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 [Intrigue] Attentat au café d'Harcourt

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Pierrot Lunaire
La bouche clownesque ensorcèle comme un singulier géranium


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MessageSujet: [Intrigue] Attentat au café d'Harcourt   Sam 4 Fév - 18:10

Le mois de février s’était terminé dans la grisaille ambiante et un froid de plus en plus mordant. Mars avait suivi, nonchalant et frileux, et la vie parisienne semblait bien peu changée. Après le premier choc de l’attentat, les gens s’étaient remis, doucement, à leurs petites affaires. Demeurait une inquiétude, cependant : comment expliquer que la Police tardât tant à trouver le coupable … ? Et l’on s’accordait, avec un petit frisson, que tout serait pour le mieux quand on aura attrapé les derniers anarchistes qui, apparemment, maîtrisaient mieux l’art de la cachette que les autres.

Nous sommes à présent le 11 mars 1896. Cela devait être un soir comme les autres. Le café était un peu vide, mais il était encore un peu tôt. Attablés autour de pichets de mauvais vin, toujours les éternels étudiants et leurs éternels paletots noirs et leurs cols bien blanchis, et quelques commères au fond qui chuchotent sous l’ombre de leur chapeau. Peu d’habitués, car les gens se jetaient des regards scrutateurs et curieux. Devant le café chantonne une mendiante. Elle n’entre pas, on sait qu’on le lui a interdit, depuis l’incident de l’autre jour. Cependant, la patronne, prise d’un bon sentiment soudain, lui offre une place et l’installe derrière un pillier, dans un coin d’ombre. On lui apporte une miche de pain un peu rassi, du vin coupé à l’eau et ce qui doit être les restes du plat de ce midi. Première de nos protagonistes : Ninie-la-Noiraude. Un jeune homme blond s’est installé près de la fenêtre, et fait tourner une cuillère de fer blanc dans une assiette à potage. Il est rêveur ... Et son col est un peu trop blanc, ses chaussures un peu trop vernies pour qu’on n’y décelât pas quelque bonne fortune. Deuxième de nos protagonistes : M. de Fréneuse.

C’est alors qu’un groupe de jeunes gens entre, en fanfare. Parmi eux, l’on aura peut-être remarqué un homme, museau finaud, tignasse rousse : notre troisième protagoniste, Le Renard. Il a la démarche pesante de quelqu'un qui a eu une rude journée ... Il s'assied, dépose sur le dossier de la chaise une veste fatiguée, comme pour ne plus en être gêné. Il commande un verre d'eau-de-vie qu'il boit à grandes lampées ... Puis il se lève, paye, et s'apprête à sortir. On n'a pas le temps de lui dire qu'il a oublié sa veste : déjà il arrive au niveau de la porte ...

Une explosion au fond du café. Plusieurs chaises volent en morceau, soufflées, on entend un cri … La fenêtre s’est brisée en mille morceau et des débris de verre jonchent la rue. Assourdis par le bruit, hagards, blessés peut-être, nos protagonistes sont à terre, sous les tables renversés.

Et c’est là que tout commence.

Ordre libre.

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Le Renard
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MessageSujet: Re: [Intrigue] Attentat au café d'Harcourt   Sam 4 Fév - 19:50

"Tu l'as ?" La voix de Renard est encore plus rauque que d'habitude, comme si un énorme matou avait élu domicile dans sa gorge. Il se trouve dans l'encoignure d'une porte, à quelques rues du d'Harcourt et il s'adresse à un homme qui chapeau enfoncé jusqu'au yeux faisait le pied de grue depuis quelques minutes.

"Tiens, là c'est la mèche, réglée sur deux minutes, tu auras peu de temps pour sortir du café, ne traîne pas."

Un objet passe d'une main à l'autre, la pénombre de ce début de soirée empêche que l'on puisse discerner autre chose que deux hommes aux vêtements sombres et une petite marmite en fer blanc. Que Renaud saisit et glisse au fond de sa poche.

Il rentre la tête dans les épaules et continue sa route.

"Vive La révolution !" Un homme sur sa route, lui aussi vêtu d'un long manteau, une main glissé dans une poche, serrant un revolver, c'est Francesco, un camarade espagnol, c'est lui qui aura pour charge de couvrir ses arrières si cela tourne mal, Renaud le connait peu mais qu'importe, il n'y a pas de raison que ça se passe mal, pourtant il a la gorge serrée, il ne peut répondre au murmure de soutien. Il sent de longues gouttes de transpiration perler dans son dos et descendre le long de sa colonne.

Un groupe de jeune gens marche à trois pas devant lui, si ils vont au café ça sera une parfaite diversion pour se glisser dans la place sans se faire remarquer, L'Renard les suit de près.

Les étudiants poussent la porte, Renard sur leurs talons, le dernier lui tient même la porte, alors que le groupe bruyant prend place dans le devant de la salle Renaud lui gagne le fond de la salle.

