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 Va t'en me perdre où tu voudras

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Elke von Herzfänger
Un jour je serais, le meilleur dandy, je moustach'rai sans répit
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MessageSujet: Va t'en me perdre où tu voudras   Jeu 7 Fév - 1:35

Derrière moi, le rêve. Devant moi, le reste.

Montmartre de nuit. Ce n'était pas l'alcool – qu'avait-il bu, mais certainement la chaleur mystique du salon d'Apolline avait molli son ardeur ; or subit, l'air frais, frappant son visage, galvanisa sa vigueur en même temps que son esprit. C'est avec une luicide acuité qu'il jugeait son ami, pour ainsi dire, du moins, celui qu'il avait cru, pendant un temps, être digne de représenter le modèle de son idéal. Ame piteuse, pitoyable lambeau. Qu'est-ce que tu es à présent, pauvre déchéance décharnée. Mécanique désincarnée dont on a broyé l'humanité dans cet embourbement qui, depuis longtemps, a dépassé l'ivresse. Epave prise dans une vase dont tu ne peux t'extirper. Epave dont je me suis éprise, et dont je ne sais m'échapper...

Montmartre, la nuit, c'était ce sombre félin qui s'étire prêt à vous avaler et ces rues incertaines, qui à cette heure, se ressemblaient toutes. Ou peut-être Ludwig ne regardait-il plus vraiment où son errance le portait.
Montmartre. Déambulation à quatre pieds, duet mélancolique, qui s'applique au rythme mourant des pianos endiablés. Ces sons martelés de loin, à la croisée des portes des cabarets, ces cadences exténuées elles aussi, mais agonisant fièrement jusqu'au levé du petit jour.


Montmartre... dont il ne distinguait plus que des bâtisses obscures. Où étaient-ils ? Et d'ailleurs, n'était-il pas un piètre guide ?
Dans cette rue qu'il ne reconnaissait pas, il se rappela soudain qu'il ne savait pas où Fréneuse logeait...
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Jean de Fréneuse
J'ai bu le lait divin que versent les nuits blanches
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MessageSujet: Re: Va t'en me perdre où tu voudras   Ven 8 Fév - 0:11

Chassés du paradis terrestre, c'était bien leur veine ! Jean se souvenait d'une nymphe alanguie et d'une petite fille en chemise qui tapait du pied. Pour toute musique, un rire qui n'était pas le sien, vague et lointain - sorti d'on ne sait quel tréfonds de son cœur. Lorsqu'il fut dehors, le froid lui fouetta le visage, mais ne remit pas en place tous ses esprits. Il posa les yeux sur son compagnon de fortune : un pauvre diable comme lui, bien moins que lui, mais ô combien plus... Cela faisait maintenant quelques temps que la fortune semblait vouloir les mettre sur le chemin l'un de l'autre, jusque dans les circonstances les plus bizarres. Lorsque vous en venez à croiser la même personne lors d'une commémoration funèbre, lors d'un attentat et lors d'une soirée galante, c'était que le sort souhaitait apparemment vous indiquer quelque chose...

- Louons le fait que ce soit un crescendo et pas l'inverse... Demain, le soleil ?
marmonna-t-il, sans prendre garde qu'il suivait sa pensée tout haut.

Autour d'eux, Montmartre dormait ... comme il pouvait. Si nos deux zouaves semblaient être seuls dans leurs ruelles, à première vue, quelques cafés diffusaient encore la triste rumeur des noctambulismes ... et les riverains devaient bien faire avec. En vérité, Jean savait à peu près où il se trouvait - à peu près : comment oublier Montmartre quand ses cotes vous brisaient le corps ? Jean traînait un peu sur sa jambe, et râla :

- Montmartre, Montmartre, va t'faire fiche ! On peut prendre toutes les directions qu'ça monte toujours, c'est crevant. Tiens, trouve l'côté qui descend, on passera par là...

Hélas, le problème n'étaient pas que les ivrognes étaient avares d'indication, mais pour ce qu'on pouvait en faire, va t'faire lanlaire*... !

Citation :
* Nous refusons de traduire cette expression argotique, cela serait très malséant. Razz
N'hésite pas à me dire si je dois en rajouter, je t'ai ptête pas donné grand chose.


