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 I don't speak your language, oh no !

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Catharina de Fréneuse
L'enfant reconnaît sa mère à son sourire.
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MessageSujet: I don't speak your language, oh no !    Ven 12 Oct - 10:40

« Do you think I look fine, now ? » Murmurai-je en baissant la tête vers la petite tête blonde concentrée à résoudre des équations mathématiques. Il leva ses grands yeux bleus vers moi et hocha la tête, acquiesçant face à mon apparence générale. Être invitée par Madame Forestier à passer chez elle me rendait quelque peu anxieuse. Cela faisait quatre ans que j’habitais Paris et ce n’était que la première fois que moi, Catharina, et non pas mon ancien époux, était conviée chez une grande dame. L’on m’avait vanté le raffinement des salonnières, l’importance des gens qui les côtoyaient, pourquoi donc faire venir une simple et honnête mère de famille comme moi ? Ah, non, je devrais plutôt dire « Une nouvelle divorcée », car c’était bien grâce à cela que l’on entendait parler de moi, maintenant… Et j’ignorais si je devais m’en réjouir ou non. Néanmoins, je ne prenais pas pour un mal l’invitation de l’intimidante Anne-Marie Forestier et laissai la femme de chambre terminer d’ajuster ma tenue tout en aidant mon ainé à étudier.

Une fois arrivée à l’hôtel particulier, un domestique m’emmena jusqu’à un grand salon, prenant en passant mon châle et je la suivis de manière distraite, regardant les décors autour de moi. J’en conclus que les maisons de Paris se ressemblaient toutes, mais je ne possédais pas un œil très observateur. Je ne pris pas la peine de m’asseoir, parcourant la pièce sans grande curiosité, plutôt tiraillée à l’idée de revoir Anne-Marie à qui je n’avais pas dû faire bonne impression la première fois. Cependant, lorsque l’on me trainait dans un second salon, je fus surprise. L’avant-gardisme de Madame n’était pas que des paroles en l’air, et j’en avais la preuve. Un tableau attira tout particulièrement mon attention, il était peint de couleurs primaires, des teintes vives qui capturaient le regard. Malgré l’aspect attrayant de la peinture, je devinais mal ce qui était représenté. Je tournai d’abord la tête d’un côté, pour essayer de résoudre le mystère mais ces amas de tâches restaient mystérieuses. Je tournai un peu dans la pièce avant de prendre place sur un fauteuil et de patienter jusqu’à la venue d’Anne-Marie.

Lorsque la dame fit son entrée, je la regardai et étirai un sourire beaucoup plus présentable que ceux dont elle avait eu le droit à l’église, des mois plus tôt. Je m’approchai d’elle, doucement, à croire que la séparation avec mon époux m’avait redonné un brin de vie, de confiance. J’inclinai la tête « Bonjour, Madame Forestier, je suis ravie que vous m’ayez invitée. Comment allez-vous ? »
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Anne-Marie Forestier
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MessageSujet: Re: I don't speak your language, oh no !    Mer 17 Oct - 7:56

La Forestière était très occupée ces derniers temps. En plus de préparer avec beaucoup de passion sa séance de spiritisme qui serait à n’en pas douter un succès extraordinaire qui ferait parler d’elle un moment, elle se consacrait encore plus que d’habitude à tout ce qui se disait dans Paris. Tel acteur devenait de plus en plus connu et était porteur de promesse, un musicien d’un nouveau genre gagnait à être connu, un autre quand à lui avait fait scandale et s’il faisait parlait de lui pour le moment, allait surement tomber dans l’oubli disait-on... Pourquoi, autant d’effort ? Car, la perte d’un protégé laissait un vide dans l’organisation de son quotidien. Il fallait qu’elle trouve d’autres centres d’intérêt.

