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 Bavarde plus et parle moins... Quoique...

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Jean de Fréneuse
J'ai bu le lait divin que versent les nuits blanches
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MessageSujet: Bavarde plus et parle moins... Quoique...   Mar 4 Juin - 11:00

Suite de ceci


Si Hansel dévisageait Jean avec de grands yeux effarés, Jean n'était parfois pas loin de faire de même - et l'enfant n'eût pas été si blond que l'on eût pu vraiment croire, à leur expression similaire qu'ils étaient père et fils. Cependant, Jean de Fréneuse se détacha un instant de la contemplation perplexe du gamin pour reporter son regard vers la mère. Il ne put s'empêcher de reprendre après elle :

- Le musée Grévin, vous voulez dire ? Oui, tout à fait charmant ! Mais...

Il désigna Hansel et, baissant d'un ton, essayant d'empêcher que l'enfant l'entendît :

- Mais il y a des salles assez impressionnantes pour un enfant, ne craignez-vous pas qu'il ne soit effrayé ? On y voit des exécutions... Je sais bien qu'on y emmène volontiers les enfants, pour les fortifier, mais je n'ai pas cru que vous étiez de ce genre-là... A moins justement que vous ne préférassiez les cires pour que ce soit... moins... vivant, si j'ose dire ?

Mais il fut interrompu dans sa réflexion par une voiture de pompier qui filait paresseusement sur sa jambe. C'était étrange, car sa jambe n'était en aucun cas une route vers un bâtiment en flamme... En aucune sorte... ! Par bonheur, Jean n'eut pas le temps de l'écarter d'un geste de la main - ce qu'il allait faire : son épouse devança son geste avec beaucoup d'à propos. Il l'avait bien choisie, tout de même... Soucieux de faire un effort, il se pencha tout de même vers le garçon qui devait faire rouler son jouer sur une autre surface similaire - comme sa mère.

- Mais dites-moi, mon garçon, savez-vous ce que c'est que cette voiture ? Et où court-elle ainsi ?

Première leçon de choses de Jean de Fréneuse... Nous ne savons si c'est l'étrangeté de cette scène, mais le fiacre sembla en cahoter de surprise.
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Catharina de Fréneuse
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MessageSujet: Re: Bavarde plus et parle moins... Quoique...   Ven 7 Juin - 14:22

Catharina écarta son jeune fils d’elle et plongea ses grands yeux bleus dans les siens. Les fortifier en leur montrant des exécutions à la cire ? L’idée ne lui avait même pas traversé l’esprit. Elle fronça les sourcils, avec un air dur et sévère. Docile, le cadet se contenta de cligner des yeux, alors que sa mère le soulevait un peu, s’agitant au rythme de ses paroles.

« Hansel Nikolaus Ainsworth ? Se laisser impressionner de la sorte ? Nullement ! Le dernier arrière-petit-fils de Nikolaus von Himmelstjerna* n’a peur de rien ! C’est un viking ! Un fils de Odin ! »

L’enfant agita les bras d’amusement et partagea de grands sourires avec sa mère. L’idéal aurait été qu’il échappe un éclat de rire, même un petit, mais aucun son ne franchit les lèvres roses du bambin. Catharina ramena l’enfant contre sa poitrine et embrassa sa tête avant d’embarquer dans la voiture. Curieusement, alors qu’elle s’efforçait à garder le jouer d’Hansel loin de Jean, ce dernier décida d’adresser la parole au petit. L’enfant autant que la mère parurent surpris –surtout la mère. Le cadet baissa la voiture de pompier –qui était un peu en train de voler- et jeta sur son beau-père un regard bien interrogateur. Pardon, Monsieur ? Voulez-vous me prendre mon jouet à moi ? Il le serra contre son cœur. Les liens se firent dans sa tête blonde et se mit à hocher négativement la tête.

