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 [Mini-scénario] Du grabuge chez la Dauvais

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Antoine "Le Zozio" Viret
Si votre ramage se rapporte à votre plumage, vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois
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MessageSujet: Re: [Mini-scénario] Du grabuge chez la Dauvais   Lun 10 Juin - 8:38

Le ramoneur allait vite, certes, mais il jetait de temps à autre un oeil par-dessus son épaule. Il était hors de question de perdre les deux femmes alors qu'il venait tout juste de les sauver. Elles n'étaient pas encore sorties d'affaires.
La jeune cousette ne semblait pas au mieux de sa forme, tenant sa tête comme si elle allait exploser, mais elle tenait bon la cadence. Ce n'était pas le cas de la bourgeoise...

Il la vit ralentir de plus en plus, si bien qu'il crut la perdre, un moment.

"Continuez dans cette direction, et attendez moi au carrefour, on vous rejoindra !" dit-il à la jeune fille avant de se précipiter vers la femme du pharmacien.

Le drôle d'oiseau la vit tomber sur ce morceau de bois. La bourgeoise se releva d'elle-même mais... Elle saignait abondamment et ne semblait pas entendre les appels du Zozio ni le voir. S'était-elle également cognée la tête ?
Un petit objet traînait par terre, l'ancien voleur le ramassa par réflexe. Une bourse, évidemment. Elle devait appartenir à la bourgeoise.

"Madame, votre bo..."

Elle s'écroula dans les poubelles sans qu'il n'ait pu la retenir.
Il entendit des pas. Le Zozio tenta de la porter dans ses bras, mais il était trop petit, et elle trop lourde. Et la cousette les attendait plus loin. Il passa ses bras sous ses épaules et l'aida à marcher...

Cette malchance allait jouer contre eux tous.
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Pierrot Lunaire
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MessageSujet: Re: [Mini-scénario] Du grabuge chez la Dauvais   Sam 15 Juin - 3:40

Pendant un moment, notre trio parvint à avancer tant bien que mal, déjouant les pièges de la rue. Bientôt, sans doute, sortiraient-ils de ces ruelles inextricables, véritables coupe-gorges, vieux restes en marge des grands boulevards que le siècle suivant effacerait tout à fait... Parfois un bruit pouvait les alerter, leur faire presser le pas - ... autant que possible - mais ce n'étaient que mendiants et chiffonniers, qui les regardaient passer d'un œil torve... sans rien dire, murés dans leur monde. Un mendiant borgne cracha sur leur passage, un cul-de-jatte, sur un petit chariot, leur barra le passage, le visage fendu d'un rire lubrique... Une femme aux épaules larges, à la mâchoire dessinée, khôl forcé sur les yeux - était-ce bien une femme... ?! - les frôla sans prendre garde. Tout le Paris interlope semblait s'être éveillé autour d'eux et il chantait, lentement, son refrain à lui, sans prêter attention à ces intrus, sinon pour les fixer d'un œil hébété, surpris, parfois mauvais... Bientôt on s'éloigna des maisons trop hautes et trop étroites et des ruelles aux rigoles sales, où traînaient des ordures, le rebut des abattoirs - une tête de cheval vous contemple, là-bas, de son sourire équarri. La lumière semblait se purifier, s'éclaircir, l'atmosphère s'épurer...

...

- Hé, M'sieur, un coup d'main ? L'est salement amochée, c'te pauv' femme !

Une femme aux seins lourds, les cheveux sales et dénoués, emmêlés sur ses épaules, la chemise mal boutonnée - indécente, à l'odeur de fauve - s'approche vers vous. Et si elle est fort repoussante, aux yeux du monde idéal de notre Paris fin-de-siècle, c'est une véritable sollicitude qui se lit dans ses yeux.

- Oh mais c'est qu'elle saigne ! Al'va clamser si on fait pas que'que chose. De l'eau, M'sieur ? Y'a une fontaine pas loin, la ptiote peut t'en chercher.

Et elle désigne Agathe de sa main rouge, en allant chercher une chaise, une pauvre chaise toute dépenaillée, dans la maison en ruines qui semble être son chez elle. Pouvait-on décemment refuser ce geste de bonté, venu tout justement de celle qui ne possédait - pour ainsi dire - rien... ?

