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 [Petit Scenario] Ce n'est que le début

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Elke von Herzfänger
Un jour je serais, le meilleur dandy, je moustach'rai sans répit
Elke von Herzfänger

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MessageSujet: [Petit Scenario] Ce n'est que le début   [Petit Scenario] Ce n'est que le début EmptyMar 20 Mar - 11:03

« Ce n’est que l’début ! »

La phrase résonnait encore entre ses tympans. Le d’Harcourt avait explosé depuis quelques jours déjà, et depuis, il ne dormait presque plus. Beaucoup de choses se mélangeaient dans sa tête, en premier lieu, c’était un évènement sans pareille dans sa petite et courte existence, et à chaque fois cette pensée réapparaissait dans son crâne, il était soudain envahit d’une immense angoisse ; une angoisse qui le prenait jusqu’aux entrailles et alors il ne pouvait empêcher son cœur de battre si fort. Il ressassait alors sans cesse l’idée, la simplement douloureuse idée qu’il eût pu mourir, s’il s’était trouvé plus près de la bombe. Qu’aurait-il fallut, hein ? Deux petits mètres ? Et encore… il ignorait comment il avait pu survivre, et depuis lors, plus rien ne semblait égal. Il lui semblait voir la mort en tout endroit, dans les rats écrasés au coin des caniveaux, dans les feuilles qui tombent, et même, au fond, au fond des yeux de tous, au creux de leur sourire ; et lorsque le soleil déclinait, il lui semblait atrocement le voir se figer dans son sang.

Alors il ne pouvait trouver le sommeil. Il avait l’impression que chaque souffle était un souffle de plus vers son trépas, comme si la mort lui tendait les bras à chaque ruelle, alors qu’il agitait les siens pour crier au secours : mais personne ne venait… dans cette chambre vide, il était esseulé. Au sommet de l’angoisse, il finissait par appeler le service de nuit, simplement pour se rappeler que les hommes existent.


Il y avait maintenant plusieurs jours qu’il était dans cet état, et on ne l’avait jamais vu le teint aussi pâle. Petit à petit cependant, alors que la phrase de Renaud Berger tournoyait dans sa tête, et avec son cri, les notions vagues de commune et de révolte, il naissait dans l’esprit du jeune Ludwig des idées tout à fait prodigieuses. Elles étaient pourtant si nébuleuses à présent que lui-même aurait été incapable de les formuler à voix haute et encore moins de les articuler. Mais il sentait quelque chose monter en lui, quelque chose croitre. Une force, une chaleur presqu’imperceptible se propager dans son ventre et jusqu’à son encéphale. Ce n’était que le début, en effet, d’une ère nouvelle dont il voulait faire part.

Mais il y avait toujours ce problème de relation, Ludwig en avait noué quelques-unes mais aucune qui lui fut utile de près ou de loin pour l’ébauche de projet qu’il avait. Il ne savait pas où aller. Il se demandait s’il existait sinon des livres, des librairies – peut-être était-ce utopique – du moins des lignes à propos des anarchistes ou même de la commune. Bien sûr, il lui faudrait passer à la bibliothèque, il fallait voir large : la commune n’était pas le premier ni le seul mouvement de révolte humain – il se sentait particulièrement intéressé par les soulèvements de l’âme humaine...

Pourtant, il n’avait pas envie de lire ce matin. Il avait songé toute la nuit aux quelques soirées mondaines, aux rencontres qu’il avait fait jusqu’alors. Il repensa à l’Eden théâtre, et à de Fréneuse, qui semblait si las en pointant du doigt toutes ces têtes connues. Il devait reconnaître que jusqu’à présent il n’avait été entouré que de gens du beau monde : il ignorait à peu près tout des gens qui se révoltent vraiment, et par ailleurs, il n’était pas féru de lecture. Il reconnaissait que c’était un mal nécessaire mais rechignait toujours à s’y atteler… alors voilà ce qu’il allait faire : il se toiletta, se vêtit, pris sa canne épée et mis bien en place son haut de forme. Enfin il sortit et, à pied, fit la longue route qui le séparait des bas-fonds, à l’air frais de cette matinée de mars, les idées palpitant dans sa boite crânienne.

Il pénétra enfin dans ces quartiers où un jeune homme de sa stature ne devrait jamais s’aventurer. Elke ne fit pas tant attention à l’état des rues ou des immeubles, son regard se plantait invariablement dans celui des envieux qui tous lui renvoyait des sentiments très négatifs. Le garçon n’était pas à l’aise du tout et il serrait sa canne comme jamais, cependant il ne leur voulait aucun mal, il n’arrivait même pas à les mépriser. Enfin, le croyait-il, car il y avait dans ses yeux une curiosité malsaine qui était ici et somme toute une cousine éloignée de la condescendance. Il était néanmoins sincère dans la compassion qu’il éprouvait pour la misère qu’il vit et bientôt il marcha les yeux baissés.

Il avait d’ailleurs les prunelles si bien rivées au sol qu’il ne vit même pas la pancarte crasseuses de l’hôtel devant lequel il passa…
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Cyrus Holland
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MessageSujet: Re: [Petit Scenario] Ce n'est que le début   [Petit Scenario] Ce n'est que le début EmptyDim 25 Mar - 2:42

Paris est vaste. C'est un de ses charmes, bien sûr, la diversité de panoramas qu'elle offre au regard selon que les pas se portent vers les beaux quartiers ou les campagnes environnantes, mais c'est aussi un de ses défauts : l'étranger en goguette sera vite perdu par le dédales de rues et de boulevards tous si semblables dans leur différence. Que l'étranger en question soit un habitué de la ville n'entre pas en ligne de compte puisqu'il suffit d'une petite erreur pour se retrouver irrémédiablement perdu, errant à travers l'inconnu de rues nouvelles, et qu'on finit bien vite par se prendre au jeu de la découverte. C'est ainsi que l'on trouve quelques merveilles que l'on n'oublie plus jamais – ou, au contraire, qu'on ne retrouvera que dans ses rêves – et que l'on rencontre la vraie ville, la vraie Paris, celle qui se cache sous le fard luxuriant que les salons vendent en permanence.

Cette Paris, je m'en passerais volontiers.

Mille discours idylliques ne suffiraient à apaiser ma déconvenue. On peut bien se perdre et flâner agréablement dans de charmants coins inconnus de celui qui ne s'attarde pas, ce n'est pas mon cas, et mon envie de flâner en ces lieux est tout à fait inexistante. Si encore la nuit était venue et qu'un chapeau dissimulait mon visage, peut-être ne rechignerais-je pas tant à l'idée de me trouver si près de fumeries d'opium et d'hôtels de passe, lieux qui ne me sont pas si inconnus que je veux bien le prétendre, mais la journée est encore bien trop jeune pour utiliser de tels subterfuges. Qu'on me surprenne dans ces parages et ma réputation est ruinée, anéantie, jetée à terre par une infamie dont jamais je ne saurais me dépêtrer. Ou quelque chose d'approchant.

