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 Scène de ménage [Cyrus]

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Anne-Marie Forestier
Crème aux champignons
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MessageSujet: Scène de ménage [Cyrus]   Mar 31 Jan - 10:44

En ce début de soirée, il y avait de l’agitation chez la Forestière. Plusieurs chariots étaient garés devant l’entrée et quelques hommes faisaient des allers-retours pour y amener divers objet. Au rez-de-chaussée de sa demeure, la salonnière coordonnait les moindres gestes de ses gens. Le lendemain soir, elle organiserait une autre soirée dans son salon. Mais pas n’importe laquelle…C’était la première depuis la catastrophe de l’opéra. Elle avait en effet estimé que ce n’était pas très respectueux d’organiser une rencontre à son Cénacle juste après un désastre si grand, car elle se devait d’agir comme si elle était véritablement touchée par cet évènement. Personnellement, elle ne connaissait personne de vraiment proche d’elle ou de sa famille ayant été blessé mais certains de son cercle oui... Elle se montrerait des plus compatissantes pour ceux la. Enfin, pour le moment, l’heure était à la décoration. Quoi de mieux qu’un bouleversement pour faire un peu de ménage et changer son salon ?

Cependant, en cette période trouble, elle estima qu’un peu de sobriété serait de mise. Elle le rendrait plus sobre oui, mais sans pour autant le rendre triste, car jamais elle ne donnerait des airs de deuil à son salon ! C’était un lieu qu’elle voulait joyeux, où l’art avait une place privilégiée. Pour cela elle avait fait appel à un ami à elle, fameux décorateur qui lui avait fait des plans et commander rideaux et autres accessoires. Tout devait être en place pour demain. Ils seraient surpris, sans aucun doute. Cette nouvelle décoration était principalement constituée d’objets, peintures et sculptures d’un art très différent du conventionnel, qui en troublaient plus d’un mais qu’elle affectionnait énormément.

Deux hommes arrivèrent par les portes qu’un autre tenait, avec une immense toile recouverte d’un drap blanc. La Forestière se tourna vers eux.

« Celle-là sera sur ce mur… »


Elle recula de quelques pas et dit plus à elle-même qu’à son audience :

« Oui, ce sera parfait, juste ici, avec le nouveau salon juste en face… »

Un bruit de verre cassé se fit entendre derrière elle. Elle se retourna, fronça les sourcils et d’une voix perçante cria :

« Vous ne pouvez pas faire plus attention ! »

Heureusement, rien de grave, seulement un vase de l’ancien salon. Marielle, qui avait vu la scène se précipita pour ramasser les débris. La Forestière la remercia d’un signe de tête. Elle se concentra à nouveau sur les deux hommes et son immense tableau. Une jeune servante pénétra à son tour dans la pièce et vint se placer juste à côté de la dame. Baissant la tête, elle murmura timidement :

« Monsieur Cyrus Holland vous demande, Madame. »

La Forestière ne porta pas la moindre attention à la jeune fille et continua de s’adresser aux hommes :

« Un peu plus à droite Messieurs, encore un peu… »

La jeune fille se dandinait et ouvrait la bouche sans aucun son n’en sorte de peur de couper sa patronne. La Forestière daigna enfin jeter un regard à la pauvre servante :

« Et bien, faites le entrer, qu’attendez vous donc ? »

La jeune fille partit en courant manquant de s’étaler sur le seuil de la porte. Les jeunes étaient si craintifs de nos jours, ce n’était pas comme à l’époque. En parlant d’époque, Marielle déclara d’un ton enjoué :

« C’est le beau jeune homme britannique, n’est ce pas ? »


La Forestière ignora la remarque de la vieille dame et se tourna vers un miroir pour arranger rapidement sa robe. Marielle qui détestait qu’on ne lui réponde pas, ajouta d’un ton moqueur :

« Vous a-t-il manqué, Anne-Marie ! »

La Forestière se retourna brusquement en lui lançant un regard noir. Marielle éclata d’un rire bruyant et s’en alla en ajoutant joyeusement :

« Je vous apporte du thé et des biscuits. »

Revenant à son image, la Forestière ajusta sa coiffure et se surprit à sourire en pensant à Cyrus. Elle n’avait pas eu beaucoup de temps à lui consacrer lors de la soirée à l’Eden théâtre. Des pas se firent bientôt entendre dans la direction opposée à celle où Marielle avait disparut. Affichant un sourire radieux, elle se dirigea vers l’homme en lui tendant gracieusement la main.

« Mon cher ami, quel plaisir de vous accueillir. »


Elle jeta un rapidement coup d’œil autour d’elle.

« Je suis navrée du… désordre. Je suis en train de refaire la décoration, comme vous pouvez le voir. D’ailleurs, dites moi, qu’en pensez-vous ? Je me suis dit qu’un peu de changement nous ferait du bien à tous.»


D’un signe, elle lui indiqua les canapés et table basse qui avaient étaient déplacés pour l’occasion, attendant leur nouvel emplacement sous le grand tableau.
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Cyrus Holland
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MessageSujet: Re: Scène de ménage [Cyrus]   Sam 4 Fév - 22:26

Je n'évoquerai pas le temps que j'ai passé à me préparer avant de daigner me diriger vers l'hôtel particulier de la Forestière, chacun se doute qu'il fut long. Je n'oserais pas me présenter devant Anne-Marie sans m'être au préalable assuré que rien de ce qu'elle verra en moi ne heurtera son sens du Beau et je sais qu'elle appréciera ces efforts de ma part. Tout le monde aime se sentir important. Moi, j'aime me sentir beau. Et pour cela, fi des fades costumes noirs qui sillonnent les rues, tous semblables, tous pressés : je me pare toujours des couleurs les plus belles et ce printemps qui arrive me permet bien des excentricités. Vert bronze ce sera, donc, sur un gilet gris, avec mouchoir assorti, bien évidemment. Certains de mes amis anglais se sont déjà permis de railler ma collection de mouchoirs, un pour chaque gilet, mais aucune moquerie ne saurait me faire abandonner mon élégance. Cela me prouve juste que j'aurais dû faire preuve de plus de discernement dans le choix de mes accointances.

Anne-Marie Forestier n'est pourtant pas une erreur de calcul et c'est avec le plus grand plaisir que je m'en vais la rejoindre. Nous nous sommes à peine entrevus lors de cette cérémonie d'inauguration et je suis bien triste de n'avoir pu échanger avec elle plus que quelques formalités d'usage, il est donc de bon ton de me rattraper, maintenant que le temps et les obligations ne retiennent aucun d'entre nous.

Retrouver l'hôtel particulier me fait plaisir, je dois bien l'avouer, et c'est avec le sourire que je m'annonce aux domestiques. Certains me connaissent, d'autres, de nouveaux employés ou des gens peu physionomistes, ne semblent pas remettre mon visage. J'en suis vexé, bien entendu, personne n'aime voir tous ses efforts vains, et les miens sont assurément immenses quant il s'agit d'être inoubliable. Dame, si tout cela ne suffit pas, j'ignore ce qu'il me faudra faire pour marquer les esprits !

Je me vois contraint de patienter un peu pendant qu'une domestique annonce mon arrivée à la Forestière et en profite pour détailler les lieux, une fois de plus. Cet endroit est d'un goût exquis à l'image de celle qui l'a décoré, je ne m'y plais que d'autant plus. Les bruits qui me parviennent de la direction où est partie la servante m'indiquent un certain remue-ménage, je me demande bien de quoi il retourne, et l'idée qu'Anne-Marie pourrait être en train de déménager me glace le sang. Ce serait tellement dommage ! Les réunions de notre petit cercle n'auraient pas la même saveur dans des murs plus ternes, moins imprégnés de la formidable grâce de notre hôte.

Quand enfin on m'introduit auprès de la Forestière, je ne peux me défendre d'une certaine appréhension, qui s'efface aussitôt que la dame s'approche avec le sourire aux lèvres. Sans doute ne serait-elle pas aussi détendue si elle devait quitter sa demeure et je me trouve bien bête d'y avoir songé, un événement pareil n'aurait pas tardé à être connu du tout-Paris – du moins la partie du tout-Paris considérant les ragots comme une excellente source d'amusement, ce que je considère avec la plus grande aménité. Rasséréné, je dépose un baisemain parfait sur la jolie main de mon hôte et lui adresse mon sourire le plus lumineux, dont certains disent qu'il me donne l'air bête et d'autres qu'il me rend plus beau encore. Il est bien naturel que j'écoute avec plus d'attention les seconds.

- Ma chère amie, je suis navré de vous déranger alors que vous êtes si occupée, mais vous revoir m'est devenu impératif après que nous nous sommes croisés au théâtre. Je vous remercie de m'accueillir avec cette élégance qui toujours vous caractérise, bien que le moment ne soit pas idéal.

Ayant achevé ma tirade de salutation, j'embrasse les nouvelles décorations du regard, l'oeil critique. Ces œuvres d'art sont splendides, si novatrices et originales que j'en pleurerais, et j'éprouve une certaine émotion à trouver en Anne-Marie Forestier une femme aussi talentueuse lorsqu'il s'agit de décorer son nid. J'en connais bien peu dont le goût soit suffisant pour réussir un tel exercice, les femmes semblent persuadées, pour beaucoup, qu'un intérieur doit être le plus surchargé possible, qu'importent la ligne des meubles et les couleurs des tableaux. Si rien de tout cela ne va ensemble, rajoutons-en donc ! Cela finira bien par s'accorder d'une façon ou d'une autre. Oh, je peste, mais ne puis m'empêcher de trouver cela charmant ; c'est tout féminin de s'adonner à ce genre d'excès et il m'est arrivé de souhaiter qu'on laisse ces dames déborder dans plus de domaines. Elles ajouteraient à notre quotidien une touche de folie qui serait tout à fait bienvenue.

Mon inspection terminée, j'adresse à mon hôte un autre sourire, un sourire de connaisseur satisfait, celui-là. J'ignore si elle saura faire la différence : mes amis me disent que ce sourire-là aussi me donne l'air idiot.

- Tout ceci est splendide, votre goût ne se dément pas avec le temps et j'en suis heureux. Savez-vous que je vous ai crue en plein déménagement, lorsque je suis arrivé ? Ç'eût été bien triste de vous voir quitter cet écrin si adapté à la perle que vous êtes.

Peut-être que j'en fais un peu trop mais je n'en suis pas désolé, car chacune de mes paroles est sincère. Et si ma sincérité est quelque peu emphatique, hé bien, cela prouve seulement que je suis un homme passionné et c'est une qualité que mon hôte peut tout à fait apprécier. C'est donc sur le même ton que je poursuis, ravi de me trouver ici, ravi de tout ce que je vois, ravi, simplement.

- Enfin, tout ceci est une excellente idée et je me réjouis de vous retrouver aussi rayonnante et pleine de projets. Paris peut flamber, je suis certain de vous trouver toujours aussi charmante.
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Anne-Marie Forestier
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MessageSujet: Re: Scène de ménage [Cyrus]   Mar 6 Mar - 11:57

Son bel invité lui adressa un sourire radieux dont il avait le secret. Voilà une visite qui tombait à point nommé, les déménageurs étaient si incapables qu’elle se serait arraché les cheveux avant la fin de la soirée si Cyrus n’était pas venu la sauver. Ses paroles toujours parfaites ne pouvaient que lui remonter le moral. Il balaya la pièce du regard, Anne-Marie, le sourire aux lèvres ne le quitta pas les yeux attendant impatiemment sa réaction. Elle ne doutait pas une seule seconde de la qualité de ses choix mais une seule critique de son ami serait un échec total car elle avait aussi une grande estime pour cet homme des plus raffinés.

Quelle joie quand il affirma que c’était parfait ! Et elle ne se retint pas de rire lorsqu’il lui avoua qu’il croyait qu’elle allait quitter sa demeure. Voici une idée bien saugrenue !

« Je ne quitterai pas de si tôt cet endroit, rassurez-vous, mon cher ! Comment voulez-vous que je trouve un lieu aussi grand et bien placé que celui-là ? Et puis, vous imaginez le temps que ça me prendrait pour annoncer à tous, amis ou non, que je m’en vais. Entre ceux qui joueront les heureux, ceux qui s’inquièteront et ceux qui voudraient des explications ou encore ceux qui préparent les potins du coin, prêt à sortir les pires hypothèses, je n’aurai plus une seconde à moi. »

Anne-Marie se mit à rire encore une fois, imaginant elle-même toutes les horribles journées qu’elles devraient passer. Elle se dirigea alors vers le salon où ils s’installèrent confortablement dans les fauteuils. Cyrus lui fit un énième compliment… Vraiment c'était un homme parfait !

« J'espère que Paris ne flambera pas de si tôt... que deviendrait mon salon ? »

Elle annonça cette phrase sur le ton de l’ironie ; mais il était bien certain que c’était effectivement ce point et uniquement celui-là qui l’inquiétait réellement. Marielle revint dans la pièce avec un grand plateau sur lequel se trouvait du thé et une assiette de biscuit. Elle posa le plateau et versa du thé dans les deux tasses. Elle regarda le dandy avec un sourire puis se tourna vers sa patronne avec un clin d’œil qu’elle voulut discret. Sacré Marielle ! La Forestière fit un gros effort pour ne pas montrer de pointe d’agacement face à son invité de marque. Cela fit sourire d’autant plus Marielle qui semblait deviner assez simplement ce que pensait Anne-Marie. Elle se retourna et avec quelques signes fit comprendre aux hommes qui portaient les différents objets ou les rangeaient, qu’ils étaient conviés à quitter la pièce immédiatement. Cette femme savait se montrer autant utile et efficace que désinvolte et impertinente. Comment avait-elle pu laisser une telle femme parmi ses employés ? Cette question lui revenait à chaque fois.

Elle reporta son attention vers Cyrus.

« J’ai aussi commandé de nouvelles recettes à ma cuisinière, afin de ne pas changer que la décoration. Elle me fait de nouveaux biscuits chaque jour afin que je décide ceux que je garderai. N’hésitez pas à goûter. Votre avis ne pourra que m’aider dans mon choix. »

Elle prit elle-même un des gâteaux.

« Mais, dites-moi, restez-vous à Paris plus longtemps cette fois-ci ? C’est à chaque fois un réel déchirement lorsque vous nous quittez. J’espère, en tout cas, que vous me ferez l’honneur d’être là lorsque j’inaugurerai la première soirée dans mon nouveau salon. Je ne sais pas encore quand tout sera fin prêt, mais vous serez un des premiers invités.»

HRP : Désolée du retard :). Je serai plus réactive pour la prochaine réponse, promis !
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Cyrus Holland
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MessageSujet: Re: Scène de ménage [Cyrus]   Mer 7 Mar - 3:30

Je ris à l'idée de tous les déboires que ma chère Anne-Marie aurait à traverser si d'aventure elle se mettait en tête de quitter cet hôtel que chacun associe désormais à sa personne. Il est certain qu'elle ne connaîtrait plus la paix pendant quelques jours au moins et qu'il serait bien malaisé pour elle de réunir à nouveau son cénacle, éparpillé par cet inattendu changement de lieu. Et que dire des conséquences si elle décidait tout bonnement de quitter Paris ! Cette seule pensée me brise le cœur, je ne peux plus imaginer cette merveilleuse cité sans sa non moins merveille salonnière. Les aventures et les romans n'ont plus le même goût lorsqu'il n'est personne avec qui l'on puisse les partager.

- Je suis bien aise de vous voir animée de si bonnes intentions. Sans vous, Paris serait perdu, pour moi du moins. Avec qui donc pourrais-je converser sur tous ces sujets fabuleux dont vous avez le secret ?

Je pense un instant aux deux autres salonnières très en vue, ces derniers temps. Madame de Lambresac m'a semblé peut-être trop austère et rigide pour mes goûts quelque peu éclectiques, quant à la Présidente, je ne puis nier qu'elle m'intrigue et m'intéresse, mais aucun homme respectable n'oserait aller se galvauder chez elle. Il est bien triste que son salon ait acquis cette réputation sulfureuse, me fermant ainsi les portes de sa demeure et de sa compagnie probablement fascinante, mais cette fâcheuse situation m'a conduit tout droit chez Anne-Marie et je ne le regrette pas le moins du monde. Qui pourrait le regretter ?

Je jette un regard vers les fenêtres qui donnent sur un bel après-midi encore hivernal. Avec un temps si radieux, on ne pourrait songer à Paris qui flambe.

- Je ne m'inquiète guère pour votre salon dans un cas si désastreux, finis-je par dire à la Forestière, mon plus beau sourire aux lèvres. Une femme comme vous n'aura aucun mal à retrouver ses amis même dans les ruines d'une ville ravagée par les flammes. Je vous vois si bien, dressée telle une fleur sauvage au blanc éclatant, au milieu des derniers lambeaux d'une cité incendiée, prête à conquérir de nouveau le monde... Ah, mais je m'égare, souris-je d'un air un peu embarrassé.

Je remercie la domestique pour le thé, le rose aux joues, tel une jouvencelle effarouchée. Ridicule, mais touchant, je suppose. Bien entendu, le thé est parfait, comme il l'est toujours ici, et je prends un des petits gâteaux avec plaisir. Les nouvelles recettes de la cuisinière sont dignes d'intérêt, à n'en pas douter, mais j'ai un petit doute quant à cette note de cerise que je sens dans celui-ci. Du kirsch, peut-être. Non que ce soit mauvais mais Anne-Marie peut proposer bien plus subtil et élégant à ses invités, ce que je lui souligne avec toute la grâce diplomatique dont je puis disposer. Après tout, elle me fait l'honneur de m'inclure dans un choix aussi important que celui des gâteaux servis lors de ses salons, ce serait lui faire injure que de lui mentir ! J'y répugne de toutes mes forces.

Sa dernière question refroidit un peu mon enthousiasme et mon regard fuit le sien, l'espace d'un instant, pour se river sur mon thé encore fumant. Combien de temps resterai-je à Paris ? Mais assez pour me faire oublier à Londres, bien entendu ! Jamais je n'ai évoqué avec Anne-Marie mes déboires parentaux et cela ne commencera pas aujourd'hui, je tiens à ce qu'elle me voie toujours comme ce charmant jeune homme qui fréquente son salon avec plaisir et enthousiasme et non comme le panier percé aux mœurs légères que je me trouve être, une fois éloigné de toute obligation mondaine. En même temps, mes parents n'ont jamais compris que ces sorties qu'ils me refusent si instamment sont la seule barrière entre moi et la débauche et que m'enfermer – dans leur demeure ou dans un mariage – est le meilleur moyen de me perdre.

- J'ignore combien de temps je resterai, réponds-je donc avec prudence. Plus longtemps que d'ordinaire, sans nul doute, car rien ne m'oblige à rentrer en précipitation.

En fait, c'est plutôt tout l'inverse, et c'est justement pour ça que je ne rentre pas. Rentrer signifierait affronter mes problèmes : je ne suis pas connu pour être à ce point courageux.

- Par conséquent, je me ferai un immense plaisir d'assister à votre premier salon et même aux suivants, ma chère Anne-Marie. Ils sont toujours un régal. Qui donc aurai-je le plaisir d'y croiser ?

Vite, changer de sujet.
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Pierrot Lunaire
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MessageSujet: Re: Scène de ménage [Cyrus]   Jeu 29 Mar - 2:20

Eh bien, cette recette allait être mise au ban, comme les précédentes ...C'est qu'il n'était pas facile d'obtenir de ces saveurs fines et audacieuses qui ponctuent une conversation de bons esprits par une note tout aussi spirituelle. Et si les petits-fours servis par la duchesse de Lambresac étaient prisés voire loués alentours, on se gardait bien de dire à quel point ils étaient classiques, attendus - on avait même murmuré que c'étaient toujours les mêmes. La Forestière, à rebours, promouvait le changement. Elle remercia son invité de sa franchise, avec un doux sourire.

- Vous m'obligeriez, vous êtes un des joyaux de ces soirées.

Le retour d'une domestique , cependant, lui fit suspendre sa réponse. Il est des mots que l'on ne prononce que devant un public choisi.
Par chance, Marielle semblait occupée et c'était la jeune fille timide et discrète qui se penchait à son oreille - quel regard la vieille bonne eût-elle lancé !

- Madame, M. Sylvande est à la porte. Doit-on le faire entrer ?

Anne-Marie eut un air de vague surprise. Oh, bien entendu, elle était au courant de ce qu'il se passait, et elle savait pertinemment que toutes les portes ou presque du grand Paris lui avaient été fermées au nez, depuis ce qui avait été révélé dans la presse. Mais le prétexte suffisait-il à la Forestière pour fermer ses portes à ce jeune homme, elle aussi ? Évidemment, il l'avait déçue, s'entachant de scandale alors qu'elle avait daigné lui apporter sa protection, si précieuse dans le monde des arts ... Mais qu'importe ! Être salonnière revenait à savoir s'adapter à ce genre de situations - et non sans grâce ou habileté. Elle usera du scandale, ainsi qu'il se présentera, elle en jouira d'une manière ou d'une autre. Et sa réputation à elle demeurera intacte car elle était parmi les maîtres du jeu, point parmi les pions.

- Mais faites-donc, ma fille. Vous me posez bien d'étranges questions.

Et se tournant vers son invité :

- Je vous prie de m'excuser, les domestiques ne sont pas très à l'aise avec certaines de mes invitations.

Et après avoir bu un peu de thé, du bout des lèvres :

- Cela répond en outre à votre question. Vous savez ce qui se dit ? Et puis, trêve d'euphémismes, vous savez ce qu'il s'est passé, n'est-ce pas ? Oh, je ne suis pas de celles qui passent leur temps à gloser les rumeurs, mais je serais curieuse - et elle eut un petit sourire -de savoir ce que vous en pensez ... Ai-je tort d'inviter Lionel Sylvande parmi nous, croyez-vous ?

Au loin, la silhouette du jeune acteur apparaissait. Il attendit encore un instant avant de faire un pas, comme hésitant à franchir l'arène, ne sachant encore s'il venait en martyre ou en lion.

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Cyrus Holland
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MessageSujet: Re: Scène de ménage [Cyrus]   Sam 7 Avr - 23:08

Le nom de Sylvande éveille immédiatement quelques échos en moi et j'oserai les qualifier de douloureux. Ce jeune homme m'avait paru fort sympathique lors de cette très curieuse cérémonie à l'Eden-Théâtre, j'ai été peut-être l'un des plus choqués lorsque ce scandale l'a éclaboussé. Qu'en penser et comment réagir ? Voilà un mystère dont je n'ai pas la solution. Je serais bien mal placé pour lui reprocher une éventuelle liaison avec cette fausse femme, j'ai moi-même chassé les pantalons tout autant que les jupons, mais jamais, au grand jamais je n'aurais osé laisser ces perversions devenir publiques. D'ailleurs, j'ignore ce qu'il en est réellement. Le monde le blâme pour cette amitié avec Bellis et l'admiration que celle... celui-ci lui portait, je n'en sais pas plus. Tout cela reste un scandale terrible, bien sûr, et s'il m'avait frappé, je crois que je me serais enfui vers l'autre hémisphère en priant pour que mon nom ne retentisse plus jamais à mes propres oreilles.

Que ma chère Anne-Marie m'interroge à ce sujet ne m'étonne pas, bien sûr, mais je ne pourrais prétendre être parfaitement à l'aise. Jusqu'ici, j'ai réussi à me frayer un chemin plutôt correct dans le jeu complexe des mondanités mais ce problème est plus épineux que les autres. Gosh. Pourquoi diable les gens croient-ils que j'ai la solution de leur problème ? Ne suis-je pas assez insistant dans mon jeu de l'idiot exubérant pour qu'ils comprennent que les problèmes, c'est tout sauf mon fort ?

- Hé bien, il n'a lui-même rien fait de répréhensible, réponds-je tout de même, presque à contre-coeur. Sans doute devriez-vous lui laisser une chance. Une fois le scandale éventé, vous serez celle qui l'a généreusement recueilli quand tous lui ont fermé leur porte.

C'est un point de vue, j'ignore si c'est le bon.
Je détourne le regard vers la silhouette approchante de Sylvande. Pauvre homme. Si Paris n'oublie pas, sa vie est gâchée.
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Lionel Sylvande
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MessageSujet: Re: Scène de ménage [Cyrus]   Mar 10 Avr - 10:32

Cela faisait bien longtemps que Lionel n'avait pas eu aussi peur d'aller visiter la haute société. Depuis ce scandale, révélé à son retour (rappelons qu'il s'était rendu à Trouville pour donner une déclamation privée des vers de Maeterlinck à Mme de Mauroir et ses amies), il ne savait sur quel pied danser. Nombreux avaient été ceux qui l'avaient raillé, persiflé, piétiné : l'on ajoutait même alentours que ce scandale était mérité. Certains disaient que c'était la rançon de ceux qui sont trop ambitieux, d'autres disait qu'à trop jouer avec le feu, il était bien normal de se brûler un jour ... Tant et tant d'autres choses ... Ce que personne ne voulait croire, c'était que ce malheureux incident avait scandalisé autant Lionel que les autres. Il avait ignoré, jusqu'au bout, la véritable nature de son admiratrice - et il tenait au féminin, ayez pitié de lui ... Mademoiselle Philomène Bellis avait jeté de la poudre aux yeux au tout Paris, sa voix puissante et son importante tessiture avaient impressionné jusqu'aux béotiens, et il fallait qu'on s'étonne qu'elle ait pu berner un jeune provincial tout pétri encore d'innocence ? Il l'avait rencontrée, pour la première fois, au détour d'un couloir du palais Garnier, elle avait usé de son influence pour lui ouvrir des portes ... Et il avait continué à la voir comme cette grande dame bienfaisante, à la voix un peu trop grave, et pas si gracieusement bâtie (mais les cantatrices avaient souvent de la carrure et du cofre, alors pourquoi s'en étonner ?) qui s'était penchée sur le berceau de son ambition pour la bénir. A présent, tout était à refaire, pour ainsi dire.

Sylvande s'était rendu chez la Forestière avec une crainte secrète. Bien des portes déjà lui avaient été fermées, et il avait reçu bon nombre de lettres annonçant qu'il n'était plus le bienvenu chez les de Machin ou les Madame Muche ... La Forestière était certes différente, d'un esprit plus libre, mais il savait aussi le traitement que l'on réservait aux mauvais invités et à ceux qui décevaient la maîtresse des lieux. Au fond, c'était peut-être pire : l'on détruisait ce qui avait déplu, mais avec finesse, avec esprit - parfois assez pour que le dindon de la farce ne se rende compte de rien, pendant un temps ... Lionel se rappelait avec horreur avoir participé à ces jeux mondains, et craignait d'en être désormais la cible ... Il avait suivi la jeune domestique qui, le reconnaissant, avait tenu à discuter d'un détail très important avec sa maîtresse, comme par hasard. Il demeura dans l'embrasure de la porte, tête baissée, prêt à trouver sa retraite ... Il observait par l’entrebâillement le rapide conciliabule entre la jeune femme et Mme Forestier, puis entre Mme Forestier et son invité. Il reconnut la chevelure rousse de l'anglais distingué qui l'avait aimablement traité à l'Eden ... Lorsqu'il entra, son coeur battait la chamade. Ce qui était ridicule, c'était que cet état de choc qu'il traînait, en somnambule, partout dans le monde, l'accusait d'autant plus, alors qu'il n'avait rien à se reprocher que sa naïveté et son ignorance ... Parvenu à la hauteur des deux convives, il inclina la tête, d'un air modeste.

- Madame Forestier, Monsieur Holland ...

Il se préparait à une poignée de main, priant pour que la Dame ne lui refuse pas ce simple geste cordial, en première humiliation. Ses doigts tremblaient.

- J'éprouve un plaisir extrême à me trouver ici avec vous. Et quand l'on revient des confins de la Normandie, votre salon, Madame, revêt un charme tout particulier.

Il n'osa sourire à M. Holland ni demander le droit de s'asseoir, et ajouta, sur le même ton :

- Je suis heureux de vous retrouver en si charmante compagnie, Monsieur Holland, et j'espère que vous vous portez au mieux depuis la cérémonie d'il y a quelques semaines.

En temps normal, ce pouvait bien sembler des compliments comme les autres. Mais en ce jour, on avait bien l'impression que quelque chose était brisé.
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MessageSujet: Re: Scène de ménage [Cyrus]   Mer 25 Avr - 1:01

Anne-Marie reçut la réponde de Cyrus Holland non sans surprise - décidément cette journée fleurait bon l'inattendu ... Tout de même ! Ce jeune homme se montrait d'une grande noblesse d'âme - à moins qu'il n'eût lui-même quelque intérêt à défendre, en ce genre de disgrâce ... La Forestière le sonda du regard, intriguée, directe - sachant qu'après tout, elle pouvait tout se permettre. Elle en avait deviné plus d'un, à ce petit jeu-là ... Elle ne put cependant, s'exercer à déchiffrer les secrets insondables de son invité préféré, car Lionel Sylvande approchait, sans dissimuler sa peur. Elle sourit à Cyrus, adoucit son regard.

- Votre prudence vous honore, M. Holland, fut sa seule réponse.
Puis, alors que Sylvande tendait la main, elle se leva brusquement. Il y eut un instant de flottement, léger, infime ... On eût presque pu entendre les battements de coeurs du pauvre disgracié résonner dans la pièce ! Puis elle tendit la main et serra cordialement celle de ce jeune homme en disgrâce.

- Soyez le bienvenu, M. Sylvande.

Elle s’apprêtait à s'asseoir et à reprendre la conversation comme si de rien n'était, intégrant ce nouvel invité juste ce qu'il fallait pour qu'il se rassure, et l'observant ... Mais notre petite domestique revint, le rouge aux joues, visiblement effrayé d'interrompre encore sa maîtresse ...

- Pardonnez-moi, Madame, mais les déménageurs ... Il faut que vous veniez ...

Seigneur, les gens n'étaient donc pas capables de suivre des instructions simples ... Anne-Marie leva les yeux au ciel, non sans un peu d'exagération jouée.

- Eh bien ! Je vous prie de m'excuser, mes chers invités, le devoir m'appelle ... Je manque à toutes mes obligations d'hôtesse, mais ... C'est pour le bien des salons à venir !

Elle se leva, adressant un sourire amusé à ses hôtes. Puis elle se tourna vers Lionel Sylvande et dit, d'un ton indéchiffrable, dont on n'eût su dire s'il était sérieux ou ironique :

- Je vous en laisse en de bonnes mains, Lionel. Soyez sans crainte.

Et après un dernier signe de tête, elle s'éloigna, commandant déjà d'une voix décidée aux déménageurs, qui chambardaient les meubles dans tous les sens - excepté celui qu'elle voulait - et laissant les deux hommes face à face.

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Cyrus Holland
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MessageSujet: Re: Scène de ménage [Cyrus]   Mer 2 Mai - 1:25

Le suspense dont se drape la Forestière avant de saluer Sylvande m'arrache un sourire. Certes, la dame connaît les ressorts du théâtre, et quoi de mieux pour accueillir un comédien que de lui donner à voir ses plus beaux effets ! Pour un peu, j'en applaudirais, si je ne craignais que ce fût mal interprété par ma chère amie dont je ne veux pas qu'elle me croie moqueur à son égard. Je n'oserais jamais me comporter de la sorte. Surtout pas dans une telle situation, face à un homme sur la brèche, si hasardeux à côtoyer ces derniers temps.

À mon tour, je salue l'homme, lui adressant un sourire et quelques chaleureuses paroles. Quelles raisons aurais-je de le repousser pour un crime qu'il n'a peut-être pas commis ? Sa plus fervente admiratrice était un admirateur, hé bien quoi, cela ne veut pas dire qu'il a goûté au fruit défendu. Et s'il l'avait fait, je serais affreusement mal placé pour l'en blâmer, moi qui non seulement y ai goûté mais me suis également vautré dans la corbeille un nombre incalculable de fois. Par ailleurs, je suis assez soulagé du pardon dont Anne-Marie gratifie l'acteur disgrâcié, pour des raisons tout à fait égoïstes et pourtant, je le crois, compréhensibles.

Interrompant toutes mes vélléités d'engager une conversation légère et agréable, une domestique appelle la maîtresse des lieux, qui nous quitte avec le charme et l'élégance qui la caractérisent. Dame, voilà qui est tout de suite plus inconfortable : qu'aurais-je à dire à Lionel Sylvande sinon que ce scandale me fait doucement rire et qu'en toute franchise, je le trouve nettement plus intéressant et digne d'amitié maintenant ? Ce serait me compromettre moi aussi et je n'en suis pas à ce stade de bêtise, je l'espère.

Nous voici donc seuls et un silence gêné flotte quelques instants sur la pièce, un silence que je me sens dans l'obligation de briser, afin de prouver tant ma mondanité exemplaire que ma sympathie.

- Monsieur Sylvande, c'est toujours un plaisir de vous voir. Je suppose qu'une domestique ne tardera pas à vous apporter une tasse, que nous puissions partager ce délicieux thé. Enfin... Comment vous portez-vous, dites-moi ? Les derniers jours n'ont pas dû être clément pour vous.

Maladroit, peut-être même insultant, stupide. C'est l'effet que me font ces paroles avant que je ne me reprenne et me dise que dans un tel contexte, avec toutes les excuses que j'ai, elles sont parfaites et témoignent de ma capacité innée à relationner même lorsque que la situation est tendue. Il suffit de s'en convaincre.
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Lionel Sylvande
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MessageSujet: Re: Scène de ménage [Cyrus]   Jeu 3 Mai - 5:57

Le coeur de Lionel Sylvande dut bien rater un ou deux marches dans son long cheminement, la Forestière aimant jouer de son pouvoir. Il saisit sa main avec quelque fièvre lorsqu'elle la tendit, se maudissant de son ridicule. Mais il avait tant fait, tant travaillé ... Il craignait trop de perdre ce bel avancement qui ne lui avait pas été donné de naissance, toute cette bonne fortune qu'il avait gagnée à la sueur de son front. Rien que de perdre l'accent berrichon qu'il avait amené avec lui dans la capitale avait représenté un suprême effort. Cyrus Holland le gratifia ensuite d'un bonjour tout à fait cordial, et Lionel lui adressa un sourire presque timide, et fort reconnaissant. Peut-être serait-il chanceux aujourd'hui, en tombant sur un homme plus tolérant que de coutume ... Après que la Forestière se soit éclipsée, Sylvande demeura debout, muet et stupide, pendant quelques secondes, encore sous le coup de l'angoisse. Le soulagement même qu'il commençait à ressentir était trop fort et le laissait presque étourdi. Il entendit la proposition de son interlocuteur à travers un brouillard, et prit du temps pour répondre. Il lança un regard à la Forestière qui ne leur accordait pas attention - ou alors, elle le cachait bien ! - et prit place, doucement, sur un des fauteuils, évitant de voler celui de la maîtresse, quitte à se trouver un peu loin de son interlocuteur.

- Je l'espère bien, Monsieur Holland. Madame Forestier a toujours eu un goût exquis dans ce qu'elle propose à ses invités. Qu'a-t-elle réussi à trouver, cette fois-ci ? Ce thé embaume, mais à cette seule indication, je n'en puis déterminer l'arôme ...

Première étape faite, ses épaules se décrispèrent un peu. Les choses s'arrangeaient. L'allusion qu'avait faite Monsieur Holland restait encore un écueil à éviter, Lionel n'arrivait pas à déterminer si c'était une invitation à se défendre, se dédouaner, ou une simple marque de soutien neutre, qu'il s'agissait de ne pas relever, ou à peine ... Il ne perçut dans tous les cas aucune maladresse : il n'est de maladresse que chez ceux qui sont en disgrâce ou qui courent quelques dangers. Ceux qui demeurent à leur place, avec leur pouvoir - tout symbolique qu'il soit - pouvaient se permettre bien des faux pas que l'on ne prendrait pas en compte, tandis qu'une seule erreur de la part d'un homme sur la sellette pouvait sceller son image, pour jamais ...

- Je dois bien avouer que mon retour à Paris fut ... Bien surprenant, pour ainsi dire. J'avais sous-estimé le poids des rumeurs et des présomptions. Dommage que cela soit arrivé pendant mon absence, j'eusse pu avoir une chance de me défendre.

Une domestique apporta une tasse supplémentaire et servit Lionel. Il jeta un oeil réjoui à la tasse - comme si c'était le pain qu'on offrait à un mendiant habituellement pourchassé. En outre, il espérait avoir assez suggéré à Cyrus son innocence et sa surprise.

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Cyrus Holland
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MessageSujet: Re: Scène de ménage [Cyrus]   Jeu 3 Mai - 7:35

Chaque geste de mon interlocuteur me paraît étudié, calculé pour ne pas l'enfoncer encore plus dans le marasme qui menace de le noyer à chaque instant. Pendant quelques secondes, je m'interroge quant à ma sympathie envers lui : que sais-je à son sujet, finalement, sinon qu'il m'a paru aimable lorsque nous nous sommes rencontrés et que sa conversation est fort agréable ? Les seules paroles qui me sont parvenues à son sujet sont celles du scandale et si mes convictions tendraient à me pousser à l'apprécier plus encore de ce fait, je ne suis pas certain que ce soit là la stratégie la plus intelligente que je puisse fournir. Mais enfin, les jeux sont faits, je ne puis retirer mon soutien à cet homme et ma nature ne me pousse pas à le faire, je devrai simplement me montrer un peu plus méfiant, peut-être. Sait-on jamais jusqu'où pourrait aller ma compromission dans cette affaire.

Il parle du thé, une discussion anodine, banale et rassurante, surtout pour moi qui suis Anglais et donc, de façon presque logique et immédiate, tout à fait intéressé par toute conversation tournant autour du thé. L'effluve de celui-ci est en effet très agréable, il me rappelle quelques excellents mélanges de Darjeeling et de Ceylan... Peut-être aussi une touche de bergamote. Et cette note de fond est peut-être...

- Du lapsang souchong, dis-je tant bien que mal, m'empêtrant dans mes propres mots. Il me semble qu'il s'agit d'un Earl Grey's Tea, un de ces thés qu'on dit ramenés de Chine par Charles Grey. Fabuleux, dans tous les cas.

Mais bien sûr, il se doit de répondre à ma question et de nouveau la conversation glisse sur des sujets plus dangereux, qui me gênent bien plus. Ah, si seulement nous pouvions ne plus y penser ! Le jeu des ragots et des convenances m'amuse, d'ordinaire, à moins que je m'y retrouve moi-même impliqué avec quelques risques à la clé. Comme tout le monde, je suppose, ou du moins toute personne dotée d'un minimum de bon sens.

J'attends qu'on serve le thé à Lionel et le laisse en savourer l'arôme avant de répondre, le plus jovialement possible :

- Cela a bien plus amusé les carnassiers mondains que de vous blâmer sans que vous puissiez répondre. Il s'agit d'une manœuvre bien commune, malheureusement, et je suis navré que vous en ayez été la victime. Enfin... Votre voyage fut-il agréable ? Les charmes d'un séjour hors de Paris compensent souvent les désagréments de la vie à la capitale.

Le diable me pende si je raconte ne serait-ce qu'une chose cohérente et intéressante dans cette discussion...
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Lionel Sylvande
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MessageSujet: Re: Scène de ménage [Cyrus]   Ven 4 Mai - 2:07

Changement de sujet bien étrange ! Sylvande écarquilla un peu les yeux, puis porta la tasse à ses lèvres ... Il en but une gorgée, d'un air neutre - en vérité, il n'aimait pas du tout le thé, lui préférant le café amer des brasseries ... Mais cela ne se disait pas ! Il reposa la tasse, appliqué, concentré sur le fait de ne pas montrer son dégoût. Lapsonng Souchonn, avait dit son interlocuteur ? L'arrière-goût qu'il décelait et ne connaissait pas encore était pire que tout ce qu'il avait goûté jusque là ... Satanées chinoiseries !

- Eh bien ... commença-t-il en reposant sa tasse, croyez-le ou non, mais je ne connaissais pas vraiment la Normandie, venant moi-même du sud ... C'était tout à fait charmant, et le temps était au beau fixe.

Ennuyeux commentaire, n'est-ce pas ? Il reprit, soucieux de distraire son affable compagnon.

- J'y allais pour jouer un morceau d'une pièce de Maeterlinck devant Madame de Mauroir et ses amies. Elle était encore en préparation à ce moment-là et je dois vous avouer n'avoir pas eu le temps de revoir le texte autant qu'il le fallait ... Sur place, souffrant d'un trou de mémoire (l'air de la Normandie ? Cela ne m'arrive jamais à Paris ... ) J'ai inventé de mon propre chef. Ne le dites pas à notre hôte, cela la hérisserait ... J'avoue n'avoir pas le ... Génie de Maeterlinck, mais je crois pouvoir me vanter d'avoir fait illusion. Madame de Mauroir n'y a vu que du feu !

Il sourit à Cyrus, se trouvait plus à l'aise dès qu'il évoluait sur son terrain. Il semblait passionné par ce qu'il racontait, comme empli d'une déférence respectueuse envers l'auteur qu'il avait dû trahir ... L'auteur était un symboliste à la mode dans les cercles autorisés, assez peu conventionnel, traitant avant tout d'amours impossibles.

- Pensez-vous venir au théâtre d'Art bientôt ? La programmation est toujours aussi résolument audacieuse. Il y aura du Maeterlinck, bien entendu, mais à côté de cela se prépare également un drame scandinave. C'est tout à fait nouveau.

Intéressant, certes ... Mais peut-être, soudain, parlait-il trop, ce pauvre Sylvande ?
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Cyrus Holland
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MessageSujet: Re: Scène de ménage [Cyrus]   Dim 20 Mai - 8:18

C'est que souvent, la nervosité pousse à trop parler et à ne pas savoir s'arrêter, une situation que je puis comprendre sans l'ombre d'une difficulté, rencontrant moi-même à l'occasion ce malheureux démon qu'est le trac. J'aurais pensé qu'un acteur comme Monsieur Sylvande saurait éviter ses écueils mais comme on dit, les cordonniers sont souvent les plus mal chaussés et j'accueille cette maladresse avec le sourire, sans pouvoir m'empêcher de trouver cette logorrhée un brin touchante. Les acteurs sont aussi humains que les autres, quels que soient les masques dont ils peignent leur visage, et pour moi qui ai tendance à l'oublier pour ne voir que la surface des choses, un tel constat est plutôt un soulagement.

Le terrain de l'art et du théâtre m'est agréable, en tous cas, et j'accueille ce changement de sujet avec le sourire. Après tout, n'est-ce pas là la parfaite conversation pour deux jeunes gens civilisés qui n'ont aucune raison de ne pas profiter de la compagnie de l'autre pour entretenir une discussion à bâtons rompus ?

- J'aurais aimé voir votre performance. Je ne doute pas qu'elle ait été étonnante et mérite d'être applaudie.

Nulle hypocrisie dans ces mots : j'ai toujours eu beaucoup d'admiration pour l'improvisation.

- Quant au théâtre d'Art, je le fréquente assidûment. Y avez-vous vu la représentation de Salomé, il y a quelques mois ? Je n'ai pas entendu parler de ce drame scandinave, voilà qui est fort intéressant. Vous qui êtes acteur, vous devez certainement en savoir long sur ce qui se prépare... Comme je vous envie !

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Lionel Sylvande
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MessageSujet: Re: Scène de ménage [Cyrus]   Mar 29 Mai - 5:55


Lionel Sylvande eut un hochement de tête humble mais reconnaissant.

- C'est me faire trop d'honneur, Monsieur ...

Après tout, ça n'avait été qu'une piètre improvisation : Lionel pouvait bien ne pas aimer Maeterlinck, Verhaeren et tous leurs confrères brumeux de Flandres ou d'Angleterre, il n'en restait pas moins qu'il était incapable de parler comme dans leurs textes au naturel. Si cela suffisait à définir l'Art, pour sûr, tous ces bonhommes-là étaient de grands artistes ! Et Mallarmé plus encore, que Sylvande n'avait jamais su déclamer correctement, ne comprenant pas les phrases ... Puis Sylvande hocha la tête quand M. Holland parla de Salomé. Oui, il l'avait vue ... Il s'était attendu à quelque scandale - on ne sait jamais, avec ce genre de pièces ... Mais les applaudissements avaient surpassé les indignations, et le texte comme les acteurs avait été vivement acclamé. Il tenta de se souvenir les coupures de presse qu'il avait gardées, à ce sujet ... Soucieux de garder de bons mots, des jugements autorisés, des commentaires intelligents pour ce genre de situations - élégances à sortir quelques mois après, quand la mode était à autre chose (le drame scandinave, mettons) et qu'on reparlait des mois passés avec sympathie. Cependant, ses souvenirs s'embrouillaient vite ... Parant au plus pressé, il répondit simplement :

- Bien sûr, ce fut un plaisir. L'une de mes ambitions est d'avoir la chance de joueur auprès de Melle Lina Munte ... Hélas, il paraît qu'elle va bientôt partir en Russie. Il est donc assuré que ce ne sera point pour cette saison ni pour la suivante ...

Et d'un tournemain, il enchaîne, soignant sa transition.

- Quant à notre drame scandinave, vous risqueriez d'être surpris. Vous connaissez sans doute, vous qui êtes au courant de ces choses-là, Ibsen et ce qu'il a produit jusqu'ici. Peer Gynt sera très différent, plus ...

Il hésita sur le mot à choisir.

- Plus symboliste, si j'ose dire ...

Et pour une fois, c'était un compliment. Au fond de lui-même, sans oser l'avouer, il préférait les pièces simples et classiques qu'il avait pu jouer avant. Cependant, certaines pièces modernes réussissaient à le toucher, parfois. Il eût aimé jouer le rôle d'Iokanan dans Salomé ; et le rôle de Peer Gynt, à sa façon, sans qu'il en comprenne bien tous les tenants et aboutissants, le touchait. Profondément.

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Cyrus Holland
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MessageSujet: Re: Scène de ménage [Cyrus]   Ven 15 Juin - 1:41

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J'écoute avec attention les paroles de Sylvande. Intéressant homme, quoi que puissent dire de lui les mauvaises langues... Je ne regrette certes pas d'avoir aiguillé la Forestière sur une attitude de tolérance et de pardon. C'eût été dommage de se priver de sa compagnie. Cependant, si j'aime le théâtre, je ne le connais pas assez pour pouvoir en parler avec assez d'élégance et d'esprit à mon goût. Il ne me reste que l'option de l'interrogation et de l'intérêt, qui sont toujours de délicieux sauveurs dans de telles situations. Un sourire aimable aux lèvres, une lueur curieuse dans le regard, je rebondis donc sur les dernières paroles de mon interlocuteur avec une certaine habileté (il faut bien l'admettre, à quoi servirait-il donc de se défendre de sa propre qualité ?) :

- Plus symboliste, dites-vous ? En quoi donc ? Je serais curieux d'une telle évolution dans l'oeuvre d'Ibsen. J'ai beaucoup aimé Brand, sa dernière production.

Je me souviens de cette lecture dont nous avait gratifiés un charmant jeune homme dans un club, en Angleterre, quand je pouvais encore traîner dans ces lieux sans me voir poursuivi de regards mauvais et de mines douteuses. Les rumeurs qui courent sur mon compte m'auront décidément privé de bien des plaisirs... Comme c'était à prévoir. Si quelqu'un est à blâmer, c'est moi-même. Du moins, je pourrais peut-être m'en convaincre si je n'étais pas aussi agacé par l'attitude de mes parents. Ma vie de famille ferait une excellente pièce de théâtre, à n'en pas douter.

- Quand devez-vous l'interpréter, m'avez-vous dit ? Je regretterais vraiment de manquer pareil spectacle, il me faudra réserver une loge. Peut-être Anne-Marie pourra-t-elle également s'y rendre.

Je m'aperçois à la fin de ma phrase de tous les sous-entendus qu'on pourrait y voir : un mépris mal dissimulé envers le "spectacle" en question, la supériorité que me procure mon intimité toute relative avec Anne-Marie... je me maudis d'être aussi stupide. Espérons seulement que Sylvande ne s'ombragera pas de mes maladresses - ni ne les relèvera. Je serais fâché d'être considéré comme un idiot en pareille société.
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Lionel Sylvande
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MessageSujet: Re: Scène de ménage [Cyrus]   Ven 15 Juin - 21:59

Lionel Sylvande tenta de ne pas laisser apparaître sa stupéfaction. Le mot de "dernière production" l'étonnait tout particulièrement : Brand était, sans doute, la dernière production du metteur en scène en vogue, mais à bien y songer, si cela se trouvait ... Ibsen était sans doute passé à autre chose depuis bien longtemps. Pas très au fait de l'actualité purement littéraire, Sylvande se demanda même, pendant un instant, si ce bonhomme n'était pas déjà mort ... Avant de se dire qu'on en aurait sans doute profité pour organiser une soirée d'hommage qui aurait rassemblé le tout-Paris de l'avant-garde culturelle ... En outre, il ne lui vint pas du tout à l'idée qu'on pourrait connaître Ibsen en Angleterre, sans songer à la liberté de ton des clubs de gentlemen ...

- A vrai dire, je songeais plutôt aux pièces précédentes montées en France. On leur reprochait parfois d'être scandaleuses ... Quoi qu'on en pense, au fond, elles étaient terre à terre.

Et partant plus émouvante à ses yeux, mais cela, pouvait-il le dire ...

-Dans tous les cas, Peer, en ayant les défauts de Brand, est ... Plus humain, plus sympathique aux yeux d'un homme comme moi. Brand, lui, perdait son humanité pour être en accord avec sa croyance ...

A ces mots, soudain, sa voix dérapa. Il eut un léger vertige, sans vouloir l'attribuer à quoi que ce soit. Il reprit sa tasse en tremblant, et but d'un coup sec le thé qui restait. Il hocha la tête aimablement lorsque Cyrus parla de venir au spectacle, sans s'offusquer. Après tout, pouvait-on se vexer face au réel ? Quoi qu'il arrive, quel que soit son talent, il était à la merci du bon-vouloir de gens comme Anne-Marie. A quoi bon se révolter ? Il était des causes plus importantes à poursuivre, des efforts plus lourds à maintenir. Décidément pâle, Lionel se leva, lentement, en disant ces mots :

- Ce serait un honneur pour moi, Monsieur.

Et s'adressant à Madame Forestier, au loin :

- J'espère, Madame, que vous voudrez bien me pardonner. La compagnie de Monsieur Holland est des plus agréables, et je n'aurais pu rêver meilleur interlocuteur. Mais des affaires importantes m'appellent ...

Il demanda ses affaires à la jeune domestique qui, sans doute, n'avait qu'à peine eu le temps de les ranger. Extérieurement, il semblait pourtant assez calme, quelles affaires, soudain, pouvaient bien l'appeler ... ?

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Anne-Marie Forestier
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MessageSujet: Re: Scène de ménage [Cyrus]   Lun 18 Juin - 3:07

Anne-Marie se pressait de donner des ordres aux déménageurs qui semblaient de leur côtés tout faire pour la retarder. Reposant 2 ou 3 fois les mêmes questions ou se trompant de meubles ou de place où les poser. Cela l’agaçait au plus haut point. La situation aurait pu être des plus intéressantes avec Lionel et Cyrus, mais la voici bloquée avec des incapables ! Elle essayait vainement de capter de loin quelques bribes de leur conversation, afin de refaire son entrée avec grâce et pertinence dès que possible, mais il était très difficile de comprendre quoique ce soit à cette distance avec des hommes posant des questions à chaque seconde.

Elle commençait à perdre patience, son cœur hésitant à aller rejoindre ses invités ou à s’emporter contre les déménageurs Qu’est ce qui était plus important ses invités ou son salon ? Tandis que cette question tiraillait son esprit, elle entendit la voix de Lionel qui parvint jusqu’à elle... Comment ? Il s’en allait déjà ? Des affaires plus importantes, voilà une remarque qui tranchait son dilemme intérieur. Elle se précipita vers la pièce où se trouvait les 2 hommes et regarda d’un air sévère Lionel reprendre ses affaires.

« Ainsi vous nous quittez déjà. Vous m’en voyez bien triste, d’autant que je n’ai eu que peu de temps à vous accorder… »

Un « Madame Forestier » résonna derrière elle.

« … et qu’il semble que je ne suis pas prête d’en avoir aujourd’hui. »

Un sourire quelque peu mesquin apparut peu à peu sur son visage.

« J’espère que nous aurons très vite le temps de nous revoir, il faudra que vous me contiez vos dernières aventures ! Et j’espère que ces affaires qui vous appellent ne sont pas aussi épineuses que les précédentes… »

Elle faisait évidemment référence au petit scandale qui l’entourait, sachant très bien qu'aborder ce sujet le mettrai à nouveau mal à l’aise. Mais, elle ne pouvait s’en empêcher, cela l’intéressait énormément de connaitre l’histoire de la bouche du premier concerné. Tandis qu’il quittait la pièce, elle se tourna vers son cher Britannique.

« Je m’excuse une seconde fois pour mon manque de temps. Je dois contrôler ce que font les déménageurs malgré tout le plaisir que j’ai en votre compagnie. J’espère en tout cas que votre court entretien avec Lionel fut des plus intéressants. C’est un homme très charmant… à priori.»

Une autre voix résonna derrière elle, la pressant de les rejoindre. Mais comme si elle ne l’avait pas entendue, elle continua :

« Vous m’avez dit que vous serez sur Paris quelques temps ? Nous ne manquerons donc pas de nous revoir, je vous tiendrai au courant pour la prochaine rencontre dans mon salon. »

Elle lui adressa son plus beau sourire en l’invitant gracieusement à sortir. Elle n’aimait pas chasser ses invités de cette façon, mais elle savait que Cyrus ne lui en voudrait pas et qu’ils se reverraient très vite.

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Scène de ménage [Cyrus]

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