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Antoine "Le Zozio" Viret
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MessageSujet: Re: [Mini-scénario] Du grabuge chez la Dauvais   Sam 15 Juin - 7:17

L'ancien vagabond regarda la pauvrette. Fait assez rare, lui qui avait parcouru tout Paris, il ne l'avait jamais croisé. C'est plein de reconnaissance qu'il accepta son aide.

- Merci bien, madame. Vraiment, merci.

Il déposa la bourgeoise sur la chaise avant de se tourner vers la cousette.

- Mad'moiselle, vous n'semblez pas bien en forme non plus. Restez ici, j'vais aller chercher l'eau moi-même.

Et, malgré sa fatigue, il s'en alla rapporter de l'eau de la fontaine au plus vite... non pas s'en jeter un oeil méfiant régulièrement sur la rue et ses nombreux recoins. Un excès de prudence n'était pas si superflu, au vu des circonstances...
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Pierrot Lunaire
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MessageSujet: Re: [Mini-scénario] Du grabuge chez la Dauvais   Sam 15 Juin - 10:17

Hélas, le petit ramoneur avait raison de se méfier... La pauvre femme était rentrée dans sa masure afin de chercher un linge, afin de rafraîchir ces dames. Oh, pour sûr, elle espérait sans doute une petite pièce en récompense de sa conduite, mais elle ne pensait pas du tout à mal et n'aurait rien tenté contre les malheureuses... Le danger devait venir d'ailleurs. Car s'il était une chose à savoir, c'était que le danger pouvait revêtir tous les visages et se cacher derrière tous les masques...

Tandis que le Zozio était parti à la fontaine, au coin de la rue, pour puiser un peu d'eau claire, un rayon de soleil, timide d'abord, plus franc ensuite, surgit de dernière les nuages et enveloppa la scène de sa lueur chaude. Il caressa les pavés des rues alentours, la terre battue sur le seuil de cette maison misérable... réchauffant un instant les cœurs de nos trois égarés. Avec lui apparut un bonhomme étrange, serré dans un costume élimé. Son chapeau, lui, était flambant neuf et étincelait à la lumière... cela vous éblouissait presque. Il se dandinait, le ventre un peu bombé, les cheveux trop longs, l'air affable - l'air pas très concerné. Et puis quelque chose l'arrêta. Ses yeux s'écarquillèrent... il tourna les talons et son regard se posa sur Élise et Agathe, qui se reposaient à l'entrée de la masure. Il s'approcha d'elles. Les salua d'un grand coup de chapeau, l'air amical - et très bourgeois, malgré sa mise excentrique. Puis il parla, très vite - on ne l'entendit pas bien.

- Je n’ai jamais eu envie de tuer qu’après la vision de la tête d’un cheval, qui est devenue pour moi un signe, ou un ordre, ou très exactement un signal, comme le pouce levé dans les cirques, qu’il fallait frapper ; et de peur que vous souriiez... Non, je suis fatigué d'expliquer.

Le soleil se refléta sur le corps chromé d'un revolver. Un éclair ! Et l'éblouissement de la crosse étincelante vous assourdit.

... Mme de Béchameil s'écroula sur le sol. Le fou demeurait là. L'oeil hagard, sans choix, il avait pointé l'arme sur elle, comme il l'eût fait sur une autre. C'était la tête de cheval qui l'avait obligé. A l'intérieur de la maison, on entendit un grand fracas : la pauvre femme avait vraisemblablement brisé quelque chose... Elle poussa un grand cri - de déchirement plutôt que de surprise. Elle ne sortait pas. L'homme, enfin, commença à s'éloigner, avec son dandinement ordinaire, sa gidouille et son air pas très concerné. Il traînait une odeur de poudre - sinistre augure - dans son sillage. Il semblait se promener.

Ceux que vient visiter la Mort aperçoivent d’abord la tête du cheval. Et les homicides de la guerre sont nés de l’équitation.

Le danger avait tous les visages. En l'occurrence, ce n'était pas du visage noir de suie de la pauvre femme, ni de l’œil pourri du clochard ni même du regard d'envie des chiffonniers qu'il fallait avoir peur. C'était des rayons d'un soleil printanier et d'un chapeau brillant.