Dernière édition par Jean de Fréneuse le Lun 11 Fév - 23:18, édité 1 fois
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Elke von Herzfänger
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MessageSujet: Re: Va t'en me perdre où tu voudras   Dim 10 Fév - 11:51

Montmartre, et ses pavés. Fréneuse pesait sur son épaule ; en son sein, l'accablement. Le cœur de Ludwig battait fort, durement, à la lenteur de ses pas chancelants ; ses pas, qui se faisaient indociles, insolents, peinant sur ces pavés réfractaires ; peinant sous le poids de ses propres fantasmes, dissolus par cette coulisses découverte. Pantomime déchéante... déchéant pantomime... Comment sa cheville ne vacillait-elle pas, ne se tordait-elle pas sous le poids de cette carcasse de rêve ? Et ce cœur qui semblait asséner ses coups, éprouver sa propre force, comme s'il manquait de place dans cette cage dont il voulait briser les barreaux.

Et l'autre, ivre mort, qui suivait le cours de sa pensée plutôt que celui des rues.
- Louons le fait que ce soit un crescendo et pas l'inverse... Demain, le soleil ?

Ludwig bouillonne. C'est tout ce que tu trouves à dire, infâme parasite ? Tu oses m'offrir le décousu de tes pensées insensés !

- Montmartre, Montmartre, va t'faire fiche ! On peut prendre toutes les directions qu'ça monte toujours, c'est crevant. Tiens, trouve l'côté qui descend, on passera par là...

"Vous me faites honteux ! Vous dites des choses, c'est n'importe quoi ! Je honte que vous ne savez pas tenir le alcool ! Hier, ein Treppe, vous faites attention !"

Ils les conduisit par l'escalier, distrait, tant dans le port du lépidoptère qui lui tenait lieu de compagnie, que dans ses pensées, qui valsaient selon leur propre symphonie.


Dernière édition par Elke von Herzfänger le Lun 18 Mar - 4:10, édité 1 fois
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Jean de Fréneuse
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MessageSujet: Re: Va t'en me perdre où tu voudras   Lun 11 Fév - 23:46

Fréneuse fronça les sourcils lorsque son comparse perdit contenance. Il avait déjà du mal à rassembler ses idées, mais la colère ôtait à Herr von Herzfänger tout sens de la grammaire... Allez le suivre dans ces conditions...

- C'pas parce que vous y entravez rien qu'c'est n'importe quoi, mon p'tit ... Et parlez moins fort, vous ... allez réveiller les pauv'gens...

Contradiction des ivrognes : ils passent leur temps à parler trop fort, de leur voix mal assurée, et ils vous morigènent quand vous élevez le ton. Mais pendant un instant tout de même, Fréneuse garda le silence : il avait vu les escaliers, et il n'était pas assez gris - pas tout à fait assez - pour croire que ça serait une partie de plaisir. Comme un mauvais cheval, il renâcla - rua presque (?!) dans les brancards ... métaphoriquement, tout au moins :

- C'est justement c'que j'disais, mais c'par la route qu'y faut descendre ! J'arriverai jamais à tout ça, moi !

Mais le temps qu'il rassemble les mots nécessaires à sa protestation, le prussien l'avait déjà embarqué dans cet odieux périple. Jean descendit donc, doucement, marche à marche, avec une résignation étrange ... Des velléités de martyre, peut-être... ? De temps en temps, il voulait aller plus vite, reprendre un pas normal ... mais sa jambe le ramenait à la dure réalité - bien sûr qu'il n'avait pas assez bu ... ? Non, l'obliger à prendre les escaliers témoignait d'une absence complète de bon sens ... ou d'un sens très complet de la cruauté ... Une fois le premier escalier franchi, la grande silhouette s'arrêta, haletante...

- J'dirais pas non à un petit remontant - oj ça va, ça va, j'ai rien dit ... Mais tout de même, y'a que les allemands pour faire descendre les escaliers de Montmartre aux infirmes ... Et faute de grives, 'pas ... ? Souffrez que j'me donne un peu d'courage pour la suite.

Et il se mit à chanter un passage de La Vie parisienne ... La voix n'était pas mauvaise, mais la plupart des notes étaient fausses, hélas...
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Elke von Herzfänger
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MessageSujet: Re: Va t'en me perdre où tu voudras   Sam 20 Juil - 5:41

Comme une descente aux enfers, et la plus longue décadence qu’on eut jamais vu.  Fréneuse, s’éprenant de passion, jouait les martyrs que l’on mène au tombeau. Il osait même se plaindre ! Ludwig ruminait. L’on posa enfin le pied à plat mais la plainte reprit de plus belle.  Le bel arqueduc, duc arqué sous l’excessive ivresse, arquebouté dans sa belle boite aristocrate, réincarné en ivrogne du dimanche ; ce soûlard en somme, se piqua alors de chanter. En voilà un moment pour se lancer dans nos carrières échouées ! Hé quoi, l'Opéra, à cette heure, c'était fermé !

« Ah, vous me cassez le oreilles ! Arrêtez ça ! » Ludwig lâcha brusquement Fréneuse, le laissant à son équilibre précaire.