Sa bouche réussit à articuler suffisamment pour passer commande d'une boisson forte. Il en a bien besoin, ses mains tremblent presque alors qu'on lui amène son verre. Il a le dos voûté, l'air fatigué. Une longue gorgée, l'alcool le réchauffe un peu mais il tremble toujours, il cache sa trouille dans une seconde lampée.


*Nom de Nom Berger mon gars ressaisis toi !*

Ses yeux se lèvent enfin, la seconde lampée lui a remis la tête sur les épaules, il détaille les hommes et les femmes présentes, reconnait Fréneuse, proche de la vitrine, tant mieux Le Renard auraient eu des remords tuer quelqu'un qu'il connait, ce n'est pas un assassinat c'est une revendication. Ce lieu où l'on s'empresse, où l'on boit le vin sans penser à demain, où l'on rempli l'air des babillages inutiles doit être fermé, Paris doit trembler, Paris doit ouvrir les yeux. La misère du monde existe, et elle a décidé de se faire remarquer !


Le verre est fini maintenant, Le Renard hésite à en reprendre un autre, mais non si il le fait il n'osera pas. Aussi discrètement qu'il peut le faire il allume la mèche de la bombe artisanale confectionnée cette nuit même par des camarades ouvriers. Peut être les même que ceux de l'Opéra, ça Renaud ne le sait pas.

Il dépose quelques pièces sur la tables et laissant son manteau s'en va. Un observateur attentif remarquera que ses yeux suivent la trotteuse au dessus du miroir du comptoir et que de longues perles de sueurs descendent le long de son front.

Ce même front qui est projeté soudain vers l'avant, il allait atteindre la porte, il y était presque, déjà sa main se tendait. Mais il faut croire que l'explosif était mal réglé et l'engin a sauté trop tôt.

Renaud ne sait plus où il est, il a mal dans tout le dos et à la jambe, comme après une chute, son visage est rougi par plusieurs coupures qui décorent sa peau. Il est sonné, sa tête a du heurter la porte vitré au même moment où celle ci explosait, une table soufflée par l'explosion est venue le clouer au sol et il n'arrive pas à se relever. Pas tout de suite...

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Eugénie Landreau
Ninie-La-Noiraude


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MessageSujet: Re: [Intrigue] Attentat au café d'Harcourt   Sam 4 Fév - 22:45


    Elle était revenue, tel le moineau cherchant à grappiller quelques miettes afin de survivre. Eugénie n'avait pas oublié la mise en garde et se tenait donc à l'écart, loin des griffes du chat. La vagabonde avait même commencé à amorcer des pas vers la rue quand la matrone montra son profil. Mais loin de la chasser, elle l'appelait, lui donna un coin où s'asseoir et de quoi se restaurer. Cachée dans l'ombre afin de ne point être vue, Eugénie mangeait avec délice. Gloutonne comme une enfant. Le pain devenait doux dans sa gorge, les restes pas si mauvais que ça. La faim causait toutes sortes de délires.

    Trop occupé à profiter des beaux morceaux, Eugénie ne regardait guère les environs. La présence même du Renard ne la troubla pas mais ce fut tout autre chose de l'explosion. Ce fut le trou noir, le black-out. Les yeux plein de taches de lumière, la tête lourde, Eugénie se retrouva à terre. L'assiette brisée avait lancé plusieurs éclats dans sa paume qui saignait, et d'autres débris avaient strié son corps d’égratignures. Eugénie se passa la main derrière la nuque, sentit le sang, le vit sur sa main - mais loin de crier, elle tenta de se relever. Sa tête bourdonnait, les cris des autres occupants ne cessaient d'emplir ses oreilles.

    C'était le chaos, la débandade. Eugénie tremblait - de peur, du choc de l'explosion qui secouait encore ses membres. Elle haletait, remerciait le pilier de l'avoir préservé. Tordu comme un pauvre boiteux, celui-ci avait reçu une table qui l'avait plié. Enjambant, s’égratignant les pieds, la jeune femme tâchait de le contourner, de sortir du bar.