Et puis, un jour, elle entendit parler d’une jeune femme qui avait divorcée. Tiens... Voilà un évènement des plus incongrus qui faisait un petit scandale dans le grand Paris. Evidemment, cet évènement ne put qu’attirer l’attention de la Forestière. Mais, son étonnement fut décuplé lorsqu’elle fit le rapprochement entre cette inconnue et la jeune femme un peu fragile et timide qu’elle avait croisé à l’église quelques mois plus tôt : Catharina Ainsworth redevenue maintenant von Reutersvärd. Elle avait bien pressentie que cette femme avait du potentiel lors de leur première rencontre, mais elle se souvint aussi de la difficulté de la faire parler.

Et bien, voilà, elle savait comment occuper un de ces après-midi dans la semaine. Il fallait à tout prix qu’elle la revoit, qu’elle comprenne son acte et pourquoi pas soutenir cette femme, après tout n’était-ce pas très courageux de laisser son mari pour devenir une femme libre. Mais d’abord, comprendre, car elle ne pouvait pas mettre en péril sa réputation si cela n’en valait pas le coup. Aussi, elle décida de l’inviter chez elle.

La difficulté suivante si elle acceptait de venir, serait de faire parler Catharina. Et si elle était aussi bavarde que la fois précédente, il faudrait ruser... Et puis, il lui faudrait absolument se montrer sympathique, car il était plus qu’évident que Catharina était impressionnable et donc totalement impressionnée par la salonnière. Ne pas la brusquer, ne pas la faire fuir et surtout la laisser entrer dans son monde sans qu’elle se sente inférieure.

Ainsi, lorsque la jeune femme arriva chez la Forestière, elle fut amenée dans le salon où elle accueillait habituellement les membres de son cercle, le salon qui faisait sa réputation dans Paris, un salon bien sûr où seuls quelques privilégiés étaient invités régulièrement. Mais, il lui semblait bien de faire de Catharina une privilégiée pour en savoir plus de sa situation.

La Forestière entra alors dans la pièce où était Catharina et à son grand étonnement, ce fut la jeune femme qui parla la première. Et bien, cela simplifiait grandement les choses.

«Je suis heureuse de vous accueillir. Je me porte très bien et vous même ? J’espère que vous n’avez pas eu de mal à trouver.»

Elle lui offrit un sourire franc que peu avait l’occasion de voir. Elle l’invita ensuite à s’assoir sur un des fauteuils près de la fenêtres et vint elle-même s’installer en face. Tandis qu’une domestiques arrivait avec un plateau avec du thé et des biscuits, la Foresrière reprit alors :

« Je vous aurai bien invitée plus tôt, mais il fallut que j’attende qu’on parle de vous pour trouver comment vous contacter.»

Elle ponctua cette phrase par un rire court. Elle espérait que cette façon d’aborder le sujet qui l’intéressait n’était pas trop abrupte. Et puis, il n’y avait aucun mensonges dans cette phrase car, dans son souvenir, elle avait déjà inviter la jeune femme à venir la voir lors de leur rencontre à l’église, elle lui avait même donner son adresse. Dommage qu’elle ne soit pas venue la voir plus tôt !
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Catharina de Fréneuse
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MessageSujet: Re: I don't speak your language, oh no !    Ven 19 Oct - 14:30

J’hochai négativement la tête. Il était plutôt difficile de manquer un bâtiment aussi imposant qu’un hôtel particulier et surtout celui de la grande et reconnue Forestière. Si l’extérieur était typique des nouvelles architectures d’Haussmann, ainsi que l’entrée et quelques autres pièces que j’avais pu entrevoir, ce salon n’avait rien à voir. Tout à fait à la hauteur de la réputation de madame, très en avance sur son temps sans jurer d’une manière choquante. Si certaines peintures accrochées aux murs ne semblaient rien signifier –un amas de couleurs et puis c’est tout- elles n’en attiraient pas moins l’œil. « Très bien également, et je vous assure que je suis parvenue ici sans encombre. » Une chose n’avait pas changé chez moi, depuis notre première rencontre : l’accent, accompagné d’une voix faible et douce.