Catharina se mit à penser que si son fils ne revoyait pas son père bientôt –et souvent- il finirait par l’oublier, au fil du temps et qu’il adopterait Jean. Elle ne fut guère enchantée à cette idée, plutôt triste même. Elle laissa perdre ses yeux abimés vers l’extérieur qui défilait sans qu’elle ne pu distinguer quoi que se soit. Son étreinte sembla se serrer un peu plus autour du corps frêle sur ses genoux.

La voiture s'arrêta devant le Musée Grevin et la nouvelle princesse s'anima à nouveau, affichant son affable sourire d'épouse habituel.

Spoiler:
 
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Antoine "Le Zozio" Viret
Si votre ramage se rapporte à votre plumage, vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois
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MessageSujet: Re: Bavarde plus et parle moins... Quoique...   Sam 8 Juin - 9:11

"Les jeunes mariés
Et l'un des gamins
S'en vont explorer
Le musée Grévin !

Le Prince se prend au jeu
De la vie conjugale
Mais ce n'est pas sans mal
Il en faudrait peu...

Difficile d'être fidèle,
De temps, il est question ?
Les proverbes ont souvent raison
Chassez le naturel..."

C'était une voix très (trop) grave qui chantonna ces mots a capella. Un petit ramoneur tout de suie recouvert s'en alla à pas vif et sautillant vers son prochain client, non sans avoir auparavant salué d'un geste de la tête le couple et l'enfant.
Cette démarche vous dit peut-être quelque chose, mais impossible de reconnaître ce visage sous cette couche épaisse d'un noir charbonneux...
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Jean de Fréneuse
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MessageSujet: Re: Bavarde plus et parle moins... Quoique...   Mar 11 Juin - 2:58

Un viking ? Un fils d'Odin ? Voyez-vous ça... Jean considéra le gamin et sa mère, un sourcil levé.

- Ma chère, quel nationalisme ! J'ose espérer que vous n'y allez pas avec tant d'ardeur en société...

Et plus cela venait, plus Jean de Fréneuse commençait, malgré lui, à ressembler à son père... C'était un comble. Que lui, l'aîné turbulent, la mauvaise graine, qui avait pris bien des claques et des coups de ceinturon pour son insolence, qui s'était maintes fois fait gronder pour sa nonchalance... se mît à ressembler à son père, qui avait toujours préféré la docilité du petit Gabriel, et ce malgré ses faiblesses physiques... Était-ce concevable ? Peut-être étaient-ils un peu trop semblables pour s'entendre... ? Le reflet qu'ils se présentaient l'un à l'autre mettait sans doute en lumière des aspects d'eux-mêmes qu'ils eussent préféré ignorer... Qui sait ? Jean s'assombrit légèrement, sans remarquer le réflexe de l'enfant, qui souhaitait protéger son jouet. Il ne vit pas non plus son épouse tomber un instant dans la mélancolie... Cependant, le fiacre ralentissait et le couple de Fréneuse en descendit avec un air affable et tranquille - dissimulant tant bien que mal l'amertume qui avait coloré leur arrières-pensées. Ils se dirigèrent vers le musée, l'époux, l'épouse, et le gamin - collé à sa mère, quand le trouble-fête arriva. Cela ne dura qu'un instant, et pourtant... ! Au début de la chanson, Jean se crispa, puis il se dégagea de l'étreinte de sa femme, d'un geste lent. Au dernier mot, il s'élança d'un geste vif - presque violent - vers le plaisantin. Hélas, sa jambe le ralentit et le drôle eut le temps de s'éloigner. Ni une ni deux, Jean de Fréneuse héla un gendarme qui faisait sa ronde.

- Monsieur ! Jean, prince de Fréneuse. Je vous somme d'appréhender ce plaisantin qui a osé manquer de respect à Madame de Fréneuse.