Me voici donc dans les quartiers les plus pauvres et les plus sordides de Paris, du moins à ma connaissance. Jusqu'ici, je me suis fait une règle de ne jamais m'éloigner des lieux acceptables pour moi dans cette ville, me refusant toute audace qui aurait pu me perdre. À Londres, ma réputation n'est plus que douloureuses insultes à mon encontre et parfois silencieuses admirations, il serait donc de bon ton que je ne réitère pas mes erreurs ici. Me tenir éloigné des fumoirs et des femmes de petite vertu n'est pour l'instant pas bien compliqué, quoique le désir de les retrouver me titille parfois, cependant le destin se joue de moi et m'y renvoie alors que je souhaite par-dessus tout m'en défaire. Diable. On a pris le voile et la croix pour moins que ça.

Je ne reconnais pas les lieux et la seule indication que je pourrais avoir est celle de la pancarte d'un hôtel, indiquant qu'il s'agit d'un hôtel d'« argousins ». Mon français est excellent, j'éprouve un certain plaisir à le dire, mais seulement le français que je peux utiliser avec force tournures de phrase élégantes sorties de livres passés de mode depuis vingt ans ; inutile de préciser que mon argot est tout à fait limité, il en va de même concernant le langage courant. Je n'ai donc pas la moindre idée de ce qu'est un argousin et je n'ai aucune envie d'entrer ici pour le savoir.

Il ne me reste plus qu'à aller vers quelqu'un demander mon chemin.
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Pierrot Lunaire
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MessageSujet: Re: [Petit Scenario] Ce n'est que le début   [Petit Scenario] Ce n'est que le début EmptyMar 27 Mar - 7:14

Il est des hasards qui vous desservent : celui qui allait réunir deux visiteurs étrangers dans les bas-fonds de Paris fut de ceux-là. Laissez-moi vous conter la chose ... Dans ses prospections, M. von Herzfänger passa devant l'hôtel des Argousins - lieu fort respectable ! - et glissa sur un papier laissé sur le sol, comme par hasard. Lorsqu'il baissa les yeux pour voir ce qui eût pu causer sa chute - ou ce qui la causa en effet, c'est à lui de nous le dire - il put remarquer que ce n'était ni un cornet gras de frites (six sous ma bonne dame !) ni une vieille pelure de fruits, mais un feuillet passé sous presse, presque encore intact - n'était la trace du soulier de notre brave allemand. Intrigué, celui-ci le ramassa et se mit à lire ...
    La clairvoyance de la maréchaussée a encore été mise à l'épreuve hier soir alors que le bon commissaire Melon et ses gaillards ont opéré une vaste opération coup de poing à la Lanterne Rouge, selon un dénonciateur anonyme (Un honnête citoyen à n'en pas douter) les responsables de l'attentat qui a secoué Paris ces dernières semaines y auraient leurs habitudes.
    Avec leur délicatesse et politesse habituelle la police a arrêté Mme Marie, une sainte femme que nous connaissons tous ainsi que trois clients. L'un d'eux a été relâché peu après, dans les milieux autorisés on s'accorde à penser que son lien de parenté avec not' bon préfet n'est pas anodin à la soudaine douceur de Melon et ses hommes.Bien entendu aucun indices liant la dite maison avec l'attentat n'a pu être découvert et le commissaire Melon n'a pas souhaiter se prononcer quand à l'utilité de cette démonstration de force.
    Plus que jamais camarades c'est à la prudence que nous vous appelons en attendant que les mauvais jours finissent.

[Petit Scenario] Ce n'est que le début Polici10
L'article qui lui était tombé sous les yeux était signé Gérard Lambin,mais pouvait-on faire confiance aux noms que l'on mettait dans les brochures clandestines ... Car en effet, - étrange, n'est-ce pas ... ? - voilà qu'il se retrouvait avec un journal anarchiste entre les mains ! Le titre avait été déchiré, mais les pamphlets et les articles étaient encore tout à fait lisibles ... Pendant cette lecture, Monsieur Holland s'était approché en toute innocence de celui qui, dans la foule bigarrée, semblait le mieux lui ressembler ... Et cette somme de hasards et de curiosité suffit pour que les ennuis commencent ...

- Hé ! Vous, là-bas !

Un homme de la Sûreté venait de bifurquer d'une petite rue, et accourait à eux, matraque à la main.
Ciel ! Un voyou cherchait-il à les assommer par derrière ? Un gamin leur faisait-il les poches ? Monsieur Herzfänger interrompit sans doute sa lecture, et tous deux virent arriver le bonhomme - grosse moustache des agents de la Sûreté, air renfrogné, mais juvénile. Il leur fallut, sans doute, quelques instants pour comprendre enfin que l'importun s'adressait à eux et non à quelque résident du quartier.

- Agent Renaudot, de la Sûreté. Puis-je voir votre lecture, Monsieur ? Vous êtes priés d'obtempérer.

Et, se tournant vers M. Holland :

- Vous avez vu que'que chose ? A moins qu'vous êtes son complice, vous lui ressemblez drôlement ...

Eh bien quoi ? Vous attendiez-vous à trouver un policier subtil dans ses raisonnements ... ?


Dernière édition par Pierrot Lunaire le Mar 11 Déc - 4:31, édité 2 fois
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Elke von Herzfänger
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MessageSujet: Re: [Petit Scenario] Ce n'est que le début   [Petit Scenario] Ce n'est que le début EmptyDim 15 Avr - 5:13

« Blöde Straße ! »
Car oui, il n’a pas plu, mais le sol est glissant. A terre, Elke pesta et se releva aussitôt. Voilà qui était bien : le badaud avait pu être tiré une petite seconde de sa misère pour se rire de l’aristocratie toute tâchée. La peste cette chaussée ! « Verdammt » songeait-il encore alors qu’il tentait de s’épousseter. Heureusement avait-il des gants ! Qu’est-ce… Elke sembla s’apercevoir que la chaussée en elle-même n’était pas la cause de sa déchéance, son indignation s’apaisa un peu et il se pencha pour saisir le papier qui l’avait entrainé si bas.

Ses yeux parcoururent l’article tout entier et avec une certaine avidité, mais il n’était pas sûr de tout comprendre. Il pensait avoir compris quelque chose, une idée. Et quelle providence ! vu la teneur, il s’agissait probablement de quelque écrit anarchiste ! Pouvait-on avoir plus de chance ? Un sourire se dessinait sur ses lèvres alors qu’il reprenait la lecture afin de bien s’imprégner du contenu.

- Hé ! Vous, là-bas !

Elke releva le chef pour voir d’où le son provenait, il identifia ce qui semblait être un policier puis s’en retourna à son papier sans plus d’inquiétude. Enfin… il croyait pouvoir ainsi faire, mais il fut à nouveau interrompu quand il comprit, par la proximité du fameux agent, qu’en réalité c’était bel et bien à lui qu’il s’adressait !

- Agent Renaudot, de la Sûreté. Puis-je voir votre lecture, Monsieur ? Vous êtes priés d'obtempérer. Et, se tournant vers un autre homme :
- Vous avez vu que'que chose ? A moins qu'vous êtes son complice, vous lui ressemblez drôlement...