    Mais elle ne savait plus où donner de la tête. Cette tête qui pesait si lourdement, encombrée de bruits. Vacillante sur ses jambes, Eugénie se retint au comptoir, clignant des yeux.
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Jean de Fréneuse
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MessageSujet: Re: [Intrigue] Attentat au café d'Harcourt   Lun 6 Fév - 14:13


Lui, il était venu, avec lassitude et naïveté. Ses pas l'avaient mené là comme ils le menaient, de plus en plus, vers les lieux interlopes et les bouges orientaux. Il fallait bien se l'avouer : Jean fuyait quelque chose - ou cherchait quelque chose, va savoir. Ce soir-là, il avait songé, intensément, à ce qu'avait pu être sa vie, à ses vieilles aspirations, à son destin manqué. Le soir du 8 février le hantait depuis près d'un mois maintenant - il y avait perdu une part d'innocence ou d'aveuglement. Ces noctambulismes-là, avec la ferveur et l'impatience, n'était plus possibles à présent - alors il changeait de lieu, comme pour retrouver cette liberté des sens, cette évasion pas dangereuse. En vain. Jean se trouvait maintenent devant un potage qu'il n'eût jamais trouvé à sa table - quelque chose de simple, avec des morceaux de chou et de pomme de terre gorgés d'eau. Ce n'était pas mauvais, c'était ... Différent. Il trempait sa cuillère dans ce modeste breuvage lorsque le groupe d'étudiants surgit dans la brasserie. Il ne vit pas le Renard tout d'abord, en bon évaporé qu'il était. Ce n'est que lorsqu'il le vit sortir qu'il se dit avoir déjà croisé cet homme ...

Et puis il y eut l'explosion. Le souffle le projeta au sol, parmi les débris de verre et les chaises tordues. Chaos de bois roussi, de fer tordu, de chairs meurtries. Il y eut un instant de vide... - plus un bruit, plus une image. Il était bel et bien absent, sonné qu'il était. Lorsqu'il rouvrit les yeux, quelques instants plus tard (combien de temps ?), il ne se souvint pas, aux premières secondes, ce qu'il faisait là et ce qui s'était passé. Mais les cris alentours et une douleur lancinante à la jambe le ramenèrent vite à la réalité. Étourdi, il baissa les yeux - le pantalon déchiré était enduit de sang et la tête lui tourna. A chaque geste, c'était une douleur nouvelle - coupures diverses et contusions. Cependant, les gémissements continuaient, et rien ne venait du dehors. Il vit les pilliers pliés, l'odeur de roussi qui venait du fond ... Alors il voulut se lever.

Sa jambe droite ne le portait qu'à peine - il vacilla, retomba une fois, grand corps lourd. Et puis il se leva de nouveau, prenant appui sur ce qu'il trouvait - les doigts recroquevillés par la douleur. Sa jambe était lourde, son esprit pâteux. Ainsi donc, le destin l'avait rattrapé, n'est-ce pas ... ? Il se dirigea vers la sortie, à son tour. Mais celle-ci était bloquée par une table renversée. Épuisé, les cheveux collés à ses tempes par la sueur, il s'appuya au comptoir à son tour. Des points lui dansaient devant les yeux, il ne voyait plus grand chose - trop d'effort, trop de sang perdu. Tâtonnant pour trouver quelque chose (un chiffon, un bout de tissu, peu importe), il posa alors la main sur quelque chose de chaud - une autre main. S'y agrippant comme par réflexe et refusant de la lâcher, il dit sans force :

- Tout va bien ... ?

C'était on ne peut plus idiot comme question, n'est-ce pas ... ? Mais vacillant toujours, Jean aperçut une main sous la table, à ses pieds. Il voulut crier, appeler au renfort, mais c'est d'une voix ridiculement faible qu'il lâcha :

- Mais il y a un homme sous cette table !

Difficile de dire si on l'avait entendu. Ils étaient environnés de silhouettes vaguantes, certaines s'approchant de la table qui bloquait l'issue, d'autres se glissant, en dépit du verre, par les fenêtres brisées. Des corps restaient là, inertes, oubliés.Et eux, ils étaient là, comme des naufragés trop hagards d'avoir traversé la tempête.
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Elke von Herzfänger
Un jour je serais, le meilleur dandy, je moustach'rai sans répit


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MessageSujet: Re: [Intrigue] Attentat au café d'Harcourt   Jeu 9 Fév - 12:47

Voilà à présent qu’il était arrivé depuis quelques semaines. Il se sentait déjà bien plus à l’aise, certes pas tout à fait parisien pour le moment mais il avait noué quelques contacts, on parlait de lui, parfois, dans un cercle il est vrai, très circonscrit, et à une fréquence encore trop lacunaire – admettons –, mais c’était un début. Par ailleurs, il appréhendait un nouveau terrain de jeu : il n’était pas si familier des théâtres mais s’attaquait à présent aux cafés et diverses brasseries de peu de luxe, car on y faisait des rencontres aux bras souvent plus longs qu’on ne l’eût imaginé. Cela l’avait ainsi amené plus d’une fois à la Brasserie le d’Harcourt – et à ses concurrentes ; et ce soir-là, alors qu’il ne faisait pas encore bien nuit, il se surprenait à s’y rendre d’une impulsion presque machinale.