Le bonhomme ne sembla pas ravi de l'affaire, mais le ton et la position de Jean n'admettaient aucune réplique, aussi s'élança-t-il, en désespoir de cause, à la poursuite de l'insaisissable Zozio - que Jean n'avait évidemment pas reconnu, sous la suie. Ce dernier se tourna alors vers Catharina, l'oeil brillant de colère :

- Ma chère, j'espère avoir défendu comme il se doit l'honneur de notre union. Il est des choses avec lesquelles on ne plaisante pas, et je ne laisserai personne - et encore moins le tout-venant - se moquer de nous... - Il lui présenta son bras à nouveau. - Sachez que tout sera fait pour retrouver et châtier ce mauvais plaisant.

Il n'était certes pas fils d'Odin, mais sa colère était toute aussi terrible... Ils entrèrent dans le musée, comme pour échapper aux quelques regards curieux qui s'étaient tournés vers eux. Jean demanda sèchement trois entrées... La chanson résonnait dans sa tête, aussi honteuse qu'agaçante. Oh ! bien sûr qu'il y avait pensé... et il n'attendait qu'une chose - un signe, un début de grossesse pour Mme de Fréneuse, une tentation... Mais il était inadmissible que la rue en tirât quelque amusement... Oh ! il n'y avait pas à tortiller : il avait beau faire, il avait beau dire, Jean commençait vraiment à ressembler à son père. Ne lui en déplaise.
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Catharina de Fréneuse
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MessageSujet: Re: Bavarde plus et parle moins... Quoique...   Jeu 13 Juin - 9:25

Les paroles chantées par l’étranger qui passa en sautillant la surprirent.  Dans un mouvement rempli d’instinct, elle posa une main derrière la tête de son fils et le cala contre elle.  Catharina, cependant, ne s’énerva pas autant que son époux et demeura plus que passive.  Alors que son époux s’élançait vers le curieux, la norvégienne recula, s’éloignant de tout geste brusque, de toute action.  Distante et préférant reste dans l’arrière-plan, la jeune mère embrassa son fils et lui murmura quelques mots doux.  Jean éleva la voix pour interpeler un gendarme et elle se crispa.  Pour se rassurer, parce que la voix forte des hommes ne cessait de la mettre mal à l’aise, elle se balança d’un pied sur l’autre, faisant mine de jouer avec l’enfant qu’elle portait près de son cœur.  

Elle eut, poussée par une curiosité malsaine, envie de lui demander s’il avait été choqué par les propos ou par leur véracités.  Elle ne dit rien et le regarda un peu piteusement avant de baisser les yeux.  Sa main se faufila sous son bras avec moins d’entrain et une certaine hésitation.  Jean, qui semblait si nonchalant et si calme, cachait-il en lui de terribles colères dont les hommes avaient le secret ?  En temps normal, Catharina aurait posé son fils au sol, pour le laisser faire ses pas mais, cette fois-ci, il resta dans ses bras un peu plus longtemps –ce qui n’était pas pour déplaire à Hansel, il n’aimait pas beaucoup marcher.  Elle se laissa guider par Jean qui prit les entrée et s’engouffrèrent dans le musée de cire. 

Les premières sculptures qu’ils aperçurent étaient impressionnantes.  Catharina s’approcha de l’une d’elle et se pencha pour les observer, sans oser toucher.  « Look, my Hjertet, comment ils ont l’air vivants… ! » Fit-elle en pointant l’une des statues.  Elle laissait le bambin se promener par lui-même.  Parfois il s’approchait de quelque chose, allait où la curiosité le portait, mais bien vite il revenait se coller aux jupes de sa mère, trop craintif pour partir seul. 

« Cela m’impressionne, d’imaginer ces hommes qui reproduisent aussi brillamment la réalité. »

Doucement, elle s’approcha d’une fameuse personnalité française.  Elle ignorait complètement de qui il s’agissait et en avait presque honte, ou du moins suffisamment pour se retourner vers son nouvel et époux et lui demander, de sa voix toute basse :

« Connaissez-vous la majorité des personnalités reproduites ici, mon cher ? »
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Jean de Fréneuse
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MessageSujet: Re: Bavarde plus et parle moins... Quoique...   Dim 30 Juin - 10:46

Après être passés rapidement par un jardin d'hiver, où brillaient le factice, le couple de Fréneuse pénétra dans une reconstitution fidèle du foyer de l'Opéra. Des jeunes femmes grimées, immobiles statues de cire, y étaient disposées comme dans un parterre de fleurs... Jean s'approcha, instinctivement, d'une danseuse habillée en nubienne... Ses bandeaux encadraient un visage noble et doux, comme aux plus beaux temps de la Renaissance... et pourtant !