Pardon ? Elke tombât des nues. La lecture ? Cet homme ? Il ne l’avait même pas remarqué – mais ciel, il avait devant lui un dandy, dans ce quartier si malfamé. Il devait être mal tombé, lui aussi. Il n’eût guère le temps de le détailler plus avant, trop occupé à regarder d’un œil défiant l’agent de l’ordre qui venait de le troubler. Il prit un air franchement hautain alors qu’il était en train de considérer le jeune homme. La police française a bien des mauvaises manières, le papier ne devait pas être un portrait à charge si éloigné de la vérité, fallait-il croire.

Avec une moue détestable, il fixa encore quelques secondes l’agent avant de se tourner vers l’inconnu :
« Je vous souhaite le bonjour, Monsieur. » Et il ôta son chapeau pour le saluer. Il revint finalement à l’autre importun et lui tendit le papier avec le plus grand des mépris.

« Je viens de glisser sur ce malotru, je lui faisais donc des excuses. Cela est-il assez en règle, monsieur l’agent ? » Donna-t-il en guise d’explication, et en tachant de prononcer les mots correctement afin que, même sans la plus grande des maîtrises de la langue – et donc, sans que sa pique fut la plus acérée – la pauvre flicaille puisse sentir sans effort la saveur de son sarcasme.
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Cyrus Holland
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MessageSujet: Re: [Petit Scenario] Ce n'est que le début   [Petit Scenario] Ce n'est que le début EmptySam 21 Avr - 1:49

Et voilà que l'homme de belle prestance à qui je pensais demander mon chemin s'étale au sol après une glissade que mon esprit romanesque qualifierait aisément de « fantastique ». Pauvre homme, j'espère qu'il ne s'est pas fait mal, et je m'empresse d'aller vérifier la chose en m'enquérant de sa santé. Il serait bien triste qu'un homme si jeune casse son cigare – ou sa pipe, je ne sais plus vraiment l'expression exacte – à cause d'une malheureuse chute, ce que j'ai déjà vu, hélas. L'humain est une chose si fragile et délicate.

Cependant, à peine ai-je le temps de me présenter et m'enquérir de sa santé qu'un belître de policier vient faire quelque scandale pour cette malheureuse feuille de papier que l'homme tient à la main. Un coup d'oeil m'apprend qu'il s'agit là d'un tract anarchiste, un document ô combien compromettant pour des hommes de son rang et du mien. On dit de moi que j'ai quelques accointances avec ce milieu, j'ignore pour quelle raison, toujours est-il qu'il ne s'agit là que d'un terrible mensonge et que je réfute toutes les accusations qui pourraient être portées contre ma personne. Qui croirait le contraire se ferait tout simplement jouer du violon.

Lorsque le policier m'interroge sur mon éventuelle complicité, je ne peux que froncer le sourcil et écouter, avec un amusement certain, les excuses qui lui sont faites par cet autre incongru, aussi peu adapté au décor que je ne le suis. Notre présence ici me fait l'effet d'un pingouin atteint de phtisie dans un zoo de panthères lépreuses.

- Complicité certes non, réponds-je à mon tour au policier. Ce monsieur, qui m'est par ailleurs totalement inconnu, vient de tomber et j'ai cru de bon ton de lui demander s'il ne s'était pas blessé, ce que tout homme doté de bon sens et de bonté d'esprit n'hésiterait pas à faire.

Et quoi, nous ne sommes pas des singes, et si les policiers ne peuvent comprendre ce genre d'empressement envers autrui, c'est que la maréchaussée française est sacrément gangrénée.


Dernière édition par Cyrus Holland le Sam 21 Avr - 3:44, édité 1 fois
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Pierrot Lunaire
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MessageSujet: Re: [Petit Scenario] Ce n'est que le début   [Petit Scenario] Ce n'est que le début EmptySam 21 Avr - 3:11


[Petit Scenario] Ce n'est que le début Polici10
Devant la morgue de son - que dis-je, de ses ! - accusés, Joseph Renaudot fronça les sourcils et ébouriffa sa moustache, d'un air sévère. Ca n'allait pas se passer comme ça, oh que non ! On pouvait être un joli Monsieur, tout bien emballé dans son costume, on devait tout de même respecter la loi et ses représentants ... Issu de la bourgeoisie la plus minuscule, employé de la Sûreté depuis peu, M. Renaudot était de cette nouvelle génération de gens de Police, qui croyaient en leur légitimité, et se contrefichaient des hiérarchies sociales - pour en avoir sans doute été exclus un jour. Cela lui coûtait son avancement : on le savait borné sur ces choses-là, mais au moins il était assuré d'exercer justement les choses, en traitant bêtement absolument tous les accusés qui lui tombaient sous la main ... Élite sociale ou non.

- Messieurs, vous pouvez bien être convaincus d'votre importance, mais vous êtes tout d'même en état d'arrestation.
Je sais c'que j'ai vu, et Monsieur a lu cette brochure - il désigna le tract d'un doigt accusateur - Avec intérêt. Et puis en plus ...

Il les scruta l'un et l'autre de l’œil, avec un air méfiant, persuadé de sa perspicacité :

- Deux Monsieur [sic] étrangers, tout richement habillés, dans les bas-fonds, devant LE lieu d'rassemblement d'ces voyous, moi j'trouve ça pas clair ...

Cela promettait d'être difficile ... Alors Joseph tendit la main, avec autorité, et répéta :

- Votre brochure, Monsieur qui se croit malin.

La scène commençait par ailleurs à attirer les curieux, et le patron louche de l'hôtel des Argousins était sorti pour observer ce qui se tramait.

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MessageSujet: Re: [Petit Scenario] Ce n'est que le début   [Petit Scenario] Ce n'est que le début EmptyMar 24 Avr - 11:28

Quelle douce sonorité que l’accent étranger en plein Paris ! C’était étonnamment dans ces moments-là que le jeune allemand se sentait un peu plus sûr de lui. Par ailleurs un compatriote pour faire face à ce bélître tout engoncé dans son uniforme ridicule, ce n’était pas de trop. S’il y avait bien une chose que Ludwig détestait après son père, c’était toute manifestation de l’ordre, qu’elle fut militaire ou policière. Qui plus est celui-ci était particulièrement borné :

- Messieurs, vous pouvez bien être convaincus d'votre importance, mais vous êtes tout d'même en état d'arrestation. Et Monsieur a lu cette brochure Avec intérêt. Et puis en plus ... Deux Monsieur étrangers, tout richement habillés, dans les bas-fonds, devant LE lieu d'rassemblement d'ces voyous, moi j'trouve ça pas clair ...

Trop d’informations d’un coup, et en français ! Elke porta sa main au front. Les gens commençaient à s’attrouper. Que le diable l’emporte, vraiment ! En état d’arrestation, lui ? Oh, s’il était en Allemagne, ça ne se passerait pas comme ça ! Décidément la police française n’avait aucun égard pour les grandes familles ! Le garçon était d’autant plus outré qu’il se rendait bien compte de sa position. Il était hors de question d’envenimer la situation davantage, le pauvre bougre serait capable de nuire à sa réputation et la populace qui servait d’audience ne l’acclamerait guère pour un trait d’esprit. Tout juste pourraient-ils entendre la subtilité dont l’allemand ferait preuve, tant ils espéraient tous assister au réjouissant spectacle de l’aristocratie bafouée.