Guilleret à l’idée d’une soirée qu’il pressentait agréable, il allait rentrer quand soudain une explosion. Il amena ses bras vers son visage mais plusieurs éclats de verre vinrent lui tailler la peau et le costume, le souffle le fit tomber à terre et un bruit aigu perça ses tympans. Il cligna des yeux – mais rien – et toujours ce bruit. Il avait chu sur le séant et resta abasourdi un moment. Après un temps à avoir maintenu les mirettes grandes ouvertes, elles daignèrent rétablir une image de la réalité plus familière. Il se redressa machinalement et le temps retrouva son cours habituel – avec comme une impression d’accéléré. A travers le trou où il y avait avant une vitre, il reconnut de Fréneuse qui s’agitait. Il observa, sans même avoir la pensée qu’il devait agir lui aussi. Puis cette idée lui vint et il s’agita à son tour.

Il attrapa la poignée et tenta d’ouvrir la porte mais elle lui résista. Mu par un désir de vaincre sur l’objet, il s’acharna avec une vigueur imbécile contre l'inerte poignée et envoya même l’épaule : il sentait qu’elle pouvait s’ouvrir, il y avait juste cette... petite... résistance ! Il tira d’un coup vers lui et fut emporté par son élan. Il fit quelques pas en arrière, manqua de tomber et ne rata pas de se faire mal au poignet, mais pas le temps de penser outre mesure, il pénétra enfin dans le café.
Dans son champ de vision, il aperçut une jeune femme qui se retenait comme elle pouvait au comptoir, un instant il voulut l’aider – pourtant, il y avait cet homme sous la table, et de Fréneuse, complètement vacillant ; ses pensées oscillèrent : la fille était mal en point mais… son allure également ne donnait pas… était-ce le moment de telles considérations… et puis ces autres gens, tous ces cris… mais cet homme lui, il… oh et puis, de Fréneuse aussi était mal en point et puis Elke savait au moins qui était le blond et puis les gens, les autres, ça bougeait par-là, on devait ne pas être trop blessé : ils s’aideraient entre eux…

Bon allez, pas une seconde de plus à perdre, Elke rejoint son « ami » et attrapa la table à pleines mains : on aurait bien le temps de s’occuper des autres !


Dernière édition par Elke Von Herzfänger le Ven 24 Fév - 15:39, édité 1 fois
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Pierrot Lunaire
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MessageSujet: Re: [Intrigue] Attentat au café d'Harcourt   Sam 11 Fév - 23:08

Quand notre quatrième protagoniste arriva, la situation était déjà chaotique au possible. Dans la rue, après M. von Herzfänger, une masse de badauds s'attroupa bien vite, commentant, déplorant ou agissant à la suite de notre allemand audacieux. Une patrouille de Police qui passait là se fraya un chemin parmi la foule et libéra autant qu'elle le put le trottoir et un bout de la rue - on arrêta la circulation sur la voie et il y eut un encombrement de fiacres au carrefour ...

A l'intérieur, les blessés légers semblaient les plus nombreux : quelques étudiants se levaient à leur tour apparemment sonnés et s'éloignaient rapidement vers la sortie, créant un encombrement au niveau du comptoir. L'une des commères, rendue silencieuse, suivait mécaniquement. Au fond, quelques âmes gémissaient sans pour autant se lever par elles-mêmes. On dénombrait deux ou trois corps inertes. La patronne, échevelée, était bien vivante, et agitant une main ensanglantée en tous sens, elle criait des mots sans suite :

- Mon café - mon café ! Eugène, où est Eugène ? Retrouvez Eugèèène ... ! Mon café !

Cependant, le temps pressait : on pouvait craindre un départ de feu. Tandis que Jean restait inerte, l’œil trouble, Elke avait soulevé la table qui recouvrait le Renard. Deux badauds qui l'avaient suivi, par curiosité ou par orgueil de pouvoir jouer les héros, la déplacèrent avec lui - non sans difficulté - pour laisser le champ enfin libre ... Trois personnes extérieures, qui n'avaient pas vu le manège du Renard et crurent aider un homme parmi d'autres ... On le releva, et on voulut l'accompagner, doucement, vers la sortie, "où l'on prendrait bien soin de lui". Pendant ce temps, la tenancière s'exclamait, toujours plus hystérique, en direction des jeunes gens debout :

- Le coupable, 'pas eu le temps de sortir ! Il est là, j'le sais ! Il faut le trouver, lui faire payer !

Mais son appel resta sans suite pour l'instant : en de telles circonstances, il s'agissait d'abord de sauver sa peau. A présent que l'issue était libre, il y eut un mouvement général vers le dehors. Deux étudiants se pressaient derrière Jean et Eugénie, ils en soutenaient un troisième, visiblement inconscient, et appelaient à l'aide ... Pas de trace du dénommé, à savoir le tenancier, mais peu de gens semblaient s'en soucier.