Je regardais rarement les ornements et décorations d’une pièce. Une mauvaise vue doublé d’un regard souvent en biais vers le sol ne s’y montrait pas favorable mais, aujourd’hui, je me surpris à lever les yeux vers les cadres, les statues, les petits trésors que couvaient Anne-Marie et qui faisaient sa réputation. Je la suivis près de la fenêtre, m’asseyant au bout du fauteuil. « Maintenant que mon divorce m’a fait connaitre, vous arriverez à me contacter et ce, même si je suis à Tromsø*. » Je me servis du thé que la domestique venait d’apporter, portant lentement la tasse à mes lèvres. Je levai les yeux vers Anne-Marie, curieuse de sa réaction. Je me doutais qu’elle tenterait d’apporter le sujet de mon divorce –tout le monde le faisait, c’est si nouveau !- mais, n’étant pas d’un naturel bavarde et en ayant déjà dit suffisamment, je ne m’imaginais pas débuter là-dessus. Si pour certain m’émanciper de mon si peu délicat époux était une preuve de grand courage, pour moi, il s’agissait uniquement d’un moyen efficace pour faire grandir mes enfants dans un univers meilleur. J’avais toléré, pendant plus de six, ces violences physiques indignes de l’homme qu’il était pour la ridicule et simple raison qu’un divorce prononcé trop tôt m’aurait arraché définitivement mes enfants, mais cela, je ne le vantais pas, demeurant la douce et courageuse épouse s’étant opposée au patriarche.

J’en vins à me demander pourquoi se tenir ainsi contre son mari semblait si avant-gardiste. En Suède-Norvège, j’aurais agi de la même façon, et peut être même aurais-je eu droit aux biens qui m’appartenaient. Quelques mois avant de divorcer, j’eus la force de sacrifier joaillerie et objets de valeur à une telle marchande pour me faire suffisamment d’argent au cas où les choses tourneraient mal. Qui sait lorsque Marie-Gilbert me fichera, moi et mes enfants, à la porte ? Elle qui venait tout juste de marier sa fille se retrouvait maintenant avec cinq nouveaux enfants !

Tripatouillant un biscuit, je regardai distraitement par la fenêtre, m’adressant en même temps à madame Forestier « Je n’ai pas oublié l’invitation que vous m’aviez donnée à l’église, Madame. Seulement, je n’ai pas pu vous contacter par la suite. » Se présenter chez une grande dame toute en faiblesse et soumission, image pathétique.

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Anne-Marie Forestier
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MessageSujet: Re: I don't speak your language, oh no !    Sam 20 Oct - 4:26

La Forestière écouta attentivement la jeune femme en faisant un effort pour laisser de côté ses préjugés et critiques. Non, elle ne serait pas ironique et moqueuse aujourd’hui, du moins pas avec Catharina ! D’ailleurs, la jeune femme semblait aussi gênée que la première fois qu’elles s’étaient rencontrées, mais semblait se donner du mal pour montrer une bonne image d’elle-même et surtout pour parler. Cependant, sa dernière phrase sembla assez étrange et la Forestière n’attendit pas pas plus longtemps pour réagir.

«Vous n’avez pas pu ? Vous parlez comme si vous étiez prisonnière.»

Elle s’apprêtait à rire, mais se retint, et finalement, elle ne sut pas vraiment comment ponctué sa phrase, car si sa remarque était vraie, en rire serait très déplacé. En effet, même si elle s’était un peu renseignée sur la situation de Catharina, la Forestière ne connaissait pas les vraies raisons qui l’avaient poussées au divorce. Les rumeurs allaient bon train et dans tous les sens, certains disant même que c’était son mari qui avait en fait décidé de divorcer car elle le trompait ! Ce qui semblait assez peu probable lorsqu’on voyait Catharina... Aussi le mieux était de revenir à un sujet plus simple pour le moment. Il serait assez maladroit de lui demander de but en blanc les raisons de son divorce. Elle choisirai la douceur pour la prochaine fois qu’elle aborderai le sujet épineux, se promit-elle. Il était assez difficile pour Anne-Marie de faire preuve de délicatesse car en société, elle est plutôt du genre à lancer des piques et à mettre en avant les points les plus embarrassants de chacun, toujours dans le but ultime de se faire remarquer. Elle reprit donc, comme si la phrase précédente n’avait pas été prononcée :