- Votre brochure, Monsieur qui se croit malin.

… Elke sera fort le poing. Dans sa main, il sentait sa canne faire écho à la pression de ses doigts. Néanmoins, alors qu’il amorçait le geste pour tendre le tract suspicieux, la porte de l’hôtel s’ouvrit avec fracas sur un spectacle des plus étonnants.

« Ah ji t’en ficherai moi d’la cornemuse moi, sale branque ! » Et v’là qu’ça crache son poumon dans un mouchoir tout crasseux. Une femme sort de l’hôtel avec de grands gestes et un cigare à la bouche. Tous les regards se portèrent sur elle l’espace d’un instant. Elle était sèche et pourtant dure, le visage émacié, les paupières violettes de fatigue : elle incarnait à elle seule une phtisie si romanesque que Ludwig se crut sauvé. Mais elle n’était pas seule :
« Oh toi la cigogne, tu f'rais mieux d’fermer ton clapet avant qu’j’te rosse moi ! crois pas qu’tu vas t’en tirer com’ça parc’que l’drague1 dit qu’tu t’décartonne2 ! »
« Ah le pétrousquin ! ah le bouffre ! infâmie ! infâmie ! Oh par ma chan – »
« Oh ça va bien, t’vas pas nous sortir les violons non plus ! Gaffe ou je t’mords les guibolles ! »

Qui était le couple ? Oh pour le savoir, on eût pu jouer aux devinettes, mais c'eut été une perte de temps, et qui ne présente que peu d'intérêt si ce n'est celui d'honorer mon contrat ; mais diable, je perds la tête mes amis, revenons donc à nos deux bourgeois :

Le sang montait alors aux joues du jeune allemand : voilà qui détournait l’attention, voilà qui était incroyable ! Tout à coup radieux, sa main serra légèrement le papier maudit, son buste se tourna sensiblement vers son compagnon d’infortune et, dans la joie intempestive qui soudain l’anima, Elke enthousiaste osa même saisir doucement le bras de l’anglais pour lui communiquer que la chance tournait de nouveau à leur avantage.


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Cyrus Holland
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MessageSujet: Re: [Petit Scenario] Ce n'est que le début   [Petit Scenario] Ce n'est que le début EmptyMer 2 Mai - 1:12

Spoiler:
 

Convaincus de notre importance ? Oh cher, voilà qui est bien fâcheux. Je ne suis pas certain d'être ici celui qui est le plus « convaincu de son importance » mais enfin, mieux vaut ne pas contrarier plus longtemps ce bon monsieur qui, après tout, ne fait que son travail. Quelque pirouette suffira certainement pour nous tirer de ce mauvais pas, moi et ce jeune homme à l'accent allemand qui n'a pas plus de raisons que moi de se trouver ici – quoique je doute de pouvoir convaincre la maréchaussée de la véracité de mes aventures. Qui de sensé irait croire à ma fable de dandy perdu dans les rues parisiennes ? Moi-même, je la trouverais bien osée si elle m'était contée.

Je ne peux m'empêcher d'éprouver quelque inquiétude quand le jeune allemand n'obtempère pas tout de suite aux commandes du policier et la dispute qui éclate non loin de nous ne suffit pas à m'apaiser l'esprit, bien qu'elle semble rasséréner mon nouveau compagnon d'infortune d'une manière que je trouve bien naïve. Viendra bien l'instant où les policiers retourneront leur attention sur nous et nous ne pouvons décemment pas fuir, ce serait admettre notre culpabilité.

Je reste donc silencieux, immobile, à la recherche d'excellents arguments pour nous tirer de ce mauvais pas.
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Pierrot Lunaire
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MessageSujet: Re: [Petit Scenario] Ce n'est que le début   [Petit Scenario] Ce n'est que le début EmptyMer 2 Mai - 10:50


[Petit Scenario] Ce n'est que le début Polici10
M. Joseph Renaudot tourna son regard, comme tous les autres, vers la scène qui se déroulait devant l'entrée des Argousins. Hélas ! Cela ne lui fit pas oublier ses devoirs : la maréchaussée était sans nul doute peuplée de mauvaises plantes, mais le drame était que ces herbes à chien étaient persuadées d'être des grandes fleurs de bourgeois. Il tourna les yeux jusqu'à nos deux acolytes, liés par leur mauvaise fortune. Pile au moment où l'allemand, le plus tenace des deux - l'autre avait l'air plus réfléchi - saisit le bras de son compère.

- Tiens ! Je commence à comprendre ...

Il ne put retenir un sourire en coin, qui n'allait pas trop avec les exigences du service. Allait-il contacter la brigade spéciale chargée de traquer les anarchistes dans le XIIIe ou les Mœurs ?
Vaste question qu'il devait élucider. Cependant, l'attaque semblait difficile à mener : trop susceptibles, trop finauds, les attrapés ! Pour se donner contenance, Joseph cria à l'attention du chef des Argousins :

- Ohé, Bras-rouge ! Calme-moi tes clients ou j'les fais venir, tes Argousins !

L'homme au visage louche, à la bouche tordue déforma son visage par une grimace odieuse, et s'approcha du couple tonitruant pour leur recommander d'aller s'entretuer ... ailleurs. Puis Joseph s'adressa à ses interpelés, d'un ton plus posé - d'autant plus sûr qu'il pensait avoir démontré son pouvoir, pour avoir rabattu le sourire en coup de sabre du réputé patron des Argousins. Il ne lui vint pas à l'idée que des jeunes dandys ne connaissaient pas la réputation de ce gars-là, et qu'ils n'avaient pas conscience de l'acte de bravoure ici effectué.

- Alors, Messieurs, vous dites qu'vous êtes innocents, alors c'est simple : expliquez-moi ce que vous faites dans ces quartiers ... Deux beaux berlingots comme vous en plein XIIIe ... Soit j'vous ai sauvé la vie, soit vous mijotez que'que chose ... Allez, je vous écoute, chacun votre tour. Et si vous lambinez, j'vous emmène au Poste.

Notons que cela serait peut-être préférable à cette rue plus que douteuse, où évoluaient les gueules brisées, les membres hâves, les regards éreintés. Mais aussi dramatique, si l'on venait à vous y voir.

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MessageSujet: Re: [Petit Scenario] Ce n'est que le début   [Petit Scenario] Ce n'est que le début EmptyMar 8 Mai - 1:36

Berlingot ? Lambiner ? Le cerveau de l’étranger bouillonnait de devoir se confronter si souvent à des sonorités pour lui étrangères et qu’il devait ensuite tenter de retranscrire correctement dans le vague espoir de les retenir pour un jour peut-être les comprendre, et mieux, les utiliser. On a vu en effet que pour l’heure, il commençait à peine à se sentir à l’aise dans les milieux mondains parisiens, mais tout dans la précipitation, il n’en était pas encore au stade d’apprendre le parler de la plèbe. Or, il devait marquer dans son esprit que cela serait un détour obligé s’il voulait mener à bien ses projets. En attendant, il se contenta de plisser les yeux et de saisir le sens global de ce que racontait le policier. Et de ce tas de mots, il ne compris que deux choses : le reflet flagrant de la misérable condition de l’agent – qui provoqua chez l’allemand une exultation spécifique – et le ton qu’il employa et que Ludwig ne put s’empêcher de trouver déplacé.