Vous n'avez plus qu'à courir, tituber, ramper vers le dehors. Une foule en cercle, canalisée par des agents de Police et des pompiers fraichement arrivés vous attend, curieuse et bruyante. Déjà par la fenêtre, on projette de l'eau vers le fond du d'Harcourt. Les esprits sont encore un vaste champ de bataille, et c'est à présent à vous de nous dire où vous en êtes, dans cette confusion générale.
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Le Renard
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MessageSujet: Re: [Intrigue] Attentat au café d'Harcourt   Lun 13 Fév - 2:12

Des mains l'empoignent, il sent déjà le contact froid des chaînes et le couperet de la guillotine sur son cou, le guetteur aurait déjà dû intervenir mais Renard ignore que celui ci voyant que ça tournait mal à préféré mettre les bouts. Il essaye de se dégager, sa main cherche son surin et ne trouve que d'autres corps qui l'empoignent, enfin les mots arrivent à son oreille, on ne le suspecte pas, ce sont là d'innocents badauds qui cherchent à accomplir leur bonne action, qui cherchent à faire ressurgir sur eux la gloire de l'événement pour dire dans quelques temps "j'y étais, j'ai tout vu, j'ai même aider un blesser." Ah si il savait !

Renard se laisse porter, il est tellement fatigué, il a tellement mal, tout son crâne le lance, son dos le fait souffrir et ses jambes tremblent, tant sous l'effet de la douleur qu'a cause l'angoisse qui le saisit, il risque à tout instant d'être découvert, les cognes vont et viennent autour de lui, n'importe lequel de ces jean foutre peut reconnaître en lui le "sujet à surveiller" qu'il est. Il faut absolument qu'il vide les lieux, le plus vite et le plus discrètement possible, mais il se sent tellement faible.

Les mains le lâchent et on le fait asseoir sur le bord du trottoir, son corps glisse dans le caniveau boueux, les bouts de verres qu'il a plantés dans le dos lui arrachent un gémissement et il voit soudain la face rubiconde d'un agent au dessus de lui.

Va t-il être reconnu ? Ou lui laissera t-on reprendre ses esprits afin qu'il puisse s'enfuir ou se fera t-il appréhender et mener à l'abattoir, voir pire, lapidé par la foule en colère ?
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Eugénie Landreau
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MessageSujet: Re: [Intrigue] Attentat au café d'Harcourt   Lun 13 Fév - 22:56

    Elle avait sursauté en sentant cette main chaude, tremblante, prendre la sienne comme un noyé s'accrochant à une planche brisée. Par réflexe, Eugénie avait retenu les doigts, n'avait nullement fuit l'étreinte. Le regard de l'homme était hagard, terrifié tel un enfant. Eugénie avait balbutié des mots sans queue ni tête dont elle ne se souvenait plus - son coeur battait à tout rompre, son esprit courait à bride abattue. Elle était perdue et la vision de ce corps coincé sous la table, les cris alentours... L'on se serait cru dans un asile de fous.

    La venue de sauveurs - policier aussi bien que simples citoyens - calma un tant soit peu la vagabonde. Les cris de la tenancière la faisaient frémir - pauvre femme qui n'avait rien demandé. Tenant toujours la main de cet homme, cet inconnu tout aussi perdu qu'elle, Eugénie suivit la troupe, regagna le jour. Comme si elle revenait des Enfers. Elle détache alors ses doigts de la main de l'inconnu, lentement, comme à regret.

    — Veuillez m'excuser... Monsieur... allez-vous bien ?

    De ses yeux sombres elle l'observa de haut en bas, vit le corps penché d'un côté, la jambe trainant en arrière.

    — Il vous faudrait un médecin. Quelqu'un a du aller en quérir, du moins j'espère...

    Elle ne savait pas comment prendre les devants - qui écouterait une vagabonde ? Elle se demandait même comment elle pouvait tenir debout alors que tout tremblait en elle.
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Maximilien Debongure
Futur pélago !


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MessageSujet: Re: [Intrigue] Attentat au café d'Harcourt   Mer 15 Fév - 19:17

Cela s’appelait du bruit. Maximilien était à quelques rues de là lorsque la bombe avait explosé. D’ailleurs, il l’avait su immédiatement, que c’était une bombe. Quoi d’autre ? Alors il avait pressé le pas, mené par son flair, par son envie de savoir.

Déjà lorsqu’il arriva une foule se pressait autour du café. Comme cela, le d’Harcourt avait explosé ! Le pouls du journaliste s’accélérait : serait-il, par miracle, l’un des premiers sur les lieux ? Il se sentit pousser des ailes et ne put empêcher ses jambes de partir à toute allure, traversant la route encombrée, bousculant un agent de police. Un certain chaos régnait déjà. Il passa au travers de la foule –il était doué à ça, d’ailleurs- et se planta devant la vitrine. Ce qu’il vit le laissa quelque peu abasourdi. Autant de dégâts…Les vitres brisées, la porte défoncée…et l’intérieur semblait fumer de tous côtés, s’être retourné de lui-même. Il ne distinguait plus grand-chose qui ressemblât au d’Harcourt qu’il avait connu.