- Je les connais, assurément. Dois-je vous rappeler, ma chère, que je suis abonné et que j'ai déjà parcouru - oh, si rapidement, certes ! - ces endroits dérobés ? De là à me souvenir de leurs noms et de leurs emplois... Passons plutôt à la suite, vous le voulez bien ?

Il se fût attardé avec plaisir, peut-être, dans ce véritable musée de béguins... mais accompagné de sa femme...

La scène qui les attendait dans la pièce suivant était plus officielle et plus mondaine : il s'agissait de la réception du tzar et de la famille impériale par l'escadre française, à bord du Marengo. Jean pressa instinctivement le pas, poussant son entourage à ne point s'attarder. La salle suivante était consacrée aux souvenirs de l'exposition : les villages indigènes - parfums de pays lointains... Sur une scène, quatre petites danseuses javanaises, à la peau couleur de cire. Parmi les spectateurs, des sommités des différents pays, l’œil rivé sur les petites mains des danseuses.

- Ils sont amusants, d'avoir mis des anonymes alentours : de grands et de simples spectateurs... Où pensez-vous qu'ils aient trouvé ces visages inconnus ? fit-il remarquer tout haut, s'abîmant dans la contemplation de la scène où les quatre danseuses demeuraient immobiles, au silence des quatre musiciens.

Singulier spectacle que ce ballet de cires...
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Catharina de Fréneuse
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MessageSujet: Re: Bavarde plus et parle moins... Quoique...   Mer 3 Juil - 1:10

Catharina avançait lentement, laissant tout le temps du monde à Hansel de regarder les statues de cire. Certaines attiraient son œil enfant plus que d’autres, comme les jolies danseuses vers lesquelles il tendait les bras, curieux. La mère posa le petit garçon au sol et marcha derrière lui, alors qu’il allait où il le désirait, vers les figures les plus dynamiques et colorées. Les mots que lui glissait Catharina étaient dans sa langue maternelle, on devinait qu’elle disait, douce, des « Oh, mon cœur, regarde celle-là ! » ou « Ne trouves-tu pas que celle-ci est jolie ? » auxquels Hansel ne répondait pas, mais jetait quelques coups d’œil amusé ou approbateur à sa mère.

Elle sourit à Jean et, lorsque fut le moment de s’attarder, elle vint attraper la main du petit garçon et le pressa avec elle. Elle rejoint son mari et se posta près de lui, alors qu’Hansel s’avançait vers la scène, restant de l’exposition que ni lui ni sa mère n’avait vue.

« Peut-être les ont-ils inventé ? » Tenta Catharina.

Elle pencha un peu la tête et fit un pas sur le côté, chancelante. Une main blanche se posa contre son front et elle baissa les yeux un moment. Elle battit des paupières à plusieurs reprises et regarda finalement son mari, petit sourire aux lèvres.

« …Pardonnez-moi, mon cher, je dois m’éclipser un moment. »

Juste ça. Elle s’écarta, prenant soin de laisser le plus jeune de ses fils à Jean, glissant les tous petits doigts roses dans sa grande main. L’enfant s’inquiéta, se demandant pourquoi il était ainsi abandonné à monsieur. Cependant, il demeura sage et ne tenta pas de se défaire.