Néanmoins, la foule, toujours la foule. C’est à ce moment que le jeune garçon abandonna quelques vagues espoirs et qu’il comprit précisément qu’il était temps de rendre ce fichu bout de tissu qui lui causait beaucoup d’ennuis pour bien peu de bénéfices. Il avait réussi à en extraire l’ingrédient le plus savoureux : un nom – Gérald Lambin ? Lambon ? peu importe, c’était suffisant – et c’était ce nom qui lui serait utile pour la suite des évènements.

Il prit donc l’initiative de tendre au policier le fameux tract et dans le même élan répondit à la question :

« Oui, vous êtes exact » Il tâcha de ne pas prononcer le ‘‘kt’’ pour paraître plus policé, bien que cela ne lui semblait pas naturel du tout. « Vous nous sauvez ! Enfin, à mon propos, vous me sauvez tout à fait. Tenez, je vous rends ceci : je n’entends rien au langage du petit peuple, de toutes les façons. A ce sujet, auriez-vous le grand gentillesse de nous conduire vers un lieu plus sûr ? » Puis, se surprenant à parler pour deux, il se tourna vers son semblable : « Oh ! Veuillez m’excuser, je parle pour deux, mais je suis peut-être audacieux de penser que vous êtes d’accord avec moi. Seulement je crois qu’un autre air nous ferait du bien, non ? » Il aurait également voulu lui signifier sa gratitude pour l’inquiétude dont l’inconnu avait fait preuve, mais le brave imbécile qui se prenait pour quelqu’un eût été capable de les accuser de complicité une fois de plus…
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Cyrus Holland
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MessageSujet: Re: [Petit Scenario] Ce n'est que le début   [Petit Scenario] Ce n'est que le début EmptyMar 22 Mai - 5:07

J'ai craint un instant que la situation soit tout à fait inextricable mais mon compagnon d'infortune semble doté d'un minimum de bon sens et saisit à la volée la perche tendue par le policier. Même si l'échappatoire semble aussi maladroite que les cabrioles d'un saltimbanque épuisé, elle nous évitera pour le moment de finir hachés-menus sur l'autel de je ne sais quelle règle qui interdit aux élégants de se perdre dans les rues mal-famées de la ville. Nous sommes tous deux étrangers, que diable, il ne me paraît pas si douteux que nous nous égarions ! Mon accent trahit mes origines plus septentrionales, celui de l'inconnu à mes côtés est clairement allemand : cela seul devrait suffire à nous disculper.

- En effet, je ne refuserais pas un autre air, souris-je pour abonder dans son sens. C'est encore la meilleure solution que j'ai à l'heure actuelle avant que quelque étrange anachronisme ne pousse le policier à nous défier en duel au fleuret, chose que je redoute, n'étant pas le plus habile des escrimeurs. Il faut bien admettre que la chose est passée de mode. Monsieur l'agent, je suis certain que vous serez assez bon pour nous pardonner notre maladresse à tous deux et les offenses que nous avons pu commettre, bien involontairement. Nous connaissons mal Paris.

Par je ne sais quel étrange jeu de prononciation probablement dû à ma nervosité, le mot Paris sonne exactement comme "pastries", pâtisseries en français, et il me faut lutter de toutes mes forces pour ne pas exploser de rire à ma propre erreur. Ce serait très inconvenant.
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Pierrot Lunaire
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MessageSujet: Re: [Petit Scenario] Ce n'est que le début   [Petit Scenario] Ce n'est que le début EmptyVen 25 Mai - 4:17

[Petit Scenario] Ce n'est que le début Polici10
M. Joseph Renaudot fronça les sourcils à l'encontre de ses deux hurluberlus. Après la révolte, une conciliation sans partage ... ? Il saisit le feuillet anarchiste, y jeta un œil. Fichues fadaises !

- Eh bien sachez, Messieurs, que vous êtes dans l'un des coins les plus dangereux de Paris. M'étonnerait pas qu'on vous assassine en plein jour, par ici, suffit de passer dans une ruelle un peu tortueuse, qu'appartient à une bande du coin, et c'en est fini des riches étrangers ! Suivez-moi.

Armé de sa matraque, il commença à se frayer un chemin dans la population bigarrée du quartier - à grands coups de "Circulez ! Circulez !" bien bruyants et bien remarquables ... Bientôt, l'atmosphère se fit moins piquante, comme si les relents de boue, des produits chimiques et des cuirs que l'on tannait, pas si loin, s'éloignaient ... M. Renaudot s'arrêta alors devant une petite place, modeste mais apparemment plus tranquille. Il y avait une boulangerie d'où émanait une douce odeur de pain, un petit café de quartier, à la terrasse déserte ...
Mais le policier s'était arrêté devant une bâtisse brute dotée d'une lourde double porte peinte en noir. Sur le linteau, s'étalaient les larges lettres "COMMISSARIAT". Il n'avait donc pas renoncé ? C'est d'un ton autoritaire mais plus calme et courtois qu'il demande, à nouveau :- Je vous demanderais tout de même de me suivre, j'aurais simplement quelques questions de routine à vous poser.

Quelques bourgeois pansus passaient, lentement, avec leur lourde démarche d'oies bien nourries. Suivre cet homme au commissariat n'était pas franchement un plaisir mondain répandu ... Mais qu'est-ce qui était le plus désirable, entre provoquer un esclandre dans un quartier presque endormi et obéir aux ordres d'un agent de la Sûreté ?

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MessageSujet: Re: [Petit Scenario] Ce n'est que le début   [Petit Scenario] Ce n'est que le début EmptyDim 2 Déc - 13:54

- Eh bien sachez, Messieurs, que vous êtes dans l'un des coins les plus dangereux de Paris. M'étonnerait pas qu'on vous assassine en plein jour, par ici, suffit de passer dans une ruelle un peu tortueuse, qu'appartient à une bande du coin, et c'en est fini des riches étrangers ! Suivez-moi.

Comme promis, l’emplumé amenait les tourtereaux étrangers en terre plus sainte et procédait cependant à sa singulière visite guidée. Voilà qui était bon à savoir, songeait le jeune homme, haussant un sourcil. Au moins Elke ne s’était pas trompé quand il avait choisi ce quartier-là. Il tâcherait d’y reparaître, mais cette fois-ci se ferait-il plus discret…

Alors que l’air commençait à devenir nettement plus agréable et que les deux dandies semblaient à présent une simple variation quelque peu originale et non plus de surprenantes tâches, disgracieuses par leur différence, sur un terne tableau de rue, l’agent s’arrêta.

- Je vous demanderais tout de même de me suivre, j'aurais simplement quelques questions de routine à vous poser.