« Je boulloine* de rage ! Avec tout… vous avez bu tellement vous pouvez assommer un éléphant ! Vous avez, vous avez vraiment trop bu pour… Um Himmels willen! Vous êtes un homme de monde, vous ! Et regardez-vous ! » Il prit une pause, tant pour calmer l'affolement de son diaphragme que pour oser dire ce qui lui venait à l’esprit. Un moment d’hésitation, et puis…

« Vous êtes pitoyable ! Pourquoi vous me faites ça ? Est-ce que c’est comme ça qu’on doit se comporter en homme du monde ?! Mais redressez-vous à la fin ! »










* Ouaip. C'est comme ça qu'il m'est venu, c'est comme ça qu'il restera. Ah diable, ces étrangers qui n'savent pas parler correctement français ! On d'vrait tous les renvoyez chez eux, tiens !
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Jean de Fréneuse
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MessageSujet: Re: Va t'en me perdre où tu voudras   Ven 9 Aoû - 4:07

Je suis l'empire à la fin de la décadence
Qui regarde passer les grands Barbares blancs

A la requête de M. von Herzfänger, La Vie parisienne s'éteignit, presqu'honteuse, dans un point d'orgue malséant - et le compagnon haussa le ton plus encore, emporté par sa colère. Jean, laissé seul, vacilla... Sa jambe lui faisait mal et cela n'aidait pas... Il referma ses grandes ailes fatiguées et se posa sur le sol, sans envergure - s'asseyant sur les marches comme le plus simple des hommes...

O n'y pouvoir, étant si faible aux vœux si lents,
O n'y vouloir fleurir un peu cette existence!

Au vent mauvais, l'aristocrate ne répliqua guère... Point pour l'instant. Il semblait trouver un malin plaisir à demeurer là, rivé au sol - O n'y vouloir, ô n'y pouvoir mourir un peu ! Puis, comme pluie d'orage, les mots roulèrent soudain - comme son cœur, tombés dans le ruisseau. L’œil était presque clair - illuminé un instant par la foudre.

- Et pourquoi ne le ferais-je pas ? Vous êtes d'une présomption... ! "Vous faire ça", vraiment... ? Mais si votre soin vous coûte, Monsieur, je ne vous retiens pas... Simplement... Dites-moi, vous, comment qu'il doit se comporter, l'homme du monde. J'ai toujours cru que c'était à lui d'édicter les règles, mais j'ai dû m'tromper.

Mais au fond, les mots de l'allemand avaient fait mouche. Il y avait quelque chose de profond dans cette colère... Fréneuse chercha un temps sa dignité le long des rigoles, le long des pavés. L'horizon devant lui avait osé se briser - à perte de vue... Toujours aussi mal assuré, il se releva, sa grande main blanche agrippée à la rampe. Bégayant, sans assurance - la mémoire aussi vacillante que le reste :

- Ah! tout est bu, ouais ! Bathylle, t'as fini de rire... ?

Et d'un air las :

- J'me lève, voyez. Le reste suivra. Ce n'est pas un de Fréneuse qui faiblira, quoi qu'on en dît.

Mais Verlaine suffirait-il à apaiser votre courroux, M. von Herzfänger ?



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Elke von Herzfänger
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MessageSujet: Re: Va t'en me perdre où tu voudras   Mer 4 Sep - 6:36

A le voir s’effondrer, il lui sembla sentir son cœur se déchirer. Coup de masse sur le plexus, et c’est toute une conscience qui resurgit. Quoi, c’était donc cela le plaisir adulte ? Se noyer si profond dans l’ivresse qu’on s’en vautre sur le sol ? Se détruire si minutieusement qu’on en balaie ses principes et sa dignité d’homme ?

Des souvenirs comme des frissons le long de sa colonne lui apparurent sous la forme floue d’impressions désagréables. Des images de son frère. De ces images que l’on veut oublier, de ces images que l’on oublie. Il sembla rattraper la réalité à la main, et dissipa le brouillard de cette mémoire réinventée.

Son dégoût n’en fut que plus violent, et les mots de Fréneuse comme un souffle sur la braise :

- Et pourquoi ne le ferais-je pas ? Vous êtes d'une présomption... ! "Vous faire ça", vraiment... ? Mais si votre soin vous coûte, Monsieur, je ne vous retiens pas... Simplement... Dites-moi, vous, comment qu'il doit se comporter, l'homme du monde. J'ai toujours cru que c'était à lui d'édicter les règles, mais j'ai dû m'tromper.