« Pouvez-vous garder mon fils, juste quelques minutes, c’est rien, je vous prie ? »

Catharina esquissa un sourire désolé et ne lui laissa pas le temps de répondre qu’elle se dirigeait déjà vers une autre pièce. Hansel, seule au monde dorénavant, tira sur la main de l’homme qui vivait avec lui depuis peu –ce n’était, bien sûr, pas l’inverse, dans sa tête. Croyant que Jean serait moins intransigeant que sa mère, il leva les bras dans les airs, s’agrippant à sa manche et son manteau en espérant pouvoir se faire prendre et ne plus marcher. Il sautillait sur place, mais ne prononça aucun mot. Jamais.
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MessageSujet: Re: Bavarde plus et parle moins... Quoique...   Mar 6 Aoû - 3:31

Jean hocha la tête distraitement à la réponse de sa femme.

- Vous avez peut-être raison, oui... J'aime à penser, aussi, qu'ils se sont inspirés de gens croisés dans la rue, d'amis, de cousins... Auriez-vous aimé, vous...

Avoir votre propre statue de cire... ? Il n'eut cependant point le temps de poser sa question car son épouse semblait avoir un léger étourdissement - ah les femmes étaient si fragiles parfois... M. de Fréneuse s'inquiéta raisonnablement, fit un pas vers sa chère et tendre... mais il demeura interdit lorsque celle-ci lui confia Hansel pour s'éclipser. Il n'eut même pas le temps de s'inquiéter davantage de la situation de son épouse, tout stupéfait qu'il était. Jean dévisagea alors le gamin, comme lorsqu'on détaille un visage qui nous est familier et qui, sous un jour nouveau, nous semble inconnu. Comprenant tout de même ce qu'Hansel tentait de faire, il fronça les sourcils et fit "non" de la tête. Allons bon garder un enfant était déjà beaucoup, il n'allait pas le porter en sus... ! La situation le mettait d'ailleurs de plus en plus mal à l'aise. Entraînant Hansel à sa suite, Jean fit alors ce qu'il faisait toujours lorsqu'il ne savait pas quoi dire : il parla.

- Marchons un peu, voulez-vous ? Nous n'irons pas loin : votre mère n'aura pas de mal à nous trouver.

Et il ajouta aussitôt, sur le ton de la conversation :

- Et vous, ça vous plairait que l'on fasse votre statue ?

Mais qui sait s'il obtînt jamais une réponse... ?
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MessageSujet: Re: Bavarde plus et parle moins... Quoique...   Ven 30 Aoû - 10:45

Hansel abandonna bien vite l’idée de se faire prendre par l’homme et rebaissa les bras.  Il garda ses petits doigts auprès de la paume de Jean, trottant à côté de lui comme s’il accompagnait une figure paternelle.  Ses yeux clairs s’égarèrent sur différentes statues mais, bien entendu, ils cherchèrent surtout une haute dame blonde qui répondait au doux prénom de « mère ».  Personne en vue.  La bambin fit un pas de travers et manqua de trébucher, heureusement, il put s’agriper au très puissant bras du prince de Fréneuse et se rattraper avec… plus ou moins de facilité.  Sa jupette se plissa, mais Hansel n’y porta pas attention, continuant de marcher parmi les statues de cire dont la véracité l’impressionnait voire l’effrayait presque.  Jean s’adressa à nouveau au cadet Ainsworth et le garçonnet le regarda d’un air rempli de questions.  Avait-il compris ce qu’avait voulu dire l’homme ?  Un moment de réflexion fut nécessaire à l’enfant et ce dernier ouvrit grand la bouche, grimaçant un sourire.  L’on aurait pu croire qu’il allait parler mais un hochement de tête pour la seule réponse qu’obtint monsieur de Fréneuse.  

La mère revint dans un meilleur état.  Elle se pencha vers son fils pour lui caresser l’épaule et ses fins cheveux.  Catharina attrapa la main libre du bambin et continua à marcher comme si elle n’avait jamais quitté le petit groupe.  La princesse regarda son époux et s’inclina vers lui, murmurant sur un ton délicat :

« Je vous remercie d’avoir surveillé mon fils et j’espère qu’il n’a pas été trop turbulent. »

Ses yeux se baissèrent sur Hansel qui s’était considérablement rapproché de sa mère, se fondant presque dans sa jupe.  