Il vit quelques blessés sortir. Des blessés plus ou moins graves, vacillants, appelant, gémissant, ou gardant le silence et les yeux horrifiés. Il sentit l’odeur du chaos, l’odeur de la terreur. Il palpa l’angoisse, les quelques secondes de suspend qui avaient suivi la détonation. Il se décida à agir, pour être au cœur de l’événement mais aussi, et surtout, pour venir en aide à ces blessés hagards.

Il se dirigea vers deux personnes un peu à l’écart, que personne n’avait pris en charge. Une jeune femme aux allures de vagabonde qui semblait gravement s’inquiéter pour un blondinet à la jambe traînante. Il les avait déjà vu quelque part, ces deux là. Jamais ensemble, il en était certain, mais il les avait déjà aperçu.

Il s’approcha d’eux et posa la main sur l’épaule de l’homme.

-Comment allez-vous monsieur ?

Puis se tournant vers Eugénie :

-Et vous ? Vous êtes toute pâle, vous feriez bien de vous asseoir…

Bien sûr que Maximilien comptait leur poser des questions par la suite. Après tout, il avait son métier dans la peau. Mais pour le moment, il était uniquement motivé par une philanthropie tout à fait spontanée.
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Jean de Fréneuse
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MessageSujet: Re: [Intrigue] Attentat au café d'Harcourt   Jeu 16 Fév - 1:43

Jean devait être bien pâle pour que l'on se souciât ainsi de son état. Il secoua la tête, sans même savoir ce qu'il pouvait bien nier et fit un geste de main qui se perdit dans les limbes ...

- Ah ... Ça ira, ça ira ... Pas besoin ...

Mais un ultime vacillement vint démentir ses propos. A l'invitation du jeune homme, ce fut lui qui s'assit, ou plutôt se laissa tomber - à croire que le trottoir l'appelait à lui, ces derniers soirs ... Il dodelinait de la tête alors qu'autour de lui, l'agitation était de plus en plus grande. A présent que sa jambe ne le portait plus, sa douleur s'atténua un peu et les idées lui revinrent ... Il leva la tête vers celle à laquelle il s'était agrippé et sembla surpris devant sa mise. Puis il embrassa du regard la foule - nombreux visages, trop nombreux visages ... - il se retourna un peu, voyant le chaos à l’œuvre au dedans ... Il suivit des yeux ces silhouettes qui sortaient, que l'on sortait par la force des bras. Il aperçut alors le Renard - l'homme au fiacre ! l'homme du fumoir ! Mais bien sûr ! - et il le héla (le hasard, pour le plus grand malheur du Renard, les avait encore placés non loin de l'autre) :

- Et vous y voyez pas un drôle de hasard, cette fois ... ? - Il gémit, posant la main sur sa jambe - ... Je crois bien que vous aviez raison. Il semblerait que quelque chose ait voulu se rattraper ... Ceci dit, ça semble encore avoir raté son coup ...

Apparemment, il ne venait pas à l'esprit de notre embrumé professionnel que cela pût être son interlocuteur qui était à la source de tout. Mais tandis qu'il parlait, un médecin s'était frayé un chemin parmi la foule. Et puis des silhouettes noires se multiplièrent autour d'eux : il lui sembla que les agents de police s'étaient dupliqués. Et sans comprendre, il chercha du regard, stupidement, quelle pouvait être la raison à cela. Puis il constate avec un frisson que l'on sortait un, deux, puis trois corps, dont on recouvrait le visage d'un mouchoir ... Tous ces hommes en noir ... Ce devait être pour transporter les décédés et compter les morts, n'est-ce pas... ?


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Elke von Herzfänger
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MessageSujet: Re: [Intrigue] Attentat au café d'Harcourt   Lun 20 Fév - 0:48

Tout alla très vite. Des hommes l’aidèrent, le champ fut libre, les gens qui étaient valides se précipitèrent au dehors, Elke fut bousculé à plusieurs reprise. Il n’eut pas bien le temps de tout comprendre : on amena l’homme qu’il avait aidé au dehors, de Fréneuse fut pareillement emporté et la tenancière criait à qui mieux mieux en lui cassant les oreilles. Il prenait difficilement conscience des dégâts qui l’entouraient, il fixa son attention au dehors. Avant de sortir, il se retourna, la patronne, hystérique, cherchait toujours son Eugène. Il se demanda si c’était son enfant, il eut un pincement au cœur, puis il sorti. Au dehors, le bruit l’agressa de nouveau mais c’était un charivari et non plus des vocalises. Les pompiers, les médecins, les policiers étaient là et investissaient les lieux sans plus attendre. Ça grouillait de monde tout à coup.