Elke serra les poings, n’y tint plus, se sentit l’obligation de marcher un peu. Il restait près du duc cependant, marchant en rond, comme l’on dit. Cette situation était si invraisemblable. Il s’étonnait lui-même d’être si sanguin, d’avoir crié si fort, d’avoir parlé si franchement.  Certainement, c’était l’heure, certainement, c’était le désert alentour…  C’était le vin, c’était cet état second dans lequel gisait le géant ! Sans ça, il n’expliquait ni l’état du français, ni son emportement à lui.

Il changea donc de ton, mais il ne put refréner tout à fait son ressentiment, et quoique la grammaire lui fît défaut, le sarcasme lui, se goutait pleinement.

« Vous n’y étez pas. Vous dites c’est à vous de dicter le règles. Aber Herr Fréneuse, si c’est ça vos règles, ils sont méprisables. Si vous voulez vous saouler, et puis paraître un gros bœuf qui ne sait pas se tenir, c’est vous qui faites votre choix. Mais ne me embarquez dans vos, vos, vos sauteries * ! »

« Vous aimez descendre ? Eh bien, moi, je veux monter ! Ne me emportez pas dans votre sombre décadence ! »



* apparemment ce n’est pas le bon mot… Tant pis Very Happy
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Jean de Fréneuse
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MessageSujet: Re: Va t'en me perdre où tu voudras   Lun 7 Oct - 22:12

Sans doute Jean de Fréneuse n'était-il plus assez saoul pour ignorer l'affront qui lui était fait. Il écouta M. von Herzfänger épuiser sa colère – comme il s'écoutait épuiser sa patience, lentement, goutte à goutte. Le jeu était fini – claquement sec du couvercle de la boîte à malices. Hier, le monde – die Welt – avec ses guirlandes mauvais-genre, ses déceptions en cascade, ses verbiages incessants. Tandis qu'il parlait, Jean vacilla légèrement et eut un geste vague de la main, comme s'il souhaitait éloigner les pensées invasives, comme si, par la simple force de son autorité déclinante, il avait pu balayer le sens de ce qui était en train de se dire. Mais rien n'allait plus, comme l'on disait déjà à Deauville et à Monte-Carlo – ne restait plus qu'à révéler le dessous des cartes – attendre que la roue s'arrête.

- Je croyais que nous devions les descendre, ces escaliers, répliqua-t-il avec aigreur. Cependant...

Sa voix mourut... Il fouilla dans les poches de son pardessus, fit chanter quelques menues monnaies, sortit même une fleur – reliquat fâné de sa boutonnière – avant d'en tirer un bout de carton.

- Malgré tout le respect que je vous dois, Monsieur, je ne puis vous laisser parler ainsi. Puisque les convenances vous tiennent à coeur, jouons-les, ces convenances. J'exige réparation, Monsieur. Votre heure et votre lieu seront les miens. Et je vous fournirai des témoins dignes de confiance si vous manquez de relations prêtes à remplir cette formalité.

Sourire sarcastique.

- Décadence ou non, j'espère, Monsieur, que vous serez sensible à l'honneur que je vous fais.

Et il se mit à descendre les escaliers, guettant la réaction de son vis à vis. A plusieurs reprises, il fut prêt de manquer la marche mais les blessures de fierté vous dégrisaient mieux que tout le reste - hélas.
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MessageSujet: Re: Va t'en me perdre où tu voudras   Lun 4 Nov - 21:14

Statue de marbre, pieds bien ancrés au sol mais c'est à l'intérieur que tout vacille. La respiration est inégale et les épaules sont lourdes...

- Malgré tout le respect que je vous dois, Monsieur, je ne puis vous laisser parler ainsi. Puisque les convenances vous tiennent à coeur, jouons-les, ces convenances. J'exige réparation, Monsieur. Votre heure et votre lieu seront les miens. Et je vous fournirai des témoins dignes de confiance si vous manquez de relations prêtes à remplir cette formalité.

Sourire sarcastique. Un coup au cœur. Votre tir, messire, a déjà fait mouche...

Une moue dédaigneuse et un air détestable s'impriment sur son visage : pièces d'armure éparses que le prussien enfile en vitesse. Sans un mot, il prend entre ses doigts le carte de Fréneuse ; le silence pendant cet échange, de plomb comme une balle qui siffle - mais ce n'est que le vent.

Alors que le duc repart, en emportant-pièce sa fierté, Elke sans bouger, seulement en le regardant lui répond :
« Oui, Monsieur, c'est un honneur très grand que vous faîtes, et c'est un délicate offre : ce pourquoi, je ne peux accepter. » Il prit une pause, le temps d'inspirer l'air frais :
« Pour la heure et le lieu, je vous le communique avant le crépuscule. Monsieur. »

Il le salua et, se tournant, il gravit les marches de l'escalier.
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