« Il est un peu, hm… capricieux. »


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MessageSujet: Re: Bavarde plus et parle moins... Quoique...   Mar 3 Sep - 2:27

L'absence de Madame de Fréneuse fut de courte durée, mais elle leur sembla une éternité. Jean considérait avec curiosité et perplexité ce petit bout de chou qui ne parlait jamais. En l'absence de son épouse, il se risqua même à un "Mais vous ne répondez donc jamais, Monsieur Hansel ?" mais sans réelle conviction - était-ce son rôle, de corriger, de comprendre cela... ? Puis Madame revint, la mine admirable, l'air de rien.

- Capricieux, vous dites ? Je ne sais pas... Timide, pas bavard - c'est un euphémisme ! - mais capricieux... Mais vous le connaissez mieux que moi, ma chère. Toujours est-il qu'il a été sage. Reprenons-nous ?

Et ils passèrent à une nouvelle salle, plus impressionnante, où se déroulait tout l'arsenal révolutionnaire. Une guillotine se dressait au fond, menaçante, prête à engloutir les têtes des adversaires de Robespierre... La silhouette de l'instrument de mort rappela à Jean des images lointaines et, une fois n'est pas coutume, ce fut lui qui effleura le bras de son épouse.

- Etiez-vous à l'exécution de Sylvande, l'année dernière... ? Je crois me souvenir vous avoir aperçue dans l'assemblée... Qu'aviez-vous pensé de tout cela ?

Etrangement, le sujet ne prêtait pas tant au bavardage - pour une fois.
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MessageSujet: Re: Bavarde plus et parle moins... Quoique...   Sam 21 Sep - 14:37

Hansel n’était pas timide, Catharina en était sûre et certaine.  Il refusait tout simplement de parler.  Elle lâcha un soupir, détendue, lorsque Jean lui dit que son cadet avait été sage.  Et heureusement !  Ce n’était ni son fils ni sa famille, après tout.  Un peu moins de cœur et il n’aurait pas hésité à perdre l’enfant, le laissant vagabonder dans ce musée plein d’inconnus.  

La prochaine pièce était une exécution claire et nette.  La norvégienne leva ses grands yeux vers l’énorme machine et ne sembla pas choquée par la violence de la scène, pas plus qu’Hansel qui, mis à part dans les livres enfantins les plus cru, n’avait jamais vu une telle machine.  Gardenia l’avait peut-être déjà mentionnée auparavant, mais sa tête, encore trop petite, n’avait pas su conservée l’information.  

« Oui, j’y étais… mais j’avais d’autres soucis, à ce moment-là. »

De violents soucis conjugaux, disons.  Et d’aise également.  La foule compacte, mélangée entre les riches et les pauvres à la recherche de justice –ou de sensation forte, était loin d’avoir plu à Catharina qui avait le tournis rien que d’y repenser.  Elle souffla, caressant distraitement la tête de son jeune fils toujours collé à elle.

« Je ne veux plus jamais revoir d’exécution en vrai, je trouve cela stupide et violent.  On voit que c’est une invention d’homme. »

Venant d’une femme qui n’élevait jamais la voix et bougeait tout doucement, ce n’était pas très surprenant.  Catharina, légère, partie vers une autre pièce un peu plus agréable à regarder.
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MessageSujet: Re: Bavarde plus et parle moins... Quoique...   Ven 11 Oct - 1:29

A la réponse froide de sa femme, Jean de Fréneuse hocha la tête, sans relever. Il était clair que Madame faisait allusion à des choses dont on ne parlait point - et encore moins en public.

- C'était assez curieux, ce jour-là, je vous l'accorde - et j'utilise le verbe curieux, mais c'est tout à fait inexact. Je n'en ai pas gardé un souvenir agréable, d'ailleurs, qu'elles qu'en aient été les raisons.