Il ne désespérait donc jamais ? Les nerfs du garçon étaient, eux, éprouvés de cette ténacité, mais il était clair que ce bouffon ne les abandonnerait pas avant d’avoir fait respecter sa règle, tout content qu’il était d’avoir trouvé deux naïfs frais et mal accoutumés de ces péripéties tortueuses et sur lesquels il pouvait à loisir se venger de son exécrable existence.

Le toisant, l’air bien moins amusé que tout à l’heure, Elke se plia néanmoins aux caprices du policier :
« Je trouve que le boulanger est un meilleur choix, monsieur, mais puisqu’il faut satisfaire vos envies… » Et ce tournant vers l’anglais, lança une plaisanterie comme d’autres protestent : « Et vous, cher monsieur, voulez-vous nous rejoindre à la fête ? »
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MessageSujet: Re: [Petit Scenario] Ce n'est que le début   [Petit Scenario] Ce n'est que le début EmptyMar 11 Déc - 4:35

[Petit Scenario] Ce n'est que le début Polici10
Parmi les nombreux défauts que l'on pouvait imputer à M. Renaudot, on comptait celui de manquer d'humour. Aussi ne goûta-il point la plaisanterie d'une de ses proies. Pire, pour tout avouer : il ne la comprit point. Aussi répliqua-t-il d'un air très sérieux :

- On ne peut interroger convenablement les gens dans une boulangerie, voyons ! Libre à vous d'y passer quand vous sortirez, dans quelques minutes, si vous avez faim.

Soit ... Il conduisit les deux énergumènes dans un petit cabinet à part, pas très bien éclairé, refusant d'un geste les interrogations de ses collègues. M. Holland fut invité à patienter dans une antichambre rien moins que mondaine et M. von Herzfänger, le plus fanfaron des deux et, disons-le, le plus suspect, fut introduit dans la salle. Un jeune ahuri suivait, un calepin à la main.
- Monsieur, surtout, n'ayez crainte. Nous nous renseignons juste, glissa M. Renaudot. Si vous n'avez jamais rien eu à vous reprocher, vous sortirez de cette histoire blanc comme neige. Maintenant commençons si vous le voulez bien.

Et en effet, il commença :

- Monsieur, voulez-vous bien me donner votre nom ? Et me montrer vos papiers ?

Après avoir marqué une pause, il ajouta, d'un air un peu méfiant - mais pas accusateur :

- Qu'est-ce que vous fabriquez à Paris ? L'Alsace-Lorraine vous suffit plus, il vous faut toute la France ?

Eh zut ... ça revenait encore sur le tapis, cette histoire ?

Citation :
[Hors Rp]Notons que le correcteur automatique a voulu me corriger l'Alsace-Lorraine en Assurance maladie. Tout le monde le sait : les invasions bien pensées commencent par la Sécu.

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MessageSujet: Re: [Petit Scenario] Ce n'est que le début   [Petit Scenario] Ce n'est que le début EmptyVen 28 Déc - 23:17

- On ne peut interroger convenablement les gens dans une boulangerie, voyons ! Libre à vous d'y passer quand vous sortirez, dans quelques minutes, si vous avez faim.

FACEPALM. Mais diable ! Mais était-ce un homme ? Était-ce un postiche ? Était-il quelque personnage sorti d'une farce grotesque ? Des noms, diantre, des noms ! Ou alors, Monsieur avait-il signé quelque contrat obscur, qui le liait inextricablement à cet imbécilité épouvantable ? A quelle industrie avait-il vendu son âme ! Monsieur Graves* & fils ? Avait-on, en France, décrété qu'on devait retrouver le sérieux que le spiritueux avait dilué ? Avait-il seulement une âme ! - Oh pourquoi ? Mais pourquoi !

Pris dans une tourmente mélodramatique ; petit acteur de vaudeville pour trois sous, Ludwig se laissait aller à ses aliénations mentales ; abandonnant complètement à Renaudot le droit de l'embarquer dans cette surprenante galère qui sans nulle doute, le conduirait vers de bien spectaculaires contrées. Mais pendant qu'ils traversaient les couloirs du commissariat, le jeune homme - reprenant vaguement ses esprits - naufrageait alors sur les rives de sa raison, questionnant sans cesse la fortune sur sa présence en de tels lieux. - Pourquoooi !

Bientôt l'introduit-on dans une chambre à part, le voilà séparé de son compagnon de route. On le fait s'asseoir, passent les formalités d'usage ; passe aussi, sur la présentation du jeune auxiliaire de Renaudot, ce qui au demeurant n'aurait guère intéressé Ludwig, en dépit du regard inquisiteur qu'il lui lança. Il avait l'air si fragile, le pauvre ; chétif et perdu. Elke aurait voulu l'écraser.

- Maintenant commençons si vous le voulez bien. Monsieur, voulez-vous bien me donner votre nom ? Et me montrer vos papiers ?

Las, Elke s'apprêtait à décliner son identité, mais c'était sans compte la brillante stupidité de son interlocuteur.

- Qu'est-ce que vous fabriquez à Paris ? L'Alsace-Lorraine vous suffit plus, il vous faut toute la France ?

Était-ce la situation ? Était-ce la fatigue ou les nerfs ? Était-ce simple qu'il ne savait pas bien se contrôler... Ici, nous ne pouvons hélas donner de réponse, mais nous livrons aux lecteurs les fait tels que nous les vîmes, et cela peut se résumer ainsi :

"Ah ! Ce n'est pas vrai ! Vous dépasser vos fonctions, Monsieur ! Je dis que c'est une insulte à mon nom. Qu'est-ce que vous avez avec ce endroit ? Bien, reprenez-le si cela vous plait tant ! Je vous dis, je ne continue pas ce interrogatoire dans ces conditions."

Pour sa décharge, je dirais que l'accusé, bien qu'il ait d'abord haussé le ton sous le coup de l'infâme injustice dont il était la cible, a tout de même taché de retrouver quelque contenance à la fin de son propos. Messieurs...





* Je n'entends bien sûr offenser personne, je rappelle simplement ici ce qu'est le Graves.
Note : Perso, moi c'est mon "Etait-il" qu'il voulait corriger en Petit lait. La correction automatique a un bien drôle humour !
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MessageSujet: Re: [Petit Scenario] Ce n'est que le début   [Petit Scenario] Ce n'est que le début EmptyVen 18 Jan - 2:48

[Petit Scenario] Ce n'est que le début Polici10
C'est qu'il s'emballait vite, l'alboche ! M. Renaudot eut une moue de triomphe tandis que son fluet associé fronçait les sourcils.

- Ah mais mon p'tit Monsieur, on demande pas mieux ! Mais j'vous taquinais, c'est pas la peine de prendre la mouche comme ça. Moi j'dis, ceux qu'on rien à s'reprocher, ils restent bien sages et bien calmes, ils savent qu'on peut rien faire contre eux. Ceux qui s'énervent, par contre ...

Il adressa à son interlocuteur un regard menaçant.