«Vous comptez donc retourner dans votre pays d’origine et quitter Paris ? En tant que Parisienne de naissance, vous m’en voyez bien triste. J’espère que vous garderez un beau souvenir de cette ville malgré tout.»

Elle chercha rapidement dans sa mémoire pour savoir si elle connaissait Tromsø, mais elle du se rendre à l’évidence, elle ne connaissait pas grand chose des pays scandinaves.

«Vous irez à Tromsø ? Pardonnez mon inculture mais je ne sais pas du tout où cela se trouve cette ville. C’est votre ville de naissance ?»

Il était bien rare de voir la Forestière avouer son ignorance ! Si, elle l’admettait aujourd’hui sans soucis, c’était bien parce que la jeune femme devant elle semblait si fragile et si peu bavarde qu’elle ne se méfiait pas de ce qu'elle pourrait dire par la suite. Elle doutait même qu’elle ne parle autour d’elle de leur entrevue. Ce point lui paraissait déjà un peu plus gênant. Si elle rencontrait Catharina aujourd’hui c’était bien pour qu’on sache qu’elle soutenait cette nouvelle divorcée, mais si c’était elle qui s’en vantait, l’intérêt serait moindre. Cette dernière constatation la perturba beaucoup. Il fallait qu’on la voit prochainement en public avec la jeune femme, sinon les efforts pour être amicale avec elle seraient un peu inutiles.

Elle fut bientôt arrachée de ses pensées par la douce voix de la jeune femme qui répondait à ces dernières questions.
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Catharina de Fréneuse
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MessageSujet: Re: I don't speak your language, oh no !    Lun 22 Oct - 12:27

Je levai la main et lui fit un geste, chassant l’idée de prisonnière. « Pas tout à fait. » M’enchainer à une chaise et m’y laisser des journées entières avait sans doute traversé l’esprit de mon ancien époux à maintes reprises. Il était si contrôlant, si écrasant, comme s’il craignait ma fuite lors de l’une de ses sorties. Pourtant, j’étais toujours là, sage et patiente. Je n’avais jamais quémandé de sortie, il me mettait à la porte pour quelques heures de lui-même, m’hurlant que sa réputation en prendrait un coup si je demeurais enfermée comme une sœur au cloitre.

« Nei, pardonnez-moi, ce n’est pas ce que j’ai voulu dire. » Étirant malgré tout un sourire amusé, me redressant sur mon fauteuil. Quitter Paris ? L’idée avait traversé mon esprit à plusieurs reprises. Il était plus facile d’être femme en Suède-Norvège. La France se montrait dure face à celles qui mettaient au monde les hommes de sa société. Je pourrais vivre seule, posséder mon propre argent et envoyer mes enfants –tous les quatre !- à l’université mais… La France avait un petit je-ne-sais-quoi qui, aujourd’hui, faisait en sorte que je m’y trouvais toujours. « Je compte rester à Paris, peut être retournerais-je en Suède-Norvège, un jour, mais ce n’est pas dans mes projets. » Si Anne-Marie connaissait Tromsø, ou du moins où la ville se situait, j’aurais chanté ses louanges et embrassé ses pieds mais, -heureusement pour ma dignité- hélas, non. Je la jaugeai du regard, tentant de me faire un jugement. Ennuierais-je Madame Forestier si je lui donnais une réponse trop longue ? Je dénouai mes doigts, m’en servant comme repère à notre hauteur. « Here, il y a Paris, et là, Kristiana*. Plus haut, à quelques jours de Kristiana, il y a Tromsø. » Mes explications étaient plutôt brouillon, à vrai dire mais, l’important était qu’Anne-Marie comprenne que Tromsø était très loin de Paris. Je baissai mes mains, jugeant que j’avais fait de mon mieux, et continuai « Je n’y suis pas née, mais c’est une ville que j’aime beaucoup. Je viens plutôt de Lofoten*, c’est un peu plus au sud, en bord de mer, se sont des îles. »