Il la suivit vers la salle suivante où, ô surprise !, se déroulait une autre exécution, mais à l'américaine, cette fois-ci. L'occasion était trop bonne. Désignant la grande machine électrique à Catharina, goguenard, Jean ajouta :

- Stupide et violent, n'est-ce pas... ? J'ose croire que la méthode à la française, bien qu'assez spectaculaire, est plus douce, d'une certaine façon, pour le condamné. Et puis il reste la consolation de mourir comme lors de la révolution - fort symbolique pour le peuple, n'est-ce pas... ? Il ne reste plus qu'à mener les exécutions en huis clos, sans la foule pour regarder - et vous savez comme moi ce que l'on dit, il paraît que c'est prévu...
- Et désignant la chaise électrique - Enfin tout de même... Ne trouvez-vous pas que cela fait machine infernale du futur, cet engin-là... ?

Et il reprit son chemin, avec un rien de précipitation. A première vue, l'on aurait pu croire qu'il était aussi mal à l'aise que son épouse devant ce spectacle, mais dans les faits, il se trouvait plutôt étrangement fasciné... mais un reste de pudeur - de prudence ? - l'empêchait d'exprimer cela devant sa femme et son fils d'adoption.

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MessageSujet: Re: Bavarde plus et parle moins... Quoique...   Lun 14 Oct - 3:40

Gardait-on des souvenirs agréables d’une exécution ? Catharina ne releva pas, mais pensa très fort qu’il fallait être un peu léger pour apprécier la mort d’un homme, aussi mauvais avait-il pu être. Oh ! Si la norvégienne avait été touchée par ce criminel, si, par exemple, un de ses enfants avait été blessé, ou pire, tué, dans cet attentat, elle aurait pu se réjouir de voir la tête du malotru tomber dans le panier mais… Non.

Ils firent face à une seconde exécution, à l’américaine. Catharina hocha la tête, acquiesçant aux paroles de Jean alors que ses yeux tentaient de se perdre sur les détails de la chaise électrique. Les français étaient encore tellement attachés à leur révolution ! Si, à l’époque, le Danemark et la Suède c’étaient fait tous gentils tous doux pour éviter de subir le même sort que la France, la Norvège, elle, toujours dominée, n’avait rien à craindre. Et là, peut-être que le sadisme si connu des suédois remontait un peu, rien qu’un peu.

« Je ne comprends pas, Jean, comment on peut espérer donner une mort douce à un homme qui a commis tant de crimes. On les envoie, en face de dizaines d’innocents, vers un monde où ils ne connaitront ni la faim ni la misère. »

Catharina soupira et embrassa son enfant, l’emmenant avec elle et Jean dans la salle suivante.
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MessageSujet: Re: Bavarde plus et parle moins... Quoique...   Mar 29 Oct - 0:43

A la réflexion de son épouse, M. de Fréneuse lissa sa barbe d'un air songeur. Il n'avait pas vraiment étudié la question de ce point de vue-là - la religion lui inspirant l'indifférence la plus totale. Mais il suffisait de se pencher sur la question pour trouver la réflexion de Catharina judicieuse... Tout en cheminant, Jean répliqua donc :

- Vous n'avez pas tort, je vous le concède. Je crois que c'est avant tout une mesure hygiénique. Nous n'avons pas envie de nourrir ces individus en prison toute une vie - et ils sont d'une influence déplorable sur les autres détenus - certains croient à la rédemption de ceux-là, voyez-vous. Alors on fait cela vite fait et on n'en parle plus, vous comprenez ? On supprime le problème, et voilà, la société se porte mieux.

Un temps.

- Après, ce que cela implique vraiment, vous savez...

Et, posant machinalement la main sur la tête du gamin, qui les suivait sans un bruit, il se surprit à demander :

- Ainsi, vous êtes de celles qui pensent que la vie est une condamnation et la mort une délivrance ? Intéressant...