- Mais trêve de balivernes ! Puisque vous manquez de respect à un illustre membre des forces de l'ordre, je me vois obligé d'agir en conséquence. Vous irez au trou, histoire d'vous calmer un peu.
Osait-il ...! Hélas, il semblerait bien que oui ... Notre innocent prussien hurla-t-il ? Se défendit-il ? Tenta-t-il la fuite ? Cela, c'est à lui de nous le dire ... mais hélas, je crois bien qu'il atterrit tout de même - manu militari ou non - dans une minuscule cellule, plutôt clapier de lapin que véritable cachot, où croupissait déjà un homme à l'air patibulaire.

- Tiens, Gérard, on t'laisse Choucroutmann*, lança un policier avec un air goguenard, sans doute fier de son trait d'esprit.

L'intéressé lorgna Elke du regard d'un taureau qu'on tire de sa sieste...

Citation :
Choucroutmann : ce mot existe !

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MessageSujet: Re: [Petit Scenario] Ce n'est que le début   [Petit Scenario] Ce n'est que le début EmptyJeu 31 Jan - 0:30

Je ! Ne, mais ! Quoi ! On l'embarquait ? On le, ils n'étaient pas sérieux ! C'était son drôle d'humour qui frappait encore une fois ! Ce, non mais lâchez-moi ! Et pourtant, ses protestations n'y firent rien, on l'attrapa par les bras, on tempéra son ardeur, ses envolées lyriques, très théâtrales : Dans l'Allemagne, on ne fait pas ça aux respectables gens ! Je vous aurais fait demander d'être mis aux congés ! Vous ne savez pas ce que vous faire !" and so on, and so on.

Rapidement il voulut retrouver la dignité de son rang et arrêta de gesticuler, ayant finalement accepté son destin. Mais il était hors de question qu'il digère pareil affront. Dans sa tête, lancé comme une locomotive à vapeur et ardemment alimenté par cette fournaise au sein de sa poitrine, il tâchait de retrouver son sang froid en mettant en place un plan de vengeance. Comment était-ce son nom déjà ? Renaud ? Rondeau ? C'était égal. Cela lui prendrait autant de temps que nécessaire, mais il le retrouverait.

Quand on l'abandonna à sa chambre de fortune, le garçon était d'une humeur épouvantable et, à peine arrivé, s'investît maître des lieux sur le champ. Il jaugea sans détour son vis à vis et froid, entama un premier contact.
" Gerard hun ? " Prononça t-il à l'allemande. Cela lui évoquait Gerald, mais l’étymologie était sensiblement différente. " Vous arrivez de dormir ici ? Quel genre de animal êtes-vous ? "
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MessageSujet: Re: [Petit Scenario] Ce n'est que le début   [Petit Scenario] Ce n'est que le début EmptySam 2 Fév - 5:32

[Petit Scenario] Ce n'est que le début 2hhmb0l
Gérard était tapi dans l'fond de la cellule, avec son humeur sombre et ses plans à r'faire. Ah sûr qu'on l'y r'prendrait plus. Tout ça, aussi, c'était la faute d'l'aut' claude, là, qu'avait pas su s'grouiller plus. Et voilà que Gérard, patronyme inconnu, surnommé Gérard la Castagne, avait atterri chez les cognes. Il dormait à présent, ou plutôt faisait mine de dormir ... et il écoutait, sauvage, renfrogné, comme un ours en cage. Aussi grogna-t-il très sûrement quand on vint lui assigner un drôle de type pour voisin. Qu'il soit boche, Gaspard s'en fichait. Ca comptait pour rien, pas devant les cognes... Mais ses airs de cocodète lui rev"naient pas ... et son ton encore moins. Un bout-d'cu comme ça, s'adresser à lui. Il cracha, puis répondit d'une voix rauque :

- L'genre qui t'fracasse contre les grilles si tu l'traites encore d'animal.

Il renifla. C'était même tentant, puisque les cognes diraient peut-être rien. Pour une fois qu'on le laiss'rait faire ... Mais Gérard, il aimait pas les dépenses d'énergie inutiles - et il fracassait du bourgeois que quand ça pouvait lui servir.
Il resta là, dans le silence... Mais plus question de jouer son p'tit jeu maintenant que ce drôle avait été mis là aussi. Les agents avaient pris une autre pièce, et sa ruse capotait. Sal*perie, quoi !

- Qu'ess'tu fous dans l'coin ? T'as quequ'chose à fouiner par ici, toi ?

A y bien songer ... N'était-ce point là ce qu'il cherchait depuis le début, notre allemand ? Tout le reste ne devenait-il pas, alors, ironiquement, une simple ... introduction ?

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MessageSujet: Re: [Petit Scenario] Ce n'est que le début   [Petit Scenario] Ce n'est que le début EmptyVen 8 Fév - 4:55

- L'genre qui t'fracasse contre les grilles si tu l'traites encore d'animal.

Elke ne put s'empêcher de sursauter un peu à la menace du voyou. Il voulu serrer le poing sur sa canne épée mais, hélas, on la lui avait retiré avant de le faire entrer dans la cellule. Le cuir de son gant se craquela avec résonnance dans le silence qui venait de s'installer. Se contenir, garder l'oeil sûr et la mine sévère.

- Qu'ess'tu fous dans l'coin ? T'as quequ'chose à fouiner par ici, toi ?

Et soudain, un coup : oui qu'était-il venu faire là, à propos ? Le fil se déroula et tout lui revint en mémoire. C'est qu'avec tout cet enchaînement et ces insultes, il en avait presque oublié ce pour quoi il s'était aventuré, par ce troublant matin, dans les rues malfamés des quartiers populaires. L'élan de la révolte, certes. Le papier resurgit, et le nom de son auteur avec. C'était Gerard aussi, non ? Non... était-ce le même Gerard ? (ou n'était-ce pas Gerald, ausgerechnet..?)

Du reste, il toisa la bête et songea qu'il était impensable qu'une gouape comme lui ait pu écrire un pamphlet du crû qu'il se souvenait avoir lu.

Il ne pouvait pas, tout de même, aborder directement le sujet... Mais il sentait qu'il ne pouvait pas non plus manœuvrer comme il en avait l'habitude, il allait devoir user de tours nouveaux.

« Ja » Il s'approcha. « Je veux trouver quelqu'un. » Les gardes étaient peut-être partis, mais il était plus sage de parler à voix basse. « Quelqu'un appelé Gerard, » qu'il ne pu s'empêcher, légitimement, de prononcer encore de la même façon, « Jambon ou Lablaim ? » En forçant de façon peu naturelle la nasale.

Et comme, décidément, le garçon ne pouvait se réduire à croire que les deux hommes étaient la même personne, il ajouta : « Tu connaisses cette homme ? »


Dernière édition par Elke von Herzfänger le Lun 18 Mar - 3:15, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Petit Scenario] Ce n'est que le début   [Petit Scenario] Ce n'est que le début EmptyVen 22 Fév - 21:24

[Petit Scenario] Ce n'est que le début 2hhmb0l
La brute fronça les sourcils et secoua la tête.

- 'Connaît pas.