Je lui laissai le moment d’assimiler les informations. Si les choses hors du commun plaisaient à Madame, elle pourrait dorénavant se vanter de connaitre une femme venant de l’extrême nord du globe. Dans l’espoir de, peut-être, la fascinée, j’ajoutai « J’ai été surprise, en habitant en Angleterre puis à Paris, car c’est très différent mais, dans ces deux villes, l’été, le soleil ne se couche pas, et en hiver, il surgit à peine de l’horizon. » Dans le sud, le soleil se levait tous les jours et disparaissaient à chaque soir. Lors de mes séjours à Kristiana, j’arrivais à m’en accoutumer, mais une fois mariée, j’avais été surprise de voir que, tous les jours, ce phénomène se reproduisait. Je supposai que, plus il faisait chaud, plus les journées étaient longues mais, peut-être que les deux n’avaient aucun lien. Très peu informée sur le sujet, pendant longtemps je m’étais postée à ma fenêtre pour voir le soleil monter et descendre. Maintenant, je m’en étais accoutumée, nullement impressionnée.

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Anne-Marie Forestier
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MessageSujet: Re: I don't speak your language, oh no !    Mar 6 Nov - 7:52

La Forestière fut très déçue que Catharina ne s’attarde pas sur sa condition de «pas tout à fait» prisonnière. Voilà un sujet qui l’aurait «tout à fait» intéressé, c’est d’ailleurs rappelons le la raison de l’invitation... Mais elle ne se décourageait pas car il semblait que la jeune femme était plus encline à parler d’elle et à se dévoiler que lors de leur première rencontre. Voici un très très bon point pour la savonnière avide d’enfin découvrir la vérité sur la relation de Catharina et son mari. Certes, les raisons seraient sûrement bientôt dévoilées, on ne gardait pas un secret aussi gros bien longtemps sur Paris, mais elle, elle l’aurait appris de la bouche même de son «amie».

Aussi, Catharina se lança dans l’explication de la géographie de la Suède-Norvège. Non que ce sujet soit sans intérêt, mais les gestes flous de la femme ne faisait que rendre le sujet plus complexe qu’il ne l’était. Etait-il si difficile de situé Tromsø ? Enfin, peu importait, elle compris bien vite l’essentielle de cette explication, cette ville était loin de la capitale française. Et puis, la façon de parler de Catharina avait un petit quelque chose de très touchant, et oui l’amour de la Forestière pour les étranger était plus fort que ses préjugés et sa mesquinerie. Aussi, la Forestière sourit aux explications de Catharina pour l’encourager à continuer.

Et les premières indications intéressantes tombèrent. La jeune femme était née en bord de mer en Suède-Norvège, elle avait ensuite habité en Angleterre, pour suivre son mari supposa la Forestière, pour enfin terminer à Paris. Et la petite anecdote qu’elle ajouta ne fit qu'attiser la curiosité d’Anne-Marie.

Un endroit où le soleil ne se levait pas. Elle en avait brièvement entendu parler mais elle ne pensait pas que des gens y vivait réellement, en tout cas, pas des gens normaux. C’était pour elle un lieu d’exil pour les vieux fous en mal de vivre, non pas pour des familles et encore moins pour une jeune femme si douce et timide comme Catharina.

«Quelle joie de savoir que vous resterez ici, je pourrai alors connaitre d'avantage de la personne pleine de surprises que vous êtes. Et puis, j’ajouterai qu’un peu de soleil chaque jour ne peut pas faire de mal !»

