre Babylone et Elke. Une étrange relation semblait les unir. Un instant ils restèrent silencieux mais l’acteur brisa le silence en s’adressant à la belle.

Mademoiselle, votre nom me laisse à penser que votre jardin secret sera difficile à découvrir !

Le jeune mécène sourit à la plaisanterie. Le visage de la jeune femme lui disait quelque chose. Où avait il bien pu la croiser ? Babylone… Il la regarda attentivement. Elle n’aurait aucun mal à voir ce regard interrogatif, ces yeux sombres qui détaillaient ses traits. Pour user d’un pseudonyme, il n’y avait que deux possibilités : elle était artiste… ou prostituée ! Etienne tenta de se remémorer ses soirées à l’Apollonide mais ce n’était pas là qu’il l’avait croisée. Alors où ?!

Bon sang mais c’est bien sûr ! Fit-il après quelques minutes d’intense réflexion.

Il se levant d’un bond avec un franc sourire ! Edmond le regarda avec des grands yeux ronds tandis que le jeune mécène s’approcha de Babylone pour lui baiser la main.

Comment va ce cher Alphonse* ? Demanda-t-il malicieusement.


____________________________
*Mucha évidemment !
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MessageSujet: Re: Dijon Paris, le train des vendanges    Sam 28 Déc - 5:27

"Mademoiselle, votre nom me laisse à penser que votre jardin secret sera difficile à découvrir !"

Elke manqua de s'étouffer sur place - mais il resta poli, et surtout silencieux. Certainement un conflit de génération, ou peut-être l'âge avait-il éroder le bon goût de l'acteur... Ou peut-être se l'étaient-ils transmis entre acolytes... Car voilà que, soudain, le plus jeune se dressait, vif et enthousiaste, en se ruant sur Babylone.

« Certainement mieux que votre sens des convenances ! » Lâcha t-il à l'adresse du jeune homme, sur un ton désinvolte et amusé. Ah, comment dit-on déjà, l'hôpital qui se moque...
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Babylone
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MessageSujet: Re: Dijon Paris, le train des vendanges    Sam 28 Déc - 12:12

Tu souris doucement, poliment, laissant le vieil acteur se noyer dans ses flatteries et ses douceurs osées.
Le mécène - bien plus intéressant - tourbillonne dans un questionnement intérieur intense. Les yeux rivés aux tiens que tu n'abaisses pas. Comme un appel à conclure, trouver ce qu'il cherche. Tu sais ce qu'il cherche : il te cherche. Qui es-tu donc Babylone ? Tous se le demande, personne ne sait, sauf... Alphonse Mucha.
Le jeune Etienne a compris. Il bondit, heureux et hardi. Ses lèvres effleurent tes mains délicates, tu lui souris, avenante.
L'exotisme te caresse les oreilles de sa remarque moqueuse. Le prussien s'invite dans la conversation. Tu ne lui en tiens pas rigueur, au jeune mécène non plus ; la hardiesse tend à exciter tes sens et ton esprit.

"Ne vous en faites pas monsieur Von Herzfänger, monsieur Valentin ne m'offense pas, il est seulement enthousiasmé."

Contemplant le mécène, un sourire charmé aux lèvres :

"Monsieur Mucha se porte à merveilles, sa créativité va bon train et il ne tardera pas à exposer une nouvelle oeuvre, je vous l'assure."

Tellement de mots. Les convenances te fatiguent autant qu'elles animent ta vie, toutes vies.
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Elke von Herzfänger
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MessageSujet: Re: Dijon Paris, le train des vendanges    Mar 4 Fév - 4:48

« Hum, hum. » Songea t-il à la précision de Babylone, sans pour autant répondre autrement que par un sourire discret.

A vrai dire, Elke était plutôt satisfait des dernières conjectures astrales, qui l'avaient placé sous un signe fort distrayant. Il regardait tout ce beau monde comme s'il n'en faisait presque pas partie. Ah certes, il ne pouvait tenir sa langue, mais s'il avait pu être dérangé par le manque de finesse du jeune homme, il n'en trouvait pas moins divertissante la petite saynète que l'on jouait sous ses yeux.

« Il faut bien que la vie soit drôle, tout de même, pour m'avoir placé là. Et d'observer le garçon, je remarque ses manquements aux convenances - tu évolues, faut-il croire. A te voir en le regardant, tu te rends compte du risible jour sous lequel tu t'es présenté...
Hum.
»

Convenances qu'il déplora aussitôt, ne pouvant décemment laisser Babylone seule pour une cigarette. Quand bien même Babylone était plus bohème que ta petite gitane... Sourire pour toi seul, mais ils auraient bien l'heur de croire qu'il leur était adressé.
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MessageSujet: Re: Dijon Paris, le train des vendanges    

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Dijon Paris, le train des vendanges

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