Silence ... L'seul Gérard, dans l'quartier, c'était lui - et pour sûr qu'on l'connaissait bien ... Il avait salué l'arcade sourcilière d'un assez bon nombre de citoyens pour qu'on opine du chef à tout c'qu'il disait ... mais la curiosité eut vraisemblablement raison de son silence, car il finit par ajouter, assez bas mais d'un air désinvolte :

- Il est du coin, ton Gérarrt ? Y'fait quoi ?

Non pas qu'il fût dans l'intention de répondre vraiment, mais après tout ... ça passait l'temps, d'le faire parler, c'gringalet.

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MessageSujet: Re: [Petit Scenario] Ce n'est que le début   [Petit Scenario] Ce n'est que le début EmptyLun 18 Mar - 3:52

- Il est du coin, ton Gérarrt ? Y'fait quoi ?

Si tu ne le connais pas, qu'est-ce que ça peut te faire ? Songea t-il aussitôt. Naturelle réaction qu'il garda pour lui, naturellement. L'autre semblait se donner des airs, et le jeune homme pensa qu'au fond, ils n'étaient pas si différents, tiens !

" Si, il est du coin. Ça me surprend que tu ne connaisses pas lui, pourtant, tu donnes l'air que tu connais beaucoup de gens. Et Gerard, je sais que il écrit dans un journal. Sur la police. Il n'aime pas beaucoup la policiers... "

Il tentait ce qu'il pouvait, et s'exprimant, ne pouvait réprimer que le geste vint souligner sa parole ; peut-être semblait-il ainsi plus chaleureux ? En tout cas, il avait prit un air concerné.
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MessageSujet: Re: [Petit Scenario] Ce n'est que le début   [Petit Scenario] Ce n'est que le début EmptyMer 20 Mar - 15:16

[Petit Scenario] Ce n'est que le début 2hhmb0l
Un Gérard qu'écrivait dans les journaux et qu'aimait pas la police ... ? Intéressant ... Le nom lui disait toujours rien, mais à présent, ça l'étonnait bien moins qu't'à l'heure, et pour une raison bien simple ...

- Il a écrit des choses qui t'amènent au trou en moins d'deux, 'vrai ? Il racontait quoi, ton Gérard ? Qu'fallait - il baissa sensiblement la voix - buter d'l'argousin ?

Gérard, lui, s'intéressait pas trop aux pamphlets ni aux journaux d'opinion. Cependant, il savait faire parler les anars qui imprimaient leurs feuilles clandestines dans des caves ... et parfois même, il touchait un petit pactole pour une piaule où caser une presse, pour tourner autour d'tel endroit par sécurité ... ou encore pour son silence. Il laissa planer le doute, un instant ... Puis il lâcha, délibérément moqueur :

- Et tu crois qu'ces canards, ça s'signe avec un vrai nom ? T'es un malin, toi ...

Pour une fois que Gérard la Castagne pouvait manier l'ironie...

Citation :
On approche du dénouement, foi de MJ ! Wink

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MessageSujet: Re: [Petit Scenario] Ce n'est que le début   [Petit Scenario] Ce n'est que le début EmptyDim 24 Mar - 13:33

- Et tu crois qu'ces canards, ça s'signe avec un vrai nom ? T'es un malin, toi ...

Ludwig manqua de partir au quart de tour une fois de plus, mais peut-être était-il arrivé à saturation d'insultes pour la journée ? Un éclair illumina son sens de l'adaptation et il répondit, d'une façon presque automatique.

« Non, non, bien sûr. Mais si tu avais connu son pseudonyme, tu avais connu son vrai nom aussi. En tous les cas, moi je ne connais que son nom de plume... enfin, ça ce n'est pas grave parce que tu le connaissais peut-être comme ça... »
Enfin, il s'embrouillait lui-même et rageait un peu de ne pouvoir être complètement intelligible. A cela venait s'ajouter la première phrase que lui avait dite son voisin et dont il n'avait pu extraire qu'un sens global. Pour faire semblant d'avoir bien compris et en tâchant tout de même de clarifier l'affaire, il continua :
« En tout cas, oui, il a écrit que la maréchaussée n'était pas compétent. Je pense effectivement cela vrai, il fallait que tu vois la policier qui me conduit ici. Vraiment. Incroyable. Donc je crois que Gerard, ou n'importe son nom, il est encore un homme libre. »
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MessageSujet: Re: [Petit Scenario] Ce n'est que le début   [Petit Scenario] Ce n'est que le début EmptyJeu 28 Mar - 0:00

[Petit Scenario] Ce n'est que le début 2hhmb0l
Gérard répliqua à son tour, sa voix grave et rauque devenue presqu'inaudible.

- C'est pas aussi simp' que ça. T'sais qu'ça peut t'envoyer à l'ombre, un papier un peu anar'. Bah les gars changent eud'nom à chaque fois. Comme ça, s'y tombent, c'que pour un papier, pas pour dix.

Il réfléchit un peu, puis lâcha, distraitement :

- J'ai entendu qu'on imprime tous les trucs du Renard, d'puis qu'il est pris...Il est fichu d'façon et ça peut servir la cause, qu'y disent ... T'as dû tomber sur eune feuille d'ça.

Et il ne répondit rien d'autre, trop surpris de voir que l'injustice était aussi le fait des riches... Pendant ce temps, des éclats de voix commençaient à se faire entendre : on approchait. C'était le moment d'échanger les derniers mots, décisifs s'il le fallait... Qui sait ce qui surgirait ensuite de derrière cette porte...

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MessageSujet: Re: [Petit Scenario] Ce n'est que le début   [Petit Scenario] Ce n'est que le début EmptySam 6 Avr - 3:53

A l'entente du nom de Renard, le cœur d'Elke s'emballa. Mais il n'eut guère le temps de répondre qu'au loin claquèrent des bruits de pas. La peste de ce sort, décidément ! l'homme lui donnait pourtant des informations très précieuses !
La turbine de ses pensées se joignit à l'agitation : le garçon aurait voulu pouvoir continuer la discussion, hors les murs s'il l'avait fallut. Il se rendit alors compte qu'il n'avait rien, pas même un mouchoir sur lequel inscrire son nom. Frappé par cette révélation, il se jura de ne jamais plus sortir sans carte de visite... mais pour l'heure, il fallait procéder rapidement.

"Écoute. Je connu Renard. Je étais présent quand il y a eu le attentat, j'ai tout vu. Mais écoute, tu sais des choses. Et je peux aider tes problèmes."

L'allemand parlait vite, mais il compensait en articulant plus que d'ordinaire. Sa gestuelle avait pris le goût de l'affolement, et un observateur minutieux aurait remarqué que ses mains tremblaient légèrement. L'adrénaline, à présent, le poussa vers une audace aléatoire. Il devait essayer.

"Si tu me trouver, tu vas à l'hôtel Mercy-Argenteau. Tiens, à le comptoir, tu demanderas Gerard. Voilà. Gerard. Un te diras où tu dois aller." Lança t-il d'une traite. Il avait presque touché l'autre brute dans sa verve, mais en tout cas, il ne l'avait pas lâché du regard une seule seconde.

Pause.

"Mercy Argenteau..."

Il se redressa soudainement et se dirigea vers la porte de la cellule. Là pris un air impatient et détestable : il était prêt à les recevoir.
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