Elle laissa échapper un rire bref. Elle ne s’était jamais vraiment attarder sur le lever et le coucher du soleil, elle n’était sûrement pas assez artiste ou mélancolique pour ça. Elle comptait justement sur ceux qu’elle parrainait pour avoir ce genre de préoccupations, mais elle admettait sans problème que cela pouvait être très étrange de vivre une journée sans jour.

«Mais, vos enfants ont-ils vécus dans cette ville aux hivers noirs et aux étés sans soirées ? Si ce n’est le cas, ce serait un sacré choc ! Je ne sais pas quel âge ils ont, mais mes fils lorsqu’ils étaient plus jeunes avaient une peur bleue du noir, alors je n’imagine pas une journée sans soleil.»

La Forestière ne parlait que très peu de ses fils, d’ailleurs, elle était sûre que certains pensaient qu’elle n’avait pas d’enfants. Elle n’était pas du genre casanière, à rester avec ses petits à la maison, et elle était persuadée que la pension leur offrirait les meilleures conditions pour l’avenir, mais elle était quand même leur mère, et avait du supporter de longues années leurs cris et leurs peurs !
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Catharina de Fréneuse
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MessageSujet: Re: I don't speak your language, oh no !    Jeu 8 Nov - 8:36

Les rumeurs ayant parvenues jusqu’à mes oreilles me décrivaient une Forestière hautaine et méprisable, entourée de faire-valoir qui trainaient à ses pieds en les léchant que pour entrer dans ses bonnes faveurs et espérer qu’elle parle d’eux en bien. Ces mots auraient dû me dissuader, même qu’ils correspondaient à ceux qui qualifiait mon ancien époux mais, Anne-Marie, telle qu’elle se montrait devant moi aujourd’hui paraissait attentive, délicate, presque sympathique. Mes critères pour juger les gens avaient-ils été affectés ou les rumeurs entendues n’étaient-elle pas le résultat de la haine et la jalousie de tiers ?

Parce qu’il était évident qu’Anne-Marie Forestier n’était une femme hypocrite.
Les hypocrites attisaient mon agressivité et mon antipathie, ils étaient des menteurs.
Qu’est-ce que je détestais les menteurs.

Je bougeai la tête, fin sourire aux lèvres. Mon expression était naïve, comme si j’accordais une importance surréaliste au lever du soleil. Cependant, je fus étonnée qu’elle parle de moi comme d’une personne pleine de surprises. À mes yeux, j’étais une femme tout à fait normale. À ceux de monsieur Ainsworth, j’étais une hystérique. Mais à ceux de Madame, visiblement, j’étais surprenante. Si vivre selon des principes différents et avec des passe-temps autre que les siens était être pleine de surprise, pour sûr, elle ne serait pas déçue. Je marmonnai ensuite, comme pour approuver « Oui, du soleil chaque jour c’est très bien… »

Elle toucha le point sensible : Mes enfants. Je redressai les yeux vers elle, comme piquée et étirai mes lèvres. « Oh, je ne savais pas que vous aviez des fils ! » Si certains collaient Anne-Marie pour les étranges peintures qu’elle accrochait sur ses murs et sa notoriété, ce qui avait attiré mon attention, chez elle, était ses enfants, tout bêtement. « Nei, malheureusement, je n’ai jamais pu les y emmener… J’adorerais ! Et heureusement, ils n’ont pas spécialement peur du noir, c’est assez curieux. » Je fronçai les sourcils, comme j’étais moi-même septique face à leur courage dans la nuit. « Disons qu’ils comprennent que le soleil aussi à besoin de dormir… ou quelque chose comme cela. Ils ont beaucoup d’imagination. » Autant d’imagination qu’un enfant pouvait avoir. « Mais, ne pas voir le soleil se lever n’est pas si choquant, enfin, il me semble. Il y a pire que la noirceur, et le paysage est suffisamment magnifique pour qu’on l’oublie ! »
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MessageSujet: Re: I don't speak your language, oh no !    Mer 19 Juin - 0:24