Et il continua, sans préciser ce qu'il entendait par "intéressant".
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MessageSujet: Re: Bavarde plus et parle moins... Quoique...   Sam 2 Nov - 16:38

Catharina garda le silence et réfléchit. Se débarrasser du problème, vite fait et bien fait et on n’en parlait plus. L’idée pouvait se défendre, elle était logique et cohérente. La norvégienne, douce et bienveillante, ne paierait évidemment pas pour les garder en vie, elle les laisserait mourir de faim. Évidemment, ce n’était pas des choses qu’une femme devait dire ni même penser, sans doute, et Catharina ne se sentait pas suffisamment proche de Jean pour lui dire ce qui lui traversait l’esprit, il pourrait la prendre pour une hystérique, qui sait.

Les yeux de la jeune mère, attentifs malgré leur défaillance, regardèrent brièvement la main d’araignée posée sur la tête du plus jeune de ses fils. Si le geste avait été porté par une femme, Catharina n’aurait rien remarqué, mais lorsqu’un homme s’approchait un peu trop, ses dents se serraient. Jean était loin de l’image que son épouse se faisait des hommes, mais celle-ci avait de la difficulté à le dissocier. Oh, elle prit sur elle-même pour ne pas donner un coup sur cette main, qu’elle dégage de la tête d’Hansel.

« Nej, nej, je ne vois pas la vie comme une condamnation. » Qui se lèverait chaque matin pour faire face à une condamnation ? Se disait-elle, alors que depuis des années elle ne cessait de vivre comme une condamnée.

« Oh, regardez, nous avons changé de salle. Les personnages de cire me troublent, on les croirait presque vivant, prêts à bondir à notre passage. »

Catharina pointa aune oeuvre des plus réalistes dont la posture n'était pas trop figée.
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Jean de Fréneuse
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MessageSujet: Re: Bavarde plus et parle moins... Quoique...   Mar 10 Déc - 5:32


Jean s'arrêta sur la figure que son épouse avait pointé. La statue ne l'inspirait pas davantage que les autres, à vrai dire... mais il était vrai que la cire, avec sa chaleur, sa coloration, imitait un peu trop les chairs humaines. Il se surprit à faire la réflexion, à voix haute :

- Il y a de quoi, je vous comprends. Préférez-vous en cela le marbre ou la pierre ? Il est bien plus ardu de lui donner l'illusion de la vie - quand bien même quelques génies y parviennent.

Il continua de déambuler dans la salle, distraitement, bientôt impatienté.

- Mais, voyez, les musées ne m'amusent guère... Si nous sortions ? Je suis certain que votre fils s'impatiente aussi, intérieurement.


Autant que l'enfant serve d'excuse, non... ?
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Catharina de Fréneuse
L'enfant reconnaît sa mère à son sourire.
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MessageSujet: Re: Bavarde plus et parle moins... Quoique...   Jeu 19 Déc - 4:19

Que ce soit la cire, le marbre ou la pierre, une silhouette au coin d’œil demeurait inquiétante pour la jeune mère. Leur tour du musée s’abrégea rapidement et, même si elle restait muette, Catharina commençait a avoir l’impression que toutes les statues étaient les mêmes –Sinistres et tristement réalistes. Hélas, c’est elle qui avait proposé la sortie, elle n’allait pas ainsi se défiler ! Hansel, quant à lui, trop petit pour comprendre la vie, distinguait à peine les sculptures de cire des vraies personnes, s’extasiant autant devant une exposition que devant une dame venue l’admirer. S’extasier était un très grand mot pour un si petit bonhomme dont l’admiration se lisait dans son silence.

Catharina parla tout bas, rappelant son fils en lui faisant des signes.

« Vous aviez du le dire plus tôt, je ne vous aurais pas emmené ici. »

Lâchant son époux, elle attrapa les deux mains de l’enfant et le souleva plusieurs fois comme elle marchait, simulant de sauts. Il n’éclata pas de rire –même s’il semblait prêt à le faire à tout instant- mais affichait un grand sourire, yeux pleins d’étoiles. La princesse laissa son époux appeler un fiacre pour le retour qui se fit relativement silencieux.

Eh, au moins, elle avait atteint son objectif : ne pas devoir se rendre chez cette saleté de bonne femme !
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Bavarde plus et parle moins... Quoique...

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