Elke se tint à l’écart un instant, il observait le groupe en masse devant le café. Sur le trottoir, de Fréneuse, l’homme sous la table, pas loin la gueuse et un garçon bien mis qui causait tous deux à son « ami ». Il se sentit exclu, il n’aimait pas ça. Et lui alors ? On ne lui adressait pas la parole ? Personne pour venir se soucier de son état ? Il maugréait mais aperçut un policier qui faisait partie du tas, il pensa immédiatement à engager la conversation. Il était temps que les lumières se posent un peu sur lui également.

Il attrapa la main du brave type qui n’avait rien demandé et la serra vivement.
« Ah meussieur, cela fait du plaisir de voir que les forces de l’ordre sont prompt à agir sur la capitale. » Il tachait de soigner son français… « Figurez-vous, j’étais là depuis le départ, je tout vu, je peux vous raconter – j’a même aidé à l’intérieur, si vous voulez savoir ! » Les yeux brillants et le sourire bien trop franc pour l’occasion, il était fin prêt à répondre aux questions de l’officier.


Dernière édition par Elke Von Herzfänger le Mar 20 Mar - 23:05, édité 3 fois
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Pierrot Lunaire
La bouche clownesque ensorcèle comme un singulier géranium


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MessageSujet: Re: [Intrigue] Attentat au café d'Harcourt   Lun 20 Fév - 22:01

Pourquoi fallait-il toujours qu’il choisisse le mauvais fiacre ? Le cheval était poussif, lent – exténué, sans doute. De la sueur lui perlait sur le dos, et le conducteur rechignait à fouetter la bête, non parce qu’il éprouvait une quelconque pitié, mais parce que lui non plus ne semblait pas pressé d’arriver. Au bout d’un moment, M. Roche, commissaire de son état, perdit patience. Il cria sur le pauvre diable, menaca de l’emmener au poste pour entrave à la Justice … Et lorsqu’ils approchèrent du lieu, il sauta du fiacre sans demander son reste pour finir la route à pied. Il avait perdu là de précieuses minutes et quand il arriva, il était tellement échevelé et hagard qu’il semblait sortir de l’intérieur du café. Il avisa une de ses jeunes recrues qui avait fort à faire avec … Un élégant ?!

- Bonjour Monsieur – on lui avait appris qu’on saluait toujours les gens bien habillés quand on ne voulait
pas avoir d’ennui. Il suffisait de rudoyer quelqu’un pour découvrir ensuite que c’était un prince et être muté dans le coin le plus perdu de l’Ardèche - heureux de voir que vous n’avez rien. Bonjour René, exposez-moi rapidement les faits.

La jeune recrue expliqua en deux-trois mots, un peu fébriles, ce qui s’était passé. Roche hocha la tête, embrassant du regard les silhouettes allongées, les gens hagards alentours ... Un médecin était arrivé et prodiguait les soins les plus nécessaires. Pour l’heure, il posait un garrot sur la jambe d’un jeune homme aux yeux sombres et à la face pâle … Une vagabonde, assez mal en point, se dandinait sans qu’on s’occupât trop d’elle … René lui murmurait quelque chose à l’oreille et il jeta un œil vers nos blessés alignés sur le trottoir. On l’entendit :

- Ensuite, nous établirons la liste des victimes. Les corps devront être identifiés et transférés à la morgue, vous vous en chargerez – Ne me regardez pas comme ça, c’est important. Les blessés légers devront être interrogés rapidement, quoi qu’ils en disent. Quant au reste … Procédons.

Et il se planta devant un homme parmi les blessés : sa chevelure rousse parsemée d’éclats de bois, le dos voûté. Renaud Berger. Derrière, deux autres hommes s’étaient placés. Il n’avait pas sorti d’arme pour l’heure – l’homme semblait bien trop mal en point, de toute façon – mais une matraque était visible à sa ceinture. Coupant court aux mots qui s’échangeaient, au rêve brumeux des assommés du jour, il lança d’une voix forte :

- Monsieur Berger, vous allez nous suivre. Levez-vous.

C'était tout, mais ses mots durent sonner comme un bien dur retour à la réalité.
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Le Renard
Chacripouille, sacré vaurien !


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MessageSujet: Re: [Intrigue] Attentat au café d'Harcourt   Mar 21 Fév - 1:34

Petit à petit il récupérait, son esprit se faisait plus clair, il en ressentait d'autant la douleur, mais aussi la peur, celle d'être découvert, la face de l'agent s'était éclipsé, moins d'une minute, et voilà qu'il sentait la présence, discrète mais bien réelle d'être soudain la cible des regards. Les cognes n'avaient pas trainés ! Enfant d'catin !

Il était hors de question qu'il se laisse arrêter. Sa main vola à sa ceinture y sortant son surin, longue lame effilée qui avait bien souvent aidé l'Renard à s'en sortir contre les turpitudes de la vie.