Il sembla que la Forestière avait éveillé la curiosité de Catharina en évoquant ses enfants. D’un coup son regard s’illumina et pour la première fois, elle aligna plusieurs phrases sans pause ni hésitation. Et bien, il était temps, pensa Anne-Marie. Un autre problème immédiat surgissait cependant, elle n’avait pas grand chose à dire de ses fils... Du moins, pas dans ce genre de conversation. Bien sûr qu’elle les aimait, quelle question, mais jamais elle n’aurais cette pointe d’admiration comme Catharina en parlant de ses enfants. Sa vie était bien trop remplie et intéressante pour qu’ils deviennent le centre de ces conversations. 
Tandis que la Forestière se préparaient mentalement une réponse à Catharina, cette dernière faisait un pas en arrière. Voici qu’elle reparlait du noir de son pays nordique. Et bien, il était assez clair qu’elle n’avait pas de don pour être intéressante et relancer une conversation. Jamais la Forestière ne s’était retrouvé dans une situation telle ou elle devait  à la fois trouver des sujets de conversations mais aussi en imaginer les réponses possibles pour être sur qu’il y aurait une suite. Habituellement les gens faisaient des efforts et surjouaient leurs réponses pour paraitre plus intéressants qu’ils ne l’étaient. Mais pas Catharina Peut-être était-ce ceux-là que l’ont appelle des gens simples ou authentiques. Et  bien, ce n’était aucunement une qualité.
Elle fit cependant l’effort que Catharina aurait du faire, et relança une fois de plus la conversation : 
«Je me ferai un plaisir de les recevoir, croyez-moi. Je ne vois que si peu mes fils que ce sera une joie d’avoir des enfants dans cette grande maison.»

Un beau mensonge pour la flatter un peu. Cette grande maison se porter mille fois mieux sans enfants, et c’était bien pour ça aussi qu’ils étaient très bien loin d’ici en pension. Ils avaient suffisamment de temps pendant les vacances pour manifester leur présence pour au moins toute l’année. 
Alors qu’elle s’apprêtait à redire une autre des ses phrases mielleuses mais sans intérêt, Marielle entra doucement dans la pièce, salua Catharina d’un signe de tête et d’un sourire et se dirigea vers sa patronne. Dans un murmure qui ne serait certainement pas entendu de l’invitée, elle lui annonça que son notaire était dans le salon et avait une affaire importante à traiter avec elle. 
La Forestière regarda Marielle avec un regard allant de l'inquiétude à l’agacement. Elle n’avait aucunement atteint son objectif avec Catharina et voilà qu’une affaire urgente la coupait en plein vol. D’un autre côté, il fallait avouer que c’était un peu une libération d’avoir une bonne raison de la congédier, si elle voulait en faire sa prochaine bête de foire, elle n’intéresserait personne très longtemps, pas assez dynamique ou bête. Tant pis.

La Forestière leva alors le regard avec son invitée. 

« Il semblerait qu’une affaire importante m’attende dans mon salon.»

Elle soupira. «Je m’excuse platement pour cette interruption. J’avais pourtant bien préciser que cette après-midi je n’étais pas disponible, mais les urgences arrivent toujours aux mauvais moments !» Elle rit

«Marielle, je vous laisse le soin de reconduire notre chère amie.»

Elle lança ensuite un sourire à Catharina.
 
«Ce fut bref mais vraiment plaisant de vous avoir ici, Madame von Reutersvärd. J’espère que vous pourrez repasser très vite. Je ne manquerais pas de vous contacter pour une des mes prochaines soirées.»

Une phrase toute faite pour conclure le tout. 

«Veuillez m’excuser.»

La Forestière fit une courbette rapide et quitta la pièce pendant que Marielle l’attendait en souriant pour l’accompagner à la sortie. 


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