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MessageSujet: Re: [Mini-scénario] Du grabuge chez la Dauvais   Mar 30 Juil - 7:16

Un bruit. Assourdissant.
Coup de feu ? Un cri.
Lâcher le seau.
Courir. Vite.

L'homme, le soleil, le chapeau.
La bourgeoise, étendue, du sang. Trop de sang.
Un médecin ? Trop tard. Encore. Comme Emile. Pauvre Emile.

L'homme. Il s'éloigne.
Rattrapable.
Atteignable.
Ne s'en sortira pas comme ça.

Quelque chose de solide, à porter de main ? Un gros pavé. Fera l'affaire.

Courir. Vite.
Viser juste.
Lancer. De toutes ses forces.

Penser après. Seulement après.
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MessageSujet: Re: [Mini-scénario] Du grabuge chez la Dauvais   Mar 30 Juil - 7:16

Le membre 'Antoine "Le Zozio" Viret' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

'Réussite' :

Résultat : 4

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MessageSujet: Re: [Mini-scénario] Du grabuge chez la Dauvais   Jeu 29 Aoû - 1:37

Le pavé lui tomba sur l'épaule, l'homme vacilla... Bruit sourd de ses genoux sur les pavés. Dans la maison, on entendit un cri. La pauvre femme sortit, l'air hagard, ses yeux allèrent de la femme à terre au jeune homme, là-bas. Elle cria un prénom, mal articulé, puis... sembla se raviser, alla chercher des linges. Ses gestes étaient hachés, assez flous. Elle jeta presque une bassine au Zozio, avec un peu d'eau sale et des linges. Mince compensation pour soigner une morte. Pendant ce temps, le jeune homme se relevait... Il vacilla, reprenait déjà sa route, avec un bras blessé, qui pendait, tristement. La femme vous avais saisi le bras avec fermeté, vous fixant avec insistance.

- Faut s'occuper d'elle, maintenant, laissez-le. Il partira pas bien loin, j'vous l'assure... !

Bien sûr... Elle semblait étrangement sûre d'elle... et vous retenait comme insidieusement. Cependant, c'était avec sincérité qu'elle s'affairait auprès de Madame Béchameil, parlait à la petite cousette, l'air un peu fou elle aussi - petite cousette qui s'était enfuie en courant, sans demander son reste, et avait disparu... Peut-être cherchait-elle à ménager deux intérêts contraires, elle aussi - entre ce qui lui dictait son amour, et ce que lui hurlait sa conscience.

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MessageSujet: Re: [Mini-scénario] Du grabuge chez la Dauvais   Ven 11 Oct - 22:33

L'homme s'enfuyait.
La femme était étrange.
La bassine, l'eau, les linges, le Zozio n'en avait que faire. Il savait que cela ne servait à rien. Il lâcha tout. L'eau se répandait sur le sol et se mélangeait au sang,  se diluant au fur et à mesure de la course du liquide, teintant les pavés d'une couleur vermeille.

Le ramoneur se dégagea fermement du bras de la femme.
- .Tu n'as pas à me dicter ma conduite. !

La femme ne tint guère compte de ce qu'il dit, s'occupant de la cousette et de la... morte.

L'oiseau n'en menait pas large. Il vit la cousette s'enfuir. Il espéra qu'elle préviendrait la police. Lui était pieds et poings liés. Il ne pouvait pas contacter la Sûreté lui-même, il n'était pas déguisé. Il ne pouvait pas se permettre de tout perdre, alors qu'il venait à peine de se racheter une conduite. Et si le policier l'arrêtait, lui, pour tout ce qu'il avait fait ? Et s'il décidait que c'était le Zozio le coupable du meurtre ? Il était si facile, de nos jours, d'être décapité pour une erreur judiciaire...

Antoine regarda la bourgeoise, son teint cadavérique, ce rouge... cette teinte chromatique dominante de la scène. La même qu'à l'exécution de Sylvande. Elle le poursuivrait donc à jamais ? Etait-ce une malédiction de sa famille de militaires que de voir le sang couler sous leurs yeux ? Alors que lui-même n'en avait jamais versé...

Il aurait voulu rattraper l'homme. Le traîner devant la justice, le faire payer pour ses crimes.
Il préféra fuir.
Etre poursuivi par les souvenirs pour le restant de ses jours.
Regretter cette ultime acte de lâcheté jusqu'à la fin.

Spoiler:
 
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