"Ils sentiront dans peu, nom de Dieu,
Qu'la Commune n'est pas morte !"


Ce fut son unique parole, quelques mots qui n'étaient même pas de lui.

Il se redressa et son bras vola vers l'bide du cogne, il ne se laisserait pas arrêter. Pas sans combattre. Et ce malgré la douleur et la faiblesse qui l'envahissait à chaque instant.


Il connaissait Roche, il avait déjà eu à voir avec le vieux cogne aigri, mais aussi détestable que tous les judas. Il n'aurait aucune pitié pour ce valet de la sureté qui avait mis tant de ses camarade en zonz'.
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Maximilien Debongure
Futur pélago !


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MessageSujet: Re: [Intrigue] Attentat au café d'Harcourt   Mer 22 Fév - 19:45

Maximilien se redressa. Etait-il là ? Etait-il vraiment là ? D’abord, il entendit les paroles du commissaire Roche, dont il attendait encore les nouvelles. Il avait tourné la tête, alerté par son apostrophe à un certain M. Berger, qui lui était totalement inconnu. Mais voilà qu’en l’espace de quelques secondes, un nouveau protagoniste avait fait son apparition. Cette lame qui scintillait attira tous les regards. Ce mouvement si rapide, simplement précédé de quelques mots venus du peuple. Ebahi, bouche bée, il observa un à un les trois éléments de la scène. Le fameux M. Berger, auteur de l’attentat à ne pas s’y méprendre, M. Roche, commissaire de police qui semblait s’attendre à tout sauf à ce retournement de situation. Et ce couteau, qui déjà se mouvait pour aller rencontrer le ventre du commissaire. Il entendit un cri. Lui ne bougea pas.
Il était hors de question d’agir, d’ailleurs, c’était se jeter à la mort. Il était hors de question d’agir, d’ailleurs, il ne voulait pas bousculer le cours de l’Histoire, la marche du monde. Il était juste là pour raconter. Et éventuellement enquêter. Mais jamais prendre la place des acteurs du monde. Jamais.

Il étudia chaque mouvement de l’homme au couteau, fixa sa silhouette, imprima son visage dans sa mémoire. Il ne fallait pas l’oublier, car c’était peut-être lui la clé du chaos qui régnait depuis quelques semaines à Paris.
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Elke von Herzfänger
Un jour je serais, le meilleur dandy, je moustach'rai sans répit


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MessageSujet: Re: [Intrigue] Attentat au café d'Harcourt   Ven 24 Fév - 15:37

Cet homme ! Himmel ! Un couteau ? Prodigieux ! La commune ? Deux pas de recul, des grands yeux ouverts.



Mais ne t’inquiète pas, cher lecteur, car si nous ne donnons ici que les pensées d’Elke au moment où elles apparurent et à la vitesse où elles s’évanouirent, Nous – Régence suprême et Excellence omnipotente – allons pouvoir pénétrer par le pouvoir de la Sainte Ecriture dans l’infinitésimal des millisecondes et des limbes intuitives, et te rapporter de ce séjour jusqu’à la plus infime impression qui traversa le garçon.

Tout se passa très vite – comme tu le sais déjà, mais à l’instant où Elke vit le dénommé Renaud Berger bondir sur l’officier, il eut comme premier réflexe d’attraper sa canne épée. Aber ! Il ne l’avait pas ! Himmel ! Il l’avait oublié ? Seigneur c’était bien le jour ! Mais point le temps de s’appesantir sur ce vide que pesait déjà sur lui une nouvelle charge, et il faut le croire : il fut au moins autant frappé que le policier, sinon plus – quoique d’une façon font différente, nous en convenons –, lorsque l’éclat du surin lui tapa dans l’œil. Un couteau ! Grandiose ! Pourquoi n’en avait-il pas sur lui, au juste ?

Et cette pensée-là s’imprima profondément en lui comme si on l’avait gravé au fer.

Mais cette illumination fut tout aussi vaporeuse et volatile, elle s’éclipsa de sa conscience à l’instant même où le rouquin ouvrit la bouche. La commune ? Oui, cela lui disait quelque chose… oui. Un fragment de vie dans son écran des possibles, il revit son père, une image, un son, il lui parlait de ces imbéciles de français qui ne pouvaient pas se tenir tranquille. Il se revit sourire, grinçant.

Et tout cela, fouip, évaporé après trois secondes. Trois petites secondes où, guidé par son instinct, Elke ne s’était même pas rendu compte qu’il avait fait deux pas en arrière ; où, tout entier dans une curiosité avide, il gardait fixement les yeux ouverts pour ne rien rater des secondes du sable mémorial qui allaient se jouer devant le monde à l’instant.
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[Intrigue] Attentat au café d'